« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes »
Colossiens 3.23
• I. Un constat : L’école des hommes n’est pas l’école de Dieu
Je vais commencer par une petite devinette. Quel est le point commun, le thème commun à ces quatre versets ?
« Applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement… ne néglige pas le don qui est en toi… Prends ces choses à cœur, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous… » 1 Timothée 4.13
« Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu… et vous le faites! Mais nous vous invitons à faire toujours plus de progrès dans ce domaine! » 1 Thessaloniciens 4.1
« Car toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu! » 2 Timothée 3.16
« Éternel fais moi connaitre tes voies, Enseigne moi tes sentiers, Conduis moi dans la vérité et instruis moi! » Psaume 25.4
Entre ces quatre versets revient le thème de l’enseignement. Dieu nous enseigne effectivement soit directement par le Saint-Esprit, soit par sa Parole révélée dans la Bible, soit par l’intermédiaire de frères et de sœurs autour de nous qui ont quelque chose à nous transmettre. Ces quatre versets nous invitent à se laisser enseigner par Dieu, à le suivre et à se laisser transformer par lui, n’est-ce pas ?
Être à l’école de Dieu est le meilleur des programmes. Il y a quelques mois quand j’étais venu parler ici un jeudi soir, je vous avais parlé de Nicodème, ce pharisien qui cherchait Jésus et qui avait osé changer. Nous l’avions découvert au Jean 3 en enquêteur prudent pour le retrouver en confesseur convaincu en Jean 19, que de changement ! Il avait changé. En effet, chercher Dieu, c’est accepter de changer. Cela, Nicodème l’avait bien compris et cela se voit tout particulièrement dans Jean 3 quand il pose des questions à Jésus. En buvant les réponses de Jésus, Nicodème se laisse enseigner et façonner. Se laisser enseigner par Dieu, être à l’école de Dieu, c’est vraiment le meilleur des programmes pour les disciples que nous sommes…
Néanmoins, force est de constater qu’au quotidien, nous sommes plus à l’école des hommes qu’à celle de Dieu. En moyenne, nous sommes 1800 minutes par semaine à écouter un professeur nous parler de science du langage ou de géophysique, alors que nous ne sommes que 45 minutes par semaine à l’écoute d’un prédicateur ou d’un pasteur. L’école de Dieu a beau être le meilleur des programmes, nous sommes au final principalement à l’école des hommes, que cela soit à l’université Claude Bernard, à l’INSA, à l’IUT de mécanique ou d’informatique ou soit dans une entreprise pour laquelle nous travaillons déjà. Un programme guère moins réjouissant que l'école de Dieu !
Pourtant à première vue, on pourrait dire que ces deux écoles ne sont pas bien éloignées l’une de l’autre. L’école des hommes est là pour nous apprendre les bases de mathématique, d’orthographe, de géographie pour mieux comprendre notre monde afin d’y exercer un métier. L’école de Dieu nous apprend les bases de la vie spirituelle pour nous apprendre à mieux connaître et aimer notre Dieu, garder ses commandements et servir notre prochain.
Par contre, l’avantage avec l’école de Dieu, c’est que toutes les matières sont utiles un jour ou l’autre au quotidien. Ce que nous apprenons de Dieu, cela servira toujours un jour ou l'autre. Et que nous ne croulons pas sous les différents manuels scolaires, la Bible nous suffit pour nous enseigner (2 Timothée 3.16) ! De plus, au lieu d’avoir un professeur ou un supérieur qui dit « fais ce que je dis, pas ce que je fais », nous avons Jésus, le parfait exemple, celui qui enseigne et qui montre l’exemple. « Mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère! » (Matthieu 11.30). Puis, autre grande différence entre l’école des hommes et celle de Dieu, si les examens servent à vérifier le niveau du cerveau des étudiants afin de les classer et de les comparer, les épreuves que Dieu laisse nous atteindre servent à éprouver notre cœur et nous faire progresser dans notre foi, jamais pour nous éliminer ou nous enfoncer mais pour progresser (1 Thessaloniciens 4.1) Et Dieu nous promet que les examens qu’il nous fait passer ne sont jamais au delà de nos forces : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces… Mais avec la tentation, il vous donnera aussi les moyens d’en sortir. » (1 Corinthiens 10.13) Dernière grande différence, si l’école est obligatoire en France jusqu’à 16 ans, Dieu nous enseignera toute notre vie, nous en aurons jamais fini de découvrir la grandeur, la bonté, la fidélité et la puissance de notre Dieu ! L'école des hommes est tellement éloignée de l'école de Dieu...
• II. Une objection : le travail a été voulu par Dieu
Arrivés à ce stade, nous pourrions nous dire que, puisque l’école de Dieu est si loin de celle des hommes, Dieu doit sûrement à nous appeler à s’éloigner à tout ce qui ressemble à une école ou à un travail pour qu’on puisse se consacrer à 100% à son école à lui. Cette tentation de fuir le réel et le matériel pour se réfugier dans le spirituel, cette tentation dite contemplative ne date pas d’aujourd’hui, les Ermites et les moines y ont succombé dès les premiers siècles. Il n’aura pas fallu attendre que les quelques étudiants que nous sommes commencent à stresser l’approche des examens de janvier 2010 pour que naisse cette tentation de fuir et de s’enfermer je ne sais où. Faut-il alors fuir l’école des hommes pour se réfugier à l’école de Dieu ? Doit-on dénigrer notre travail et nos études pour ne se concentrer que sur la Parole de Dieu ? Je ne parle pas de ceux qui fuient leur études pour se réfugier dans leur dernier jeu informatique ou autre page Facebook, le débat serait tout autre… ;) Comment se positionner en tant que chrétiens face à nos études ou notre travail ? Nos études et notre travail sont-ils des bénédictions ou des malédictions ? Que dit la Bible à ce sujet ? Cette question est d'une actualité d'autant plus brûlante que la plupart d'entre vous sont en examens ce mois de janvier, n'est-ce pas ?
La Bible nous apprend que le travail a été institué par Dieu lui-même, et cela avant la chute, c’est pour dire ! « Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. [...] L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. » (Genèse 2.5;15) D'après ce passage fondateur, le travail n'est pas une option mais est une nécessité voulue par Dieu. C'est une activité saine qui est nécessaire pour l'humain. Dans la même idée se trouve le proverbe: « Le paresseux ne rôtit pas son gibier, mais le précieux trésor d'un homme, c'est l'activité. » (Proverbes 12.27) L'apôtre Paul nous dit même: « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus ! » (2 Thessalonciens 3.10).
Il est intéressant de remarquer qu'après la chute toujours en Genèse 3, Dieu ne maudit ni l'humain ni le travail, mais le sol: « …le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3.17-19). Le péché – ou la désobéissance à Dieu – n’a pas diminué la valeur du travail; il a juste rendu le travail plus dur. Connaissez-vous l'origine étymologique du mot travail ? Cela vient du latin tripalium, un instrument de torture utilisé contre les esclaves rebelles, je vous passe les détails morbides. Cette étymologie assimilant travail et torture, même si elle correspond parfois bien à notre quotidien, est contraire à la position biblique qui valorise le travail. Ni idolâtré, ni méprisé, le travail est d’abord reconnu comme une manière de gagner sa vie en prenant sa part du labeur collectif dans la société. Jésus a travaillé comme charpentier (Marc 6.3). et Paul est fier de vivre du travail de ses mains (Actes 20.34). Un peu de culture pour finir, voici une citation extra-biblique qui valorise aussi le travail, c'est Voltaire qui écrit dans sa conclusion de Candide: « Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin ». Bon, ne noircissons pas le tableau, des vacances, cela fait pas de mal non plus de temps en temps !
Les études et le travail sont de plus importants car tout deux offrent premièrement des possibilités de témoignage et d'évangélisation que nous n'aurions pas si nous resterions enfermés dans nos églises et nos camps chrétiens. Deuxièmement, tout deux permettent de nous équiper et de nous apprendre des compétences et des talents que nous saurons ultérieurement mettre au service de nos églises. L'église a avant tout besoin de chrétiens fervents ancrés dans la Parole de Dieu, mais aussi de comptables, d'ingénieurs, d'animateurs, d'informaticiens, de cuisiniers, de gestionnaires. Aucun don n'est supérieur à un autre mais tous sont nécessaires au sein d'un même corps pour servir un même Seigneur. Et c'en est travaillant, en se apprenant, en étudiant que nous monterons au monde que christianisme ne rime pas avec obscurantisme et infantilisme. La foi chrétienne fait pleinement appel à la responsabilité et à l’intelligence de l’homme, montrons le autour de nous.
Néanmoins, si la pensée chrétienne valorise le travail, elle ne verse pas pour autant dans la naïveté. L’Écriture est pleine d’ouvriers frustrés de leur salaire (Jérémie 22.13 ; Jacques 5.4), d’esclaves condamnés aux travaux et aux coups pour qui elle demande justice. Dans l’Exode, la libération donnée par Dieu se dit dans la libération du travail aliénant, le travail peut être pénible, cela va dans le sens de Genèse 3 après la chute! Le sabbat, jour de repos après six jours travaillés fixé par le Décalogue, pose aussi des limites temporelles au travail, l’empêchant de devenir le tout de l’existence humaine. Toujours un peu de culture pour finir, voici une citation extra-biblique qui pose aussi certaines limites au travail, c'est le pape Jean-Paul II qui a dit lors de l'un de ses traités: « Le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail ».
Au tout début, nous avons vu que l'école des hommes est très loin de l'école de Dieu. C'est un constat: le Père, le Fils et l'Esprit sont de biens meilleurs professeurs que ceux qui vont nous corriger les examens de ce mois de janvier 2010. Faut-il pour autant fuir le travail, les études et le monde pour ne se consacrer qu'à des choses spirituelles? N'avons nous qu'à chercher le royaume de Dieu de manière spirituelle pour que toutes choses nous soient données en plus, y compris un joli diplôme universitaire tombé du ciel ? Non, nous avons vu que la Bible a une position bien plus nuancée sur le travail et les études. Le travail comme participation à la vie collective de la société et les études comme compréhension et connaissance de la Création sont présentés tout deux comme des responsabilités nécessaires que Dieu a voulu dès le commencement. Même après la chute, le travail n'est pas maudit, il est juste rendu plus difficile pour l'homme. Ni méprisés, ni idolâtrés, le travail et les études doivent être ainsi considérés à leur juste place à la lumière de la Bible, c'est ce que nous venons de faire.
• III. Une perspective : Honorer Dieu dans ses études et dans son travail.
Maintenant, je sais que la plupart d'entre vous ont des examens dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines. Je voudrais en toute humilité me permettre de vous donner quelques conseils, quelques pistes quant à cette école des hommes aussi imparfaite mais nécessaire soit-elle. En effet, la Bible a encore à nous apprendre quant à notre attitude face à notre quotidien d'étudiant ou de travailleur.
« Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de coeur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » (Colossiens 3.22-24)
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suis pas en train de comparer les étudiants à des esclaves! Néanmoins, que ce texte qui a été envoyé concernant les relations esclaves-maîtres puisse nous encourager dans notre travail et nos études. Quand nous travaillons, quand on étudions, ne le faisons pas simplement ni le professeur qui nous donnera des examens, ni pour notre chef, ni pour nos parents qui nous financent, ni pour nous-mêmes avec notre orgueil et notre ambition. Mais faisons le pour notre Seigneur et invitons Christ à régner aussi sur cet aspect là de notre vie, nos études et notre travail. Ne cantonnons pas notre Dieu à régner simplement sur notre dimanche matin et éventuellement nos 5 minutes quotidiennes de lecture de la Bible. Si Dieu est effectivement l'Eternel, le « maître de l'univers », alors il doit aussi régner sur toute ma semaine, que ce soit le dimanche évidement, mais aussi le lundi, le mardi, le mercredi, etc. Dans un contexte certes un peu différent de celui du travail et des études, l'apôtre Paul invite les Corinthiens ne pas limiter Dieu à uniquement certains aspects: « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31). Faisons tout pour Dieu, « afin d’honorer pleinement la doctrine de Dieu notre Sauveur. » (Tite 2,10)
Pour honorer Dieu, apprenons à lui faire confiance pour notre travail et nos études. Nous avons vu que Dieu ne se désintéresse pas de ce que nous pouvons vivre à l'école des hommes. Il nous aime en entier, pas simplement notre âme et notre vie d'église. Dieu s'intéresse aussi à votre travail et à vos études. Ainsi, les versets d'encouragement et de consécration que nous pouvons trouver dans la Bible s'appliquent aussi à notre appréhension des examens ou nos difficultés à assumer une charge de travail. Par exemple, le très connu verset Psaume 37.5 concerne aussi notre vie à l'université ou dans l'entreprise: « Recommande ton sort à l’Eternel, mets ta confiance en lui, et il agira ». Dans un registre un peu moins connu mais tout aussi approprié, connaissez-vous Proverbes 3.5: « Confie-toi en l'Eternel de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ton intelligence! Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits. » C'est un comble de ne pas chercher à s'appuyer que sur notre propre intelligence pour les examens qui arrivent en janvier, mais croyons en la Bible et appuyons nous aussi sur la fidélité, la souveraineté et la puissance de Dieu.
Par contre, à l'instar de certains de nos camarades ou collègues, n'ayons pas une ambition démesurée et un orgueil outrancier, ne faisons de notre travail une nouvelle idole, n'attendons pas que tout tombe du ciel sans rien faire, n'ayons pas peur d'avoir à transpirer parfois, ne soyons pas toujours en train de nous plaindre mais apprenons le contentement, respectons et aimons nos collègues, prions avant et après nos journées de travail, restons ancrés dans la Bible, Parole de Dieu donnée aux hommes, saisissons les occasions de témoigner de notre foi (1 Pierre 3.15), utilisons avec sagesse l'argent de notre salaire, obéissons à nos professeurs ou supérieurs mais obéissons avant tout à Dieu, le maître de l'univers et le maître de nos vies.
Ayons une telle attitude, nous honorerons Dieu à travers nos études et notre travail. Que nous réussissions ou que nous ayons faire face à des échecs, nous aurons fait notre part du boulot si j'ose dire. Nous aurons rendu gloire à Dieu dans tout ce que nous aurons fait, c'est ce qui est le plus important. Après, le fait que nous réussissions ou pas, que la mayonnaise prenne ou pas, cela ne dépend pas de nous, soyons en paix, Dieu guide toutes choses. Que nous nous épanouissions ou pas, que nous aimions nos études et notre travail ou pas, veillons simplement à honorer Dieu par notre attitude en toutes choses. Pour le reste, Dieu guide toutes choses, soyons en paix. Sachez que je dis cela en toute modestie car cela fait plus d'un mois que je suis bloqué dans mes travaux de recherche et que j'ai pas forcement la pêche chaque matin en me levant pour aller travailler, demandez à Eléonore. Néanmoins, jour après jour, je m'accrocshe, cherchant à honorer Dieu que je sois à son école ou à celle des hommes. Voilà en toute modestie l'encouragement que je voulais vous transmettre ce soir, et je propose que l'on puisse maintenant en petits groupes s'encourager les uns les autres pour notre travail, pour nos études, pour nos examens. Mettons-nous en petits groupes de 3-4 et partageons, encourageons-nous et prions les uns pour les autres.
P.L.