dimanche 24 octobre 2010

Ephésiens 1.3 Les bénédictions en Christ

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. »

Ephésiens 1.3

· Introduction et lecture :

- Un peu comme un étudiant qui commence une année dans une classe supérieure et qui doit avant tout revoir les bases de l’année précédente, je vous propose ce matin de réapprofondir les bases essentielles de notre foi. D’ailleurs, c’est ce que l’apôtre Paul a fait dans son épitre aux Ephésiens. Avant d’aborder bon nombre de sujets, il commence par une sorte de prologue où il rappelle à ses lecteurs les bases des bénédictions qui sont les nôtres en tant que chrétiens :

- Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ!

En lui, Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ. C'est ce qu'il a voulu, dans sa bienveillance, pour que nous célébrions la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés dans le bien-aimé.

En lui, par son sang, nous sommes rachetés, pardonnés de nos fautes, conformément à la richesse de sa grâce. Dieu nous l'a accordée avec abondance, en toute sagesse et intelligence. Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu'il avait formé en Christ pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l'autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre.

En lui nous avons été désignés comme héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté pour servir à célébrer sa gloire, nous qui avons par avance espéré dans le Messie.

En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Evangile qui vous sauve, en lui vous avez cru et vous avez été marqués du sceau du Saint-Esprit qui avait été promis. Il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s'est acquis pour célébrer sa gloire.

Ephésiens 1.3-14


· 1. Contexte:

- Excusez-moi, je ne vous propose pas ce matin d’étudier ce texte, mais plutôt cette phrase pour être précis ! En effet, les versets 3-14 constituent à l’origine une seule et même phrase en grec. Soit plus de 267 mots, je les ai compté moi-même ! Bon d’accord, cela ne vaut pas les 858 mots de Marcel Proust dans son livre « Sodome et Gomorrhe », mais cette phrase des versets 3 à 14 reste néanmoins une des plus longues de la Bible ! Voilà pour l’anecdote, c’est bien la première fois que je vais prêcher autant sur une seule phrase…

- Avant de se pencher donc un peu plus sur ce passage, juste quelques éléments de contexte sur la ville, sur l’église et sur l’épitre. Ephèse est une ville située en Asie Mineure, tout à l’ouest de la Turquie actuelle. Le culte d’Artémis était au cœur de la cité. Ce culte était tel que quand l’apôtre Paul a commencé à prêcher l’Evangile dans cette ville en Actes 19-20, les artisans et fabricants de statuettes et d’idoles ont commencé à avoir peur pour leur fond de commerce, ce qui déboucha même sur une émeute. L’enseignement de Paul a néanmoins été efficace et une église a pu y être créée. On retrouve la trace de cette église logiquement dans l’épitre du jour mais aussi dans 1 Timothée où Timothée est alors responsable à Ephèse. Enfin, nous retrouvons une dernière fois la trace de l’église d’Ephèse dans l’Apocalypse avec la première des lettres aux sept églises. Par l’intermédiaire de l’apôtre Jean dans Apocalypse 2, nous apprenons que cette église a su se protéger des faux docteurs mais qu’elle a abandonné son premier amour. Tout cela pour dire qu’étudier cette épitre aux Ephésiens est très intéressant de par le fait que nous ayons des éléments de contexte dans Actes, Ephésiens, 1 Timothée et Apocalypse ; c’est une des églises les plus présentes dans le Nouveau Testament.

Que dire sur cette épitre ? Rédigée dans les années 60 par Paul depuis Rome, cette épître aux thèmes assez généraux est connue pour être une lettre circulaire pour la région d’Ephèse plutôt qu’une épitre de circonstances à une communauté bien précise. Sont ici abordés seuls des grands thèmes de l’Evangile et non des réponses à des problèmes précis. Si l’épître aux Ephésiens était une lettre circulaire adressée à plusieurs églises, cela nous autorise d’autant plus à nous en approprier le contenu à nous aussi église de Chassieu !

- Cette épître commence donc par une sorte de prologue que nous avons lu en introduction. Ce prologue est parfois considéré comme un hymne que les chrétiens d’Ephèse devaient probablement chanter pour leurs cultes. Qui sait ? Quoi qu’il en soit, ce texte est un méticuleux développement du verset 3 : Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! Je vous propose d’étudier les bases et les applications de ce verset 3 afin de voir à travers les versets suivants comment le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

· 2. Les bases trinitaires de nos bénédictions

- Quelles sont les bases de toutes ces bénédictions dont nous avons déjà été bénis ? Je précise que les bénédictions dont il est sujet ici sont évidement d’ordre spirituel et non matériel. Quelles en sont les bases ? Ce texte des versets 3 à 14 pourrait se découper assez facilement en quatre parties, chacune commençant par En Christ (1.4;7;11;13). En effet, si nous ne sommes pas en Christ, si nous ne lui appartenons pas, nous ne pouvons pas obtenir ces bénédictions. L’apôtre Paul s’adresse ici aux chrétiens d’Ephèse qui appartiennent à Christ et non à une foule de curieux comme il l’a fait à Athènes en Actes 17. La première question est donc de savoir si nous-mêmes sommes bien en Christ et donc pouvons considérer nôtres les bénédictions de ce passage... Si l’expression En Christ rythme notre passage, je vous propose néanmoins une autre approche mettant en relief le Dieu trinitaire. Les versets 4 à 6 parlent de l’élection du Père, les versets 7 à 10 de la rédemption du Fils et les versets 11 à 14 du sceau du Saint-Esprit. La plénitude de Dieu se trouvant dans la Trinité, c’est ici le Dieu trinitaire qui en toute logique nous a pleinement bénis !

· 2.1 Bénis par l’élection du Père (1.4-6;11)

- L’élection est un sujet qui était très cher à nos réformateurs du XVIème siècle et qui aujourd’hui encore est souvent l’objet de débats passionnés. Qui n’a jamais débattu de ce sujet un soir autour du feu ? Qu’en disent ces versets ? Le verset 4 nous indique que c’est Dieu qui nous a choisis dès la fondation du monde. De toute éternité, Dieu a élu dans sa souveraineté des hommes à qui il donnerait la foi. Dieu a choisi par avance ceux qu’il adopterait comme ses fils en Jésus-Christ. Savez-vous que déjà à l’époque romaine un fils adoptif avait exactement les mêmes droits qu’un fils naturel ? Quelle bénédiction est-ce d’avoir été adopté par Dieu ! Nous avons été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté (1.11). Ceux qu'il a prédestinés, Dieu les a aussi appelés; ceux qu'il a appelés, il les a aussi déclarés justes; et ceux qu'il a déclarés justes, il leur a aussi accordé la gloire. (Romains 8.30). Si aujourd’hui nous appartenons à Dieu et nous le suivons, le mérite ne nous revient pas. Dieu nous avait choisi et élu avant que nous existions et avant même la création du monde. Toutes les bénédictions dont parle le passage du jour prennent source dans l’élection du Père.

Pour rebondir sur le week-end de rentrée il y a deux semaines, plusieurs d’entre nous ont donné leur témoignage. Nous avons la plupart du temps commencé nos récits lorsque nous étions enfants ou adolescents. Pour être plus précis et conforme au texte du jour, nous aurions du entamer notre témoignage par notre élection à la fondation du monde ! Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi - et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu - Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. (Ephésiens 2.8-9) Que personne ne s’enorgueillisse d’être chrétien mais que tous rende gloire à Dieu pour sa grâce et son amour !

- Devant l’appel de Dieu, nous ne pouvons pas dire oui par nous-mêmes, seul Dieu peut nous l’accorder par grâce. Par contre, nous pouvons dire non et en sommes alors responsables… « On ne peut dire oui mais on peut dire non », disait Saint Augustin. Il est difficile de comprendre tout cela pour nos petits esprits limités… mais ce passage n’est pas un texte de doctrine mais bel et bien un texte de contemplation devant la grandeur et l’amour de Dieu ! Quelle bénédiction merveilleuse est-ce d’avoir été choisi par Dieu pour lui appartenir, d’avoir été adopté pour devenir saints et sans défaut devant lui ! (1.4) Si le thème de l’élection du Père est omniprésent dans ce prologue d’Ephésiens, ce n’est pas pour nous embrouiller mais avant tout pour nous encourager à adorer Dieu avant d’autant plus de force et d’ardeur, nous y reviendrons plus tard.

- Toutes les bénédictions dont parle le passage du jour prennent source dans l’élection du Père. Puis elles prennent effet dans la rédemption du Fils.

· 2.2 Bénis par la rédemption du Fils (1.7-10)

- La rédemption est un thème assez familier aujourd’hui dans nos églises, il est vrai que la Sainte-Cène est là pour nous le rappeler dimanche après dimanche ! La doctrine de la rédemption fait écho au rachat d’un esclave en vue de la liberté. Nous étions tous pécheurs et dans ce sens esclaves du péché. Jésus dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, toute personne qui commet le péché est esclave du péché. (Jean 8.34) Ces mots sont durs mais ce sont les paroles mêmes de notre Seigneur concernant la condition humaine ! Mais nous avons été rachetés de cette situation misérable. Par son sang (1.7), c'est-à-dire par sa mort sur la croix, Jésus a payé le prix de notre libération, il a payé le prix de notre liberté. Quelle bénédiction extraordinaire d’avoir un Maître qui a donné sa vie pour nous ! Quelle joie d’avoir gouté au pardon divin ! Sa grâce, Dieu ne nous l’a pas accordé avec parcimonie, telle un cuisinier qui dose prudemment les épices dans sa marmite. Non, Dieu nous a accordé la richesse de sa grâce avec abondance (1.8). Passer de la mort à la vie, comment peut-il exister une plus grande bénédiction ? Pour créer le monde, Dieu n’a eu qu’à parler. Par contre, pour racheter les hommes, Dieu a du mourir et offrir son propre fils en sacrifice. Dans l’Ancien Testament, Dieu avait déjà montré que le péché ne pouvait être enlevé sans sacrifice, Dieu a ici surpassé ses propres exigences en offrant ce qu’il avait de plus cher, son propre et unique fils. Comment peut-il exister une plus grande bénédiction ? Qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ?

Il y a quinze jours le monde entier assistait au sauvetage des 33 mineurs chiliens, ils remontaient alors un par un sous les yeux de caméras de milliers de journalistes. Je suis sûr que vous avez tous au moins vu une vidéo de cette opération hors du commun ! Tout content d’avoir autant de caméras et de micros devant lui, le président chilien, M. Sebastián Piñera, a alors affirmé sa fierté devant cette opération qu’il a estimé « sans comparaison dans l’histoire de l’humanité ». Tout en me réjouissant du sauvetage de ces 33 mineurs, je me dis que tout cela est bien pâle par rapport à un autre miracle sans comparaison dans l’histoire de l’humanité, le sauvetage de millions d’hommes et de femmes lorsque Christ est mort et ressuscité aux yeux du monde de l’époque ! Nous étions bien plus bas que 700 mètres sous terre ! Notre pardon et notre rédemption sont de thèmes qui nous sont chers et nous avons raison, ne cessons pas de nous en émerveiller.

- Mais l’œuvre du Christ ne se limite pas à la croix de Golgotha car Dieu nous a aussi fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu'il avait formé en Christ pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l'autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre. Ce verset 10 renferme lui aussi un véritable trésor ! Entre le règne dans lequel Jésus est déjà rentré et entre celui qui lui est réservé pour l’éternité, ce verset 10 est un mélange de « déjà et pas encore » qui fait appel à des notions eschatologiques que nous nous gardons bien d’aborder ce matin ! On a déjà évoqué l’élection du Père, on a déjà rempli les quotas de sujets difficiles pour ce matin ! Quoi qu’il en soit, ce verset nous rappelle un autre hymne de l’apôtre Paul, celui qu’il écrit aux Philippiens où il leur rappelle pourquoi Dieu a élevé Christ à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 2.9-11) Aurions-nous parfois oublié quelles sont la grandeur et la majesté de notre Maître dès aujourd’hui et dans l’éternité ?

- Dans l’ensemble, ce texte d’Ephésiens 1 me fait penser à encore un autre texte de l’apôtre Paul, dans Galates 4.4-6 : Mais, lorsque le moment est vraiment venu, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi afin que nous recevions le statut d'enfants adoptifs. Et parce que vous êtes ses fils, Dieu a envoyé dans votre cœur l'Esprit de son Fils qui crie: « Abba! Père! ». Oui, après nous avoir élu et nous racheté, Dieu a envoyé son Esprit dans nos cœurs. Après l’élection du Père et la rédemption du Fils, le sceau du Saint-Esprit vient compléter l’œuvre de la Trinité qui nous a pleinement bénis.

· 2.3 Bénis par le sceau du Saint-Esprit (1.13-14)

- Le Saint-Esprit est la troisième personne de la Trinité, la plus discrète dans nos assemblées, du moins en apparence. Depuis que Jean-Claude nous fait une série d’étude sur le thème du Saint-Esprit, nous avons sûrement désormais une vue d’ensemble de ses différents rôles et de ses différentes actions dans le monde, dans l’église et dans nos vies. Nous savons que le Saint-Esprit n’est pas simplement une chose, un souffle mais une véritable personne, la troisième personne de la Trinité, Dieu lui-même ! Mais le but de ce matin n’est donc pas de revoir tout ce que nous a appris Jean-Claude sur le Saint-Esprit, je vous rassure !

Concernant ce vaste thème, le texte du jour apporte l’idée du sceau du Saint-Esprit (1.13). On retrouve la même idée ailleurs dans la Bible : Dieu nous a aussi marqués de son empreinte et a mis l'Esprit comme un gage dans notre cœur (2 Corinthiens 1.22). Le sceau est la marque qu’un roi ou un marchand posait sur ce qu’il lui appartenait pour le certifier et l’authentifier. Concernant le Saint-Esprit, le mot sceau apporte les notions de sécurité, d’approbation, d’authentification, de témoignage véritable, d’appartenance. Le Saint-Esprit vient sur nous pour authentifier notre salut, quelle bénédiction de recevoir une telle sécurité ! Le Saint-Esprit, Jésus lui-même l’avait promis à ses disciples dans Jean 15. Et il avait ensuite précisé qu’Il vaut mieux pour vous que je m'en aille. En effet, si je ne m'en vais pas, le défenseur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai (Jean 16.5). Jésus lui-même affirme qu’il était préférable qu’il parte afin que l’on puisse bénéficier de la présence du Saint-Esprit ! Quelle bénédiction époustouflante est-ce alors d’avoir sur soi le sceau du Saint-Esprit, le sceau de Dieu lui-même ! Que nous faut-il de plus ?

- Nous apprenons aussi qu’il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s'est acquis pour célébrer sa gloire (1.14). Le Saint-Esprit est donc aussi le gage et le premier versement de notre héritage. Cet été, si nous sommes partis en vacances, nous avons tous du verser un acompte pour réserver notre lieu de vacances. Vous savez tous qu’une fois qu’on a versé cette somme, il est désormais impossible de faire chemin arrière ! Avec les vacances, il faut malheureusement après encore verser des sous. Heureusement avec Dieu, le Saint-Esprit n’est que l’acompte de ce qui nous est promis, laissant ainsi présager des bénédictions encore plus grandes pour ceux que Dieu a racheté ! Le Saint-Esprit n’est qu’un avant-goût de la libération qui nous attend. La libération dont parle le verset 14 n’est pas la libération de la culpabilité du péché, celle-ci a déjà été acquise à la croix par la rédemption du Fils, nous l’avons vu au verset 7. La libération dont il est ici question est la libération ultime dans l’éternité, la libération dont même l’apôtre Paul a du mal à la décrire précisément. En 1 Corinthiens 15.53-56, il dit simplement qu’Il faut en effet que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité. […] Alors s'accomplira cette parole de l'Ecriture: La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon? Enfer, où est ta victoire? L'aiguillon de la mort, c'est le péché; et ce qui donne sa puissance au péché, c'est la loi. Mais que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! Quel mystère et quelle espérance ! Ce prologue d’Ephésiens se finit donc avec un bref aperçu de l’éternité pour nous rappeler aussi l’espérance éternelle qui est la nôtre. Si l’apôtre Paul n’a cessé de dire ici que Dieu nous a bénis, que toutes les bénédictions dont il parle nous sont déjà acquises, que tout est accompli (Jean 19.30), il finit néanmoins ce texte contemplatif par un mot d’espérance et un rappel que l’éternité nous réserve encore bon nombres de surprises et de bénédictions en sa présence !

- Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ! (1.3). Nous venons de voir comment Dieu nous a pleinement bénis en l’œuvre triple de la Trinité. Nos bénédictions prennent source dans l’élection du Père, prennent effet dans la rédemption du Fils et prennent corps avec le sceau du Saint-Esprit. Oui, le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis. Aurions-nous parfois oublié à quel point Dieu nous a bénis et combien c’est extraordinaire et merveilleux qu’il soit dans nos vies ? Qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ?

· 3. Les applications pratiques à la suite de ces bénédictions

Il était important de redécouvrir à travers ce texte en quoi Dieu nous a pleinement bénis. Néanmoins, il est bien beau d’avoir redécouvert cela d’un point de vue théorique, il faut désormais que la pratique suive ! Pour cela, je vous propose trois petites applications pratiques à la suite de l’étude de ce texte d’Ephésiens 1.3-14. Il nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

· 3.1 Bénis pour l’adorer

- Si Dieu nous a tant bénis, c’est pour qu’on l’adore et célèbre sa gloire. Les trois passages sur le Père, sur le Fils puis sur le Saint-Esprit finissent tous par la même expression : pour célébrer sa gloire (1.6;12;14). L’adoration est la première application pratique de ce passage. Toutes les bénédictions que nous venons de revoir ne doivent pas simplement nous conduire à nous dire en nous-mêmes « c’est chouette ». Elles doivent surtout nous faire tomber à genoux aux pieds de notre Maître pour l’adorer de toute notre force, de toute notre pensée et de tout notre cœur. L’heure est déjà là où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père (Jean 4.23).

Je pense que l’adoration peut être plus forte que la louange de nos chants le dimanche matin. J’ai - en partie - redécouvert ce qu’est l’adoration dans un livre que j’ai lu dernièrement « Les cris du cœur » de Ravi Zacharias. L’auteur montre à l’aide du texte de Malachie 1 qu’on ne peut pas adorer sans aimer, qu’on ne peut pas adorer sans le respecter et l’honorer, qu’on ne peut pas l’adorer sans apporter de sacrifices. Et sur ce dernier point, celui qui est d’ailleurs le plus d’ordre pratique, voilà quelques questions qu’il nous pose quant à notre réelle adoration : « Lui donnons-nous le meilleur de notre temps ? Lui donnons-nous le meilleur de nos forces ? Lui donnons-nous le meilleur de nos pensées ? Lui donnons-nous le meilleur de nos biens matériels ? Lui donnons-nous le meilleur de nos ambitions et nos projets personnels ? Ou bien est-ce au monde que nous réservons ce que nous avons de meilleurs, et à Dieu les restes ? » (Page 239). Oui, une vraie adoration nous coûte, mais au vu de tout ce dont Dieu nous a bénis, comment pourrions-nous faire autrement ? Individuellement comme en église, le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour qu’on puisse l’adorer. La balle est dans notre camp !

· 3.2 Bénis pour le suivre

- La deuxième application pratique que je vous propose est celle de la confiance à travers tout ce que la vie peut nous faire traverser. Ce passage nous montre combien Dieu est souverain, comment il contrôle tout et est acteur de l’Histoire et non spectateur. Dieu a choisi… conformément à son plan qu’il avait formé… conformément aux décisions de sa volonté… Devant un Dieu si grand et si puissant, comment pourrions-nous appréhender de le suivre avec confiance ? Quand notre vie semble chaotique, restons confiants et suivons le en nous rappelant que Jésus est le Seigneur et que Dieu a la maîtrise de tout. L'Eternel est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur? L'Eternel est le soutien de ma vie: qui devrais-je redouter? (Psaume 27.1)

- Pour illustrer cette deuxième application pratique sur la confiance, laissez-moi vous lire un extrait du Fil Rouge de Portes Ouvertes d’il y a un mois. Au Népal, les églises chrétiennes sont actuellement l’objet de nombreuses persécutions de la part non des autorités mais de la population elle-même. Des chrétiens sont attaqués physiquement et verbalement, et des pasteurs ont même reçus des menaces de mort. Que faire dans cette situation difficile ? Pour le pasteur Ishwor Pudasaini, la solution est avant tout divine : « Ma foi m’enseigne à tendre l’autre joue et à aimer mes ennemis. Je prie pour qu’un jour, tout mon village connaisse Jésus, mais je sais qu’il me faut être patient ». Voilà un bel exemple de ce qu’est la confiance en Dieu. Il nous a pleinement bénis pour qu’on puisse le suivre. De nouveau, la balle est dans notre camp !

· 3.3 Bénis pour le servir

- Enfin, pour un dernier point pratique, Dieu nous a pleinement bénis pour qu’on puisse le servir. Oui, nous sommes appelés à servir Dieu. En lisant ce texte, nous pourrions nous sentir petits devant la grandeur de Dieu. Dieu semble si souverain et si puissant dans ce passage qu’on semble alors si petit qu’on finit par se croire insignifiant et inutile. Puisque Dieu est maître de tout, quelle est alors ma responsabilité de mon côté ? Il est parfois difficile de ne pas confondre souveraineté de Dieu et paralysie humaine… mais cette question est légitime ! En tant que chrétien, quelle est alors ma responsabilité dans le plan de Dieu ?

La souveraineté et la puissance de Dieu ne nous paralysent pas mais au contraire nous apportent la force nécessaire pour mieux le servir. Puisque notre statut de croyants ne dépend pas de nous mais de Lui, nous sommes alors tous aptes au service et personne ne peut se décréter pas suffisamment qualifié pour cela ! Aussi douée une personne puisse être dans un domaine, ce ne sont pas ses dons et ses forces qui lui permettent de servir Dieu, mais c’est la grâce de Dieu qui le lui permet. Quelles que soient mes capacités ou mes faiblesses, je suis apte au service uniquement par la grâce de Dieu, puisque mon statut de croyant dépend de Lui et non de moi. Au lieu de nous paralyser et de nous anesthésier, Dieu nous libère de toute crainte pour le servir de tout notre être. Tout à l’heure, nous avons lu le passage de 1 Corinthiens 15 qui disait Mort, où est ton aiguillon ? Que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! Savez-vous quel est le verset suivant ? Ainsi, mes frères et sœurs bien-aimés, soyez fermes, inébranlables. Travaillez de mieux en mieux à l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas sans résultat dans le Seigneur (1 Corinthiens 15.58). La souveraineté de Dieu, cela veut aussi dire qu’il y a tant de bonnes œuvres que Dieu a préparé à l’avance afin que nous les pratiquions (Ephésiens 2.10). Oui, devant la grandeur du plan de Dieu, nous ne sommes ni paralysés ni anesthésiés mais libérés, le Dieu trinitaire nous a en effet pleinement bénis pour le servir. Encore une fois, la balle est dans notre camp !

· Conclusion et résumé

- En conclusion, je souhaiterai simplement synthétiser ce que nous venons de voir à propos de ce beau texte d’Ephésiens 1.3-14. Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! Quel beau verset ! Dieu nous a pleinement bénis, qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ? Nous avons tendance parfois à oublier à quel point les bénédictions spirituelles que Dieu nous a données sont précieuses et merveilleuses. Ces bénédictions prennent source dans l’élection du Père, prennent effet à la rédemption du Fils et prennent corps dans le sceau du Saint-Esprit. Nous avons survolé chacun de ces trois grands thèmes qui mériteraient tous plus d’une prédication un dimanche matin ! Que Dieu nous donne soif d’étudier ses thèmes, qu’il nous donne de le chercher, de le connaître et de s’imprégner de toute la richesse de sa Parole. Nos vies ne pourront en être que fortifiées et transformées.

- Nous avons aussi vu que toutes ces bénédictions nous ont été données dans un but bien précis, celui de célébrer sa gloire. Ce terme un peu abstrait peut devenir très pratique quand on le comprend en tant qu’adoration. S’il n’y a effectivement rien que nous n’ayons reçu en Christ, c’est pour qu’on le puisse l’adorer individuellement et en église. De même, ce texte nous invite à suivre Dieu avec confiance tant il est puissant et tant il a la maîtrise de tout. L'Eternel est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur ? (Psaume 27.1) Enfin, devant la souveraineté de Dieu, nous ne sommes pas paralysés mais libérés de toute crainte, et nous pouvons alors le servir avec amour et ardeur. Le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! (1.3)

Amen.


P.L.

lundi 7 juin 2010

Luc 16.31 L'homme riche et Lazare

« S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite.» Luc 16.31

« Il y avait un homme riche, qui s'habillait de pourpre et de fin lin et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre du nom de Lazare était couché devant son portail, couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, cependant même les chiens venaient lécher ses ulcères. Le pauvre mourut et fut porté par les anges auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi et fut enterré. Dans le séjour des morts, en proie à une grande souffrance il leva les yeux et vit de loin Abraham, avec Lazare à ses côtés. Il s'écria: ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau afin de me rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans cette flamme.’ Abraham répondit: ‘Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et que Lazare a connu les maux pendant la sienne; maintenant, il est consolé ici et toi, tu souffres. De plus, il y a un grand abîme entre nous et vous, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de chez vous vers nous, ne puissent pas le faire.’ Le riche dit: ‘Je te prie alors, père, d'envoyer Lazare chez mon père, car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il les avertisse, afin qu'ils n’aboutissent pas, eux aussi, dans ce lieu de souffrances.’ Abraham répondit: ‘Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent.’ Le riche dit: ‘Non, père Abraham, mais si quelqu'un vient de chez les morts vers eux, ils changeront d’attitude.’ Abraham lui dit alors: ‘S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite.’ » Luc 16.19-31

● Que peut-nous apprendre ce texte biblique en ce dimanche matin ? Que Jésus veut-il dire ici ? C’est un texte connu qu’il nous faut ruminer encore et encore pour saisir tout ce que Dieu peut nous apprendre. Un beau matin, lors de votre lecture personnelle, imaginez que vous tombez sur ce texte ; qu’en apprenez-vous ? Qu’en déduisez-vous ? En quoi cela peut-il vous encourager pour votre journée ? En quoi cela peut-il nous encourager pour la semaine qui arrive ?

Le meilleur moyen de comprendre un texte, c’est d’aller voir premièrement à son contexte, comme nous dirait un certain JCB. Nous sommes donc au chapitre 16 de l’Evangile de Luc, Jésus est sur la route entre la Galilée et Jérusalem. Son court ministère terrestre arrive tout doucement à son dénouement, Jésus a déjà eu le temps de livrer ses principaux enseignements et faire de nombreux miracles. Les chapitres 14 à 16 sont une succession de paraboles que Jésus dit en présence de ses disciples, des pharisiens, de nombreux fidèles et autres curieux. Pour zoomer encore sur le chapitre 16, Jésus raconte dans les 13 premiers versets la parabole de l’intendant infidèle, invitant chacun à faire preuve de sagesse en ne vivant pas simplement pour le présent mais en sachant anticiper l’éternité ; et cela à propos de l’argent mais aussi du thème plus général du Royaume de Dieu. Les pharisiens présents n’y voyant qu’une nouvelle morale de plus sur le thème de l’argent, ils s’en indignent auprès de Jésus dans les versets 14 à 18. En réponse à la réaction outrée des pharisiens, Jésus en remet alors une couche avec la parabole de l’homme riche et de Lazare.
Le contexte étant planté, je vous propose ce matin de se plonger dans cette parabole pour comprendre ses enseignements basés sur un contraste dans la vie, un contraste dans la mort et un contraste dans l’éternité entre l’homme riche et Lazare. Je vous propose d’en tirer une grande leçon: accueillons et aidons les plus démunis, avertissons les plus entêtés de la nécessité du salut par la foi en Jésus-Christ, et cela dès aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard.

I. Un contraste dans la vie

● Les trois premiers versets nous décrivent la vie de deux hommes. Que de contrastes entre eux ! L’un est pauvre, très pauvre, du nom de Lazare. L’autre est riche, très riche, d’un nom inconnu - comme pour que chaque interlocuteur de Jésus puisse s’approprier encore plus facilement cette parabole. Dans la vie, tout s’oppose entre ses deux hommes. L’un n’a pour habit que des ulcères purulents, l’autre s’habille de pourpre et de fin lin. Que cela soit avec l’habit de dessus ou le vêtement de dessous, tout dans sa tenue vestimentaire arbore donc l’opulence et le luxe. L’un n’arrive même pas à se rassasier de miettes qui tombent de la table, l’autre mène une vie joyeuse et brillante faite de festins et de banquets. L’un n’a pas de logement et dort à même le sol, l’autre possède une villa suffisamment grande pour avoir ce qu’on appelait à l’époque un portail. Que de contraste dans la vie de ces deux hommes habitant la même ville, le même quartier, la même rue !

A ce moment de la parabole, nous qui en connaissons la fin, nous savons qui a le bon rôle et le mauvais rôle entre Lazare et l’homme riche. Néanmoins, si on appuie sur pause à ce moment là, je suis persuadé que les pharisiens, à qui Jésus adresse cette parabole, se seraient trompés dans la distribution des rôles. En effet, pour les pharisiens, ce groupe religieux omniprésent en Israël à cette époque, la richesse serait un signe que Dieu donnerait pour nous récompenser de notre justice, une sorte d’évangile de prospérité. Avant tout, qui sont vraiment ces pharisiens ? Qui sont-ils ? C’est un groupe religieux qui faisait tout, selon la formule de l’historien Flavius Josèphe, « pour l’emporter sur les autres Juifs par la piété et, par une interprétation plus exacte de la Loi. » Vouloir obéir à Dieu, vouloir être toujours plus proches des Écritures, c’est plutôt une bonne idée, encore pour nous aujourd’hui, n’est-ce pas ? Par contre, les pharisiens se distinguaient aussi pour les nombreuses règles qu’ils avaient eux-mêmes rajoutés à la Torah, par leur conviction que c’est la stricte obéissance à des règles qui allaient leur offrir le salut, par leur sentiment un peu hautain vis-à-vis du peuple évidement inférieur à eux. C’est le légalisme par excellence. Et ceci constitue un premier rappel pour nous qui parfois retombons dans des travers légalistes. Tout en cherchant à obéir à Dieu et à rester au plus proche des Écritures, comme les pharisiens, laissons par contre la grâce de Dieu régner dans nos vies, à l’inverse des pharisiens.

Si nous avons aujourd’hui une mauvaise image des pharisiens à travers la Bible, l’admiration que suscitait à l’époque leur piété apparente les rendait plutôt populaire dans la société. En effet, au contraire des Sadducéens qui appartenaient aux classes très aisées de la société et qui étaient principalement intéressés par la politique, les Pharisiens n’étaient les plus riches d’Israël et donc ne focalisaient que peu les reproches et les frustrations sociales du peuple. Les pharisiens n’étaient pas les plus riches et pourtant, au contact de Jésus, il semble que ce soit eux les plus omnibulés par l’argent et les richesses. Ceci constitue un deuxième avertissement pour nous. A ce que je sache dans notre église, nous n’avons ni millionnaire ni sans domicile fixe. N’étant à aucun extrême, nous pourrions croire être à l’abri de ces considérations. Et pourtant, l’exemple des pharisiens omnibulés par l’argent vient nous mettre en garde nous aussi sur notre gestion de l’argent et sur nos priorités financières. Quels que soient notre âge, parent ou adolescent, et notre situation, étudiant ou salarié, l’enseignement de Jésus sur la richesse nous concerne. Au début du chapitre 16, Jésus nous avait déjà prévenu : « Celui qui fidèle dans les petites choses choses le sera dans les grandes, celui qui est malhonnête dans les petites choses le sera dans les grandes. » (Luc 16.10). Oui, quels que soient notre âge et notre situation, l’enseignement de Jésus sur l’argent nous concerne.

Pourquoi Jésus insiste-t-il si souvent sur le thème de l’argent ? Nous savons bien que l’argent n’est ni récompense divine, ni démon incarné, ni badge d’entrée pour le ciel. Je crois que Jésus nous interpelle souvent sur ce thème là car il sait mieux que quiconque comment fonctionne le cœur humain. « Oui, là où tu mets tes richesses, c’est là aussi que tu mettras ton cœur » (Matthieu 6.21). Notre gestion de l’argent agit en nous comme un révélateur, un baromètre de nos motivations profondes, il en est ainsi. Vous voulez savoir ce qui compte le plus dans la vie de quelqu’un ? Regardez où vont ses dépenses et ses économies. Qu’est qui compte le plus dans nos vies ? L’argent est un révélateur de nos motivations, tout comme le niveau d’éducation d’un pays est un révélateur de son état de santé, tout comme le taux d’absentéisme est un révélateur de la motivation d’un groupe d’étudiants ou de salariés, tout comme le pourcentage de membres d’une église présents le dimanche matin au culte est un révélateur de la vie spirituelle d’une communauté. Soyons vigilants concernant là où nous plaçons nos richesses, non comme une fin en soi mais comme un signe révélateur de nos motivations profondes.

● En regardant d’un peu plus près à notre texte du jour, nous nous apercevons que le problème du riche ne se situe pas dans ses richesses, mais dans son attitude envers le pauvre, dans son attitude indifférente, hautaine, dépourvue de compassion. Nous aurons le temps de revenir plus tard à l’attitude de l’homme riche. En attendant, cela constitue pour nous ce matin un nouvel encouragement à prendre soin et à aider les personnes démunies autour de nous. Notre société le cache tant bien que mal mais elle est faite de personnes démunies, marginales, exclues, isolées, malades. Saurons-nous leur tendre notre main pour les aider ? Dieu n’a pas été indifférent à notre situation de pécheur et n’a pas attendu qu’on l’aime le premier pour venir à notre rencontre pour manifester son amour en Christ. Comment pourrions-nous à notre tour rester indifférents devant la situation des personnes les plus démunies de notre société ? Accueillons les et aidons les. Dans l’histoire, les chrétiens ont toujours été les premiers à se lever pour venir en aide aux plus faibles de notre société, aux Lazares qui sont devant nos portes et que nous refusons de voir. Les premiers hôpitaux et orphelinats, l’abolition de l’esclavage, la Croix Rouge, l’Armée du Salut, l’Action pour l’Abolition de la Torture… tout cela est parti de personnes chrétiennes qui se sont levées par amour pour leur prochain. Saurons-nous à notre tour montrer l’amour de Dieu au monde en n’occultant pas le rôle social que l’église est amenée à avoir dans notre société ? L’apôtre Jacques, dans toute sa franchise, nous réveille et nous bouscule en disant dans son épitre : « La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions. » (Jacques 1.27) Y’a-t-il à notre porte des malades, des gens en prison, des étrangers, des pauvres ? « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » (Matthieu 25.40). Où se trouvent toutes ces personnes dans le besoin ? « Lazare était couché juste devant le portail du riche » (Luc 16.20) ! Je pense que nos églises évangéliques ont aujourd’hui parfois tendance à tout spiritualiser et à n’être préoccupées par le salut des âmes. Et dans ce sens, notre parabole nous rappelle qu’au delà d’une gestion saine de notre argent et de nos richesses en interne, nous sommes appelés dès aujourd’hui en tant qu’église à sortir de nos murs pour prendre la défense des exclus et des pauvres dans notre société. Accueillons et aidons les plus démunis de notre société, et cela dès aujourd’hui.

Cette première partie de la parabole concernant les vies bien différentes entre l’homme riche et Lazare vient donc nous interpeller quant à notre gestion de nos richesses mais surtout notre action sociale envers les plus démunis de notre société. Dès aujourd’hui, il y a déjà beaucoup à faire pour mettre cela en pratique. Je pourrais m’arrêter là mais notre parabole est loin d’être finie !

II. Un contraste dans la mort

En effet, les vies de Lazare et l’homme riche, aussi différentes soient-elles, aboutissent un beau jour à la même chose, la mort. Mais même dans leur mort, Lazare et l’homme riche ont un sort différent. Lazare meurt mais rien ne nous ait dit sur son enterrement, si ce n’est que les anges l’ont porté auprès d’Abraham. Lazare est-il mort dans l’indifférence générale ? Est-il mort de faim ou de sa maladie, gisant toujours devant le portail du riche ? Nous n’en savons rien. Par contre, Jésus nous dit que le riche fut enterré. Nous pouvons alors nous imaginer une cérémonie funéraire où de nombreuses pleureuses avaient été invitées à se lamenter sur la dépouille de cet homme riche. Surement que son corps a été soigneusement embaumé et déposé dans un tombeau richement décoré. Après un contraste dans la vie entre ces deux hommes, cette parabole insiste encore en présentant un contraste dans leur mort.

Question enseignement, au delà du fait que cela nous rappelle à tous le caractère inévitable de la mort, je vous propose de ne pas trop s’attarder sur la mort de Lazare et de l’homme riche, pour plutôt aller les rejoindre à l’étape d’après, bien plus instructive, celle du jugement et de l’éternité.

III. Un contraste dans l’éternité

Après la mort, Jésus ne laisse pas beaucoup de suspense quant à la condition de nos deux hommes dans l’éternité : « Dans le séjour des morts, en proie à une grande souffrance il leva les yeux et vit de loin Abraham, avec Lazare à ses côtés. Il s'écria: ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau afin de me rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans cette flamme.’ » (Luc 16.23-24) De nouveau quel contraste entre nos deux hommes, à la différence prêt que les rôles sont désormais inversés. L’un est auprès d’Abraham, personnage fondateur du peuple juif, symbolisant ici la présence de Dieu. L’autre est dans un lieu de souffrance où la soif et la chaleur le font souffrir tout autant que la solitude et la jalousie à la vue du réconfort que Lazare a trouvé auprès d’Abraham de l’autre côté de l’abime. L’homme riche cherchant à négocier auprès d’Abraham un peu de compassion et de pitié - ce qu’il n’a d’ailleurs jamais lui-même ressenti pendant sa propre vie -, il se voit interdire par Abraham le soulagement éphémère que lui apporterait une simple goutte d’eau sur le bout de sa langue desséchée. Pire, l’homme riche se fait préciser que ce grand abime est infranchissable et qu’il ne pourra jamais le franchir. « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement » (Hébreux 6.27) Pendant que l’homme riche négocie en vain avec Abraham, nous avons le droit de nous imaginer Lazare tranquillement assis au pied d’Abraham, se reposant et profitant de la douce présence de Dieu. De nouveau, que de contraste entre nos deux hommes, après la vie et la mort, que de contraste dans l’éternité !

● Quel choc pour les pharisiens qui devaient écouter cette parabole ! Eux qui pensaient que la richesse était gage de justice et de salut, cette parabole semble aller soudainement dans le sens contraire. J’utilise le verbe « sembler » car ce n’est pas le cas, cette parabole ne va pas dans le sens contraire des pharisiens, cette parabole ne dit pas en effet que la pauvreté est gage de justice et de salut. J’ose espérer que cela est clair pour chacun d’entre nous : ni la richesse ni la pauvreté ne sont pour nous gage de salut. Jésus avait alors déjà dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. » (Jean 6.47) Et à Martin Luther de remettre au goût du jour seize siècles plus tard les paroles de Paul : « En effet, c’est l'Evangile qui révèle la justice de Dieu par la foi et pour la foi, comme cela est écrit: Le juste vivra par la foi. » (Romain 1.17) Hier, aujourd’hui et demain, seule la foi en Jésus-Christ nous donne accès à Dieu le Père. Alors si Lazare est allé à ce qu’on appellerait le paradis et l’homme à ce qu’on appellerait l’enfer, cela veut dire que l’un avait une vraie foi en Dieu et l’autre non, indépendamment de l’état de leur porte-monnaie. Partons à la recherche d’indices sur la foi de nos deux hommes.

Premièrement, Jésus nous dit que Lazare a été accueilli par Dieu à travers le personnage d’Abraham. Si cela ne vient pas de sa simple pauvreté, comment l’expliquer ? Nous trouvons un premier indice dans le nom même de Lazare. Pourquoi Jésus a-t-il pour une fois donné un prénom à un personnage d’une de ses paraboles ? Le nom Lazare provient d’un nom hébreu voulant dire « Dieu mon aide ». Avec ce prénom, Jésus voulait sûrement nous indiquer que cet homme comptait sur Dieu et trouvait en Lui son secours. Nous devons ensuite relever un deuxième point important sur la conduite de Lazare. Mettez-vous à la place de cet homme. Vous êtes couché dehors, affaibli par la faim. En regardant au travers du portail, vous remarquez des gens somptueusement vêtus en train de festoyer. Vous les voyez savourer des mets raffinés et, égayés par le vin, ils faisaient beaucoup de bruit avec leurs éclats de rire. Ils savent que vous vous trouvez devant la porte d’entrée mais ils ignorent complètement votre présence. Quelle aurait été votre réaction? Je ne serais pas surpris d’entendre quelques-uns les maudire. ‘Vous êtes juste des égoïstes. Une bande d’escrocs sans cœur. Vous nourrissez vos chiens mais vous n’avez rien pour les pauvres’. Certains iraient peut-être même plus loin en évoquant le nom de Dieu dans leurs critiques et leurs insultes. ‘Seigneur, pourquoi m’as-tu conduit dans cette misérable situation? Qu’ai-je fais pour mériter toute cette souffrance? C’est de ta faute!’ Nous connaissons tous des individus qui s’apitoient sur eux-mêmes et blâment Dieu pour leurs malheurs. N’y a-t-il pas quelque chose qui vous frappe dans l’attitude de Lazare? Son silence, en dépit des circonstances. Pas une seule plainte ne sort de sa bouche. Il n’y a aucun ronchonnement, aucun signe d’amertume, bien qu’il ait eu toutes les raisons de se sentir misérable. Le mutisme et l’absence de lamentation de ce mendiant sont absolument impressionnants. On s’imagine simplement Lazare murmurer dans son cœur ces paroles de Job : « Pour moi, j’aurais recours à Dieu, Et c’est à Dieu que j’exposerais ma cause. Il fait des choses grandes et insondables, Des merveilles sans nombre. » (Job 5.8-9) Comment réagissons-nous lors que nous avons à faire à des épreuves, quand cela va mal ? Nous révoltons-nous ? Faisons-nous confiance à Dieu ? L’exemple silencieux de Lazare est un encouragement pour nous en ce dimanche matin. Pour sa confiance et sa foi, Lazare a été accueilli par Dieu.

Deuxièmement, Jésus nous dit que l’homme riche a été rejeté loin de Dieu. Si cela ne vient pas de sa simple richesse, comment l’expliquer ? Nous l’avons vu, la gestion de l’argent et la générosité envers les plus démunis ne sont pas gages de justice et de salut. Néanmoins, ils agissent en tant que révélateurs des motivations profondes. Devant l’opulence et l’indifférence du riche envers Lazare, tout porte à croire que son cœur était déjà loin de Dieu et qu’il n’avait pas de relation avec Dieu à ce moment là. On aurait envie de s’immiscer dans la conversation et de glisser à l’homme riche le verset suivant : « L’homme récolera ce qu’il a semé » (Galates 6.7). Mais un indice encore plus important concernant la situation spirituelle de l’homme riche se trouve dans sa discussion avec Abraham après sa mort. Alors que l’homme riche se sait désormais loin de Dieu et en proie de grandes souffrances, il n’y a même pas en lui une once de repentance. Demande-t-il pardon ? Regrette-t-il sa vie ? Non, bien au contraire, il n’aspire même pas à aller de l’autre côté de l’abîme, il n’est intéressé que par un simple soulagement éphémère avec une goutte rafraichissante. De plus, il continue de considérer Lazare comme un serviteur inférieur : « Envoie Lazare pour qu’il m’apporte de l’eau, envoie Lazare pour qu’il aille prévenir mes frères ». Comme si Lazare devait encore ici être à sa disposition… Même dans l’éternité, l’homme riche semble continuer d’être ce qu’il a toujours été. Et si c’était cela l’enfer ? Des hommes et des femmes qui refuseront éternellement de demander pardon et chercher à faire demi-tour ? L’homme riche souhaite certes que ses frères évitent ce lieu de souffrance, son cœur n’en reste pas moins dur et vide de repentance concernant lui-même. Dans l’éternité, l’homme riche continue d’être ce qu’il a été dans la vie et dans la mort. La croyance populaire veut que les morts avant le jugement puissent encore changer de camp pour aller avec Dieu. Or le séjour des morts en attendant le jugement est un lieu temporaire mais en aucun cas un lieu intermédiaire. Ce texte nous dit clairement qu’un abime rend impossible tout changement, mais ce texte semble nous dire aussi que les personnes concernées n’en voudront même pas dans leur entêtement eternel. Et si c’était cela l’enfer ? Pour son égoïsme et son entêtement, l’homme riche a été rejeté loin de Dieu.

● Je vous propose maintenant d’aller à la toute fin de la parabole et de regarder de plus près la discussion entre Abraham et l’homme riche à propos de des frères de ce dernier. Notre homme riche semble tout d’un coup sensible aux autres, il se préoccupe soudainement du sort de ses cinq frères. Comment les prévenir ? Comment leur dire de changer de vie dès aujourd’hui ? Comment faire pour éviter qu’ils arrivent eux aussi dans ce lieu de souffrance ? Ce sentiment d’impuissance, je pense que tous ceux qui ont des membres de leur famille ou des amis très proches qui ne suivent pas Christ connaissent ce sentiment. Que faire pour que nos familles, nos amis, nos collègues se tournent vers Dieu dès aujourd’hui ? Comment les prévenir ? Comment faire ? La différence entre l’homme riche et nous, c’est que lui appartient déjà à l’éternité alors que nous sommes nous encore en vie. Autrement dit, la possibilité d’avertir, je ne parle pas simplement de témoigner, langage chrétien parfois un peu trop politiquement correct, la possibilité d’avertir, d’alerter nos proches et nos concitoyens, nous l’avons dès aujourd’hui. Nous ne sommes pas dans le cas de l’homme riche pour qui il est trop tard. Se pose la question de comment les avertir dès aujourd’hui. A l’époque de Jésus comme à la notre, la réponse tient en la prédication de la Parole de Dieu. Abraham dit à l’homme riche : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Luc 16.29). C’est intéressant de voir comment Jésus encourage les pharisiens à travers la bouche d’Abraham à écouter la Loi et les Ecritures. Ne le faisaient-ils déjà pas ? N’étaient-ils pas déjà connus pour le faire ardemment ? En tant que protestants, ne sommes-nous pas aussi déjà connus pour lire la Bible avec assiduité et ardeur ? N’est-ce pas partie intégrante de notre identité protestante ? Est-il possible que nous nous serions trompés et passés à côté de quelque chose dans les Écritures, tout comme les pharisiens l’avaient fait malgré toute leur ardeur ? Nous aussi, nous devons encore et encore être vigilants concernant notre foi et notre théologie, en tant qu’individus et en tant qu’église.

Revenons-en à l’homme riche avec ses cinq frères. Puisque les Écritures ne semblent pas suffire pour que ses frères changent d’avis, il faut une preuve supplémentaire, quelque chose de bien plus spectaculaire, quelque chose qui en mettrait plein la vue à tout le peuple d’Israël ! Une preuve tellement irréfutable et grandiose que plus personne ne se détournerait de Dieu et que tous changeraient d’attitude. L’homme riche réfléchit… quelle preuve apporter à mes frères… Une résurrection ! J’ai trouvé ! Si quelqu’un revient de la mort, alors cela devrait suffire pour que tous se tournent vers Dieu. Une résurrection et hop, le problème de l’incrédulité est réglé. Cette idée de résurrection, l’homme riche va la proposer deux fois de suite à Abraham, mais Abraham ne va pas l’exaucer deux fois de suite : « S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite. » (Luc 16.31) Nous devons reconnaître qu’Abraham avait raison. Les frères de l’homme riche et le monde en général sont tellement incrédules et entêtés que même une résurrection ne suffirait pas à ce qu’ils changent d’attitude. Au chapitre 11 de l’évangile de Jean, Jésus a cette fois-ci réellement ressuscité un certain Lazare (coïncidence ?) mais cela n’a servi qu’à attiser la haine des pharisiens envers Jésus. Enfin et surtout, Jésus est lui-même ressuscité trois jours après sa mort sur la croix, et cela n’a en rien changé ni l’attitude ni le cœur des pharisiens et de autres ses ennemis. Par cette parabole en Luc 16, Jésus est en train de prophétiser la future réaction des pharisiens à la suite de sa propre résurrection. « Ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite. »

Je vous avais dit que cette parabole était riche d’enseignements, je vous en propose encore un dernier ! Les frères de l’homme riche se seraient convertis s’ils avaient eu une preuve visible concernant le Royaume de Dieu. Ils n’attendraient soi-disant qu’une preuve. Nos contemporains aujourd’hui prétendent encore attendre une preuve. C’est d’ailleurs une des attaques plus récurrentes contre le christianisme. Pas de preuve ! Dans le laboratoire de l’Insa où je travaille, combien de fois ai-je entendu une telle critique ? « Paul, tu n’as rien pour prouver ce que tu avances ! » Dans vos quartiers, vos écoles et vos entreprises, combien de fois avez-vous entendu une telle critique ? Comment réagir à une telle soi-disant soif de preuve de la part de nos contemporains ? Ce texte nous apporte deux réponses. Premièrement, des preuves de l’existence de Dieu, de la fiabilité des Écritures, de la puissance de Dieu, les gens en ont déjà à travers la Création, les Écritures, l’Eglise, Christ. Christ est revenu de la mort à la vie, que leur faut-il de plus ? Deuxièmement, ce texte nous apprend que le problème de nos contemporains ne vient pas d’un manque d’informations intellectuelles et rationnelles, mais d’une véritable rébellion de leurs cœurs. Tant qu’une personne a décidée d’être incrédule dans son cœur, toutes les preuves qu’on pourrait lui apporter ne serviraient à rien. Florent Varak, pasteur à Villeurbanne, nous a raconté qu’une fois un septique était venu le voir pour lui demander des preuves concernant le christianisme. Après de longues heures de discussions toutes aussi vaines les unes que les autres, Florent Varak lui demanda : « De quelle preuve aurais-tu besoin ? D’un ange qui arrive dans ta chambre et qui se manifeste à toi ? » « Oui… pourquoi pas » répondit l’intéressé. A Florent de continuer « Si un ange se manifestait ce soir à toi dans ta chambre, te metterais-tu à genoux, demanderais-tu pardon et changerais-tu de vie en reconnaissant la Seigneurie de Christ ? » « Euh… non » répondit déstabilisé le jeune homme. A Florent Varak de conclure : « Ton problème ne vient donc pas d’une manque de preuves intellectuelles mais d’une rébellion de ton cœur ». Les cinq frères de l’homme riche tout comme nos concitoyens se cachent derrière un soi-disant besoin de preuves pour masquer le réel état de leur cœur. Que faire alors pour témoigner et les avertir malgré tout ? Allons-nous pour autant baisser les bras et ne pas obéir au commandement de Jésus qui nous dit « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28.19) ? Non, persévérons dans l’annonce de l’Evangile. Ne délaissons pas les débats. Ne cherchons pas à simplement satisfaire leur soif intellectuelle mais balayons simplement les principaux obstacles pour leur faire apercevoir la croix de Christ en toutes choses, là est leur véritable besoin. Un célèbre apologète a dit : « Défendre la foi devant le buisson de l’incrédulité, c’est enlever les quelques branches et obstacles qui permettent de voir à travers pour apercevoir la croix de Jésus-Christ » Enfin, prions pour nos contemporains, seul l’Esprit est capable de toucher leur cœur et de les convaincre de péché (Jean 16.9-11). Prions sans relâche pour nos familles, nos amis, nos collègues et nos voisins, les choses ne pourront pas évoluer sans la prière. Avertissons les plus entêtés de la nécessité du salut par la foi en Jésus-Christ, voilà ce que vient aussi nous rappeler cette parabole de l’homme riche et de Lazare.

● Conclusion : Dès aujourd’hui !

Ma conclusion sera une exhortation à mettre tout cela en pratique dès aujourd’hui, dès maintenant. Dans cette parabole, le temps avance avec l’impossibilité de faire demi-tour et de changer le passé. Le temps avance de manière froide et inexorable. Seul Dieu est en dehors de temps, nous nous en sommes prisonniers et un jour il sera trop tard. Pour reprendre quelques paroles du film Gladiator, le jour de notre mort, ce que nous aurons été dans notre vie résonnera alors définitivement dans l’éternité. Ce n’est pas avec plaisir que je dis cela mais cet avertissement est omniprésent dans cette parabole. Comme dans un film à suspense, le temps avance inexorablement et on ne peut rien y faire.

Pour ceux qui parmi nous n’ont pas encore accepté Christ dans leur vie, cette parabole est un appel urgent à se tourner dès aujourd’hui vers Christ. « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » (2 Corinthiens 6.2). Faites la paix avec Dieu, et cela dès aujourd’hui ! Nous ne savons pas de quoi notre vie sera faite demain. Et un jour, « Il y aura un grand abîme entre nous et vous, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de chez vous vers nous, ne puissent pas le faire. » (Luc 16.26)

Mais pour nous aussi, chrétiens de Chassieu et alentours, cette parabole est aussi un appel urgent. L’apôtre Paul dit aux chrétiens de la ville de Colosse : « Avec ceux qui ne sont pas chrétiens, conduisez-vous avec sagesse, et rachetez le temps. » (Colossiens 4.5). Autrement dit, chrétiens ou non chrétiens, profitez du temps que Dieu vous laisse. Pour reprendre les grands thèmes que nous avons déjà abordés dans cette parabole, comment gérons-nous notre argent ? Quelles sont nos motivations profondes ? Accueillons-nous les pauvres et prenons-nous soin des exclus ? Notre cœur est-il prompt à la repentance ? Lisons-nous les Ecriture avec sérieux et ardeur ? Sommes-nous parfois entêtés ? Chacun de ces thèmes de la parabole est prisonnier de l’échelle du temps et nous renvoie à notre finitude humaine. Quelles que soient nos réponses à ces questions introspectives, n’oublions pas que le temps nous est aussi compté, ne tardons donc pas à nous lever pour le Seigneur, ne remettons pas à demain ce qu’il nous demande de faire dès aujourd’hui. Et cela constitue à mon égard l’encouragement principal de cette parabole.

Par contre, il est vrai que cela va à l’encontre de la pensée populaire qui dit que l’avenir prendra soin de lui-même : « Pas besoin de penser à demain, il y a déjà suffisamment à faire avec aujourd’hui ». Ce chapitre de Luc 16 va à l’encontre de cette pensée populaire. La parabole de l’intendant infidèle au début du chapitre allait déjà dans ce sens et ensuite, la parabole de Lazare et de l’homme riche en remet une couche : nos choix d’aujourd’hui conditionnent notre demain, nos choix dans notre vie conditionnent notre mort et notre éternité. Non, l’avenir ne prendra pas soin de lui-même, voilà pourquoi l’apôtre Paul nous exhorte à racheter le temps. Accueillons et aidons les plus démunis, avertissons les plus entêtés de la nécessité du salut par la foi en Jésus-Christ, et cela dès aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard.

Amen.
P.L.

vendredi 15 janvier 2010

Colossiens 3.23 L'école des hommes

« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes »

Colossiens 3.23


I. Un constat : L’école des hommes n’est pas l’école de Dieu


Je vais commencer par une petite devinette. Quel est le point commun, le thème commun à ces quatre versets ?


« Applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement… ne néglige pas le don qui est en toi… Prends ces choses à cœur, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous… » 1 Timothée 4.13

« Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu… et vous le faites! Mais nous vous invitons à faire toujours plus de progrès dans ce domaine! » 1 Thessaloniciens 4.1

« Car toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu! » 2 Timothée 3.16

« Éternel fais moi connaitre tes voies, Enseigne moi tes sentiers, Conduis moi dans la vérité et instruis moi! » Psaume 25.4


Entre ces quatre versets revient le thème de l’enseignement. Dieu nous enseigne effectivement soit directement par le Saint-Esprit, soit par sa Parole révélée dans la Bible, soit par l’intermédiaire de frères et de sœurs autour de nous qui ont quelque chose à nous transmettre. Ces quatre versets nous invitent à se laisser enseigner par Dieu, à le suivre et à se laisser transformer par lui, n’est-ce pas ?


Être à l’école de Dieu est le meilleur des programmes. Il y a quelques mois quand j’étais venu parler ici un jeudi soir, je vous avais parlé de Nicodème, ce pharisien qui cherchait Jésus et qui avait osé changer. Nous l’avions découvert au Jean 3 en enquêteur prudent pour le retrouver en confesseur convaincu en Jean 19, que de changement ! Il avait changé. En effet, chercher Dieu, c’est accepter de changer. Cela, Nicodème l’avait bien compris et cela se voit tout particulièrement dans Jean 3 quand il pose des questions à Jésus. En buvant les réponses de Jésus, Nicodème se laisse enseigner et façonner. Se laisser enseigner par Dieu, être à l’école de Dieu, c’est vraiment le meilleur des programmes pour les disciples que nous sommes…


Néanmoins, force est de constater qu’au quotidien, nous sommes plus à l’école des hommes qu’à celle de Dieu. En moyenne, nous sommes 1800 minutes par semaine à écouter un professeur nous parler de science du langage ou de géophysique, alors que nous ne sommes que 45 minutes par semaine à l’écoute d’un prédicateur ou d’un pasteur. L’école de Dieu a beau être le meilleur des programmes, nous sommes au final principalement à l’école des hommes, que cela soit à l’université Claude Bernard, à l’INSA, à l’IUT de mécanique ou d’informatique ou soit dans une entreprise pour laquelle nous travaillons déjà. Un programme guère moins réjouissant que l'école de Dieu !


Pourtant à première vue, on pourrait dire que ces deux écoles ne sont pas bien éloignées l’une de l’autre. L’école des hommes est là pour nous apprendre les bases de mathématique, d’orthographe, de géographie pour mieux comprendre notre monde afin d’y exercer un métier. L’école de Dieu nous apprend les bases de la vie spirituelle pour nous apprendre à mieux connaître et aimer notre Dieu, garder ses commandements et servir notre prochain.


Par contre, l’avantage avec l’école de Dieu, c’est que toutes les matières sont utiles un jour ou l’autre au quotidien. Ce que nous apprenons de Dieu, cela servira toujours un jour ou l'autre. Et que nous ne croulons pas sous les différents manuels scolaires, la Bible nous suffit pour nous enseigner (2 Timothée 3.16) ! De plus, au lieu d’avoir un professeur ou un supérieur qui dit « fais ce que je dis, pas ce que je fais », nous avons Jésus, le parfait exemple, celui qui enseigne et qui montre l’exemple. « Mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère! » (Matthieu 11.30). Puis, autre grande différence entre l’école des hommes et celle de Dieu, si les examens servent à vérifier le niveau du cerveau des étudiants afin de les classer et de les comparer, les épreuves que Dieu laisse nous atteindre servent à éprouver notre cœur et nous faire progresser dans notre foi, jamais pour nous éliminer ou nous enfoncer mais pour progresser (1 Thessaloniciens 4.1) Et Dieu nous promet que les examens qu’il nous fait passer ne sont jamais au delà de nos forces : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces… Mais avec la tentation, il vous donnera aussi les moyens d’en sortir. » (1 Corinthiens 10.13) Dernière grande différence, si l’école est obligatoire en France jusqu’à 16 ans, Dieu nous enseignera toute notre vie, nous en aurons jamais fini de découvrir la grandeur, la bonté, la fidélité et la puissance de notre Dieu ! L'école des hommes est tellement éloignée de l'école de Dieu...


II. Une objection : le travail a été voulu par Dieu


Arrivés à ce stade, nous pourrions nous dire que, puisque l’école de Dieu est si loin de celle des hommes, Dieu doit sûrement à nous appeler à s’éloigner à tout ce qui ressemble à une école ou à un travail pour qu’on puisse se consacrer à 100% à son école à lui. Cette tentation de fuir le réel et le matériel pour se réfugier dans le spirituel, cette tentation dite contemplative ne date pas d’aujourd’hui, les Ermites et les moines y ont succombé dès les premiers siècles. Il n’aura pas fallu attendre que les quelques étudiants que nous sommes commencent à stresser l’approche des examens de janvier 2010 pour que naisse cette tentation de fuir et de s’enfermer je ne sais où. Faut-il alors fuir l’école des hommes pour se réfugier à l’école de Dieu ? Doit-on dénigrer notre travail et nos études pour ne se concentrer que sur la Parole de Dieu ? Je ne parle pas de ceux qui fuient leur études pour se réfugier dans leur dernier jeu informatique ou autre page Facebook, le débat serait tout autre… ;) Comment se positionner en tant que chrétiens face à nos études ou notre travail ? Nos études et notre travail sont-ils des bénédictions ou des malédictions ? Que dit la Bible à ce sujet ? Cette question est d'une actualité d'autant plus brûlante que la plupart d'entre vous sont en examens ce mois de janvier, n'est-ce pas ?


La Bible nous apprend que le travail a été institué par Dieu lui-même, et cela avant la chute, c’est pour dire ! « Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. [...] L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. » (Genèse 2.5;15) D'après ce passage fondateur, le travail n'est pas une option mais est une nécessité voulue par Dieu. C'est une activité saine qui est nécessaire pour l'humain. Dans la même idée se trouve le proverbe: « Le paresseux ne rôtit pas son gibier, mais le précieux trésor d'un homme, c'est l'activité. » (Proverbes 12.27) L'apôtre Paul nous dit même: « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus ! » (2 Thessalonciens 3.10).


Il est intéressant de remarquer qu'après la chute toujours en Genèse 3, Dieu ne maudit ni l'humain ni le travail, mais le sol: « …le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3.17-19). Le péché – ou la désobéissance à Dieu – n’a pas diminué la valeur du travail; il a juste rendu le travail plus dur. Connaissez-vous l'origine étymologique du mot travail ? Cela vient du latin tripalium, un instrument de torture utilisé contre les esclaves rebelles, je vous passe les détails morbides. Cette étymologie assimilant travail et torture, même si elle correspond parfois bien à notre quotidien, est contraire à la position biblique qui valorise le travail. Ni idolâtré, ni méprisé, le travail est d’abord reconnu comme une manière de gagner sa vie en prenant sa part du labeur collectif dans la société. Jésus a travaillé comme charpentier (Marc 6.3). et Paul est fier de vivre du travail de ses mains (Actes 20.34). Un peu de culture pour finir, voici une citation extra-biblique qui valorise aussi le travail, c'est Voltaire qui écrit dans sa conclusion de Candide: « Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin ». Bon, ne noircissons pas le tableau, des vacances, cela fait pas de mal non plus de temps en temps !


Les études et le travail sont de plus importants car tout deux offrent premièrement des possibilités de témoignage et d'évangélisation que nous n'aurions pas si nous resterions enfermés dans nos églises et nos camps chrétiens. Deuxièmement, tout deux permettent de nous équiper et de nous apprendre des compétences et des talents que nous saurons ultérieurement mettre au service de nos églises. L'église a avant tout besoin de chrétiens fervents ancrés dans la Parole de Dieu, mais aussi de comptables, d'ingénieurs, d'animateurs, d'informaticiens, de cuisiniers, de gestionnaires. Aucun don n'est supérieur à un autre mais tous sont nécessaires au sein d'un même corps pour servir un même Seigneur. Et c'en est travaillant, en se apprenant, en étudiant que nous monterons au monde que christianisme ne rime pas avec obscurantisme et infantilisme. La foi chrétienne fait pleinement appel à la responsabilité et à l’intelligence de l’homme, montrons le autour de nous.


Néanmoins, si la pensée chrétienne valorise le travail, elle ne verse pas pour autant dans la naïveté. L’Écriture est pleine d’ouvriers frustrés de leur salaire (Jérémie 22.13 ; Jacques 5.4), d’esclaves condamnés aux travaux et aux coups pour qui elle demande justice. Dans l’Exode, la libération donnée par Dieu se dit dans la libération du travail aliénant, le travail peut être pénible, cela va dans le sens de Genèse 3 après la chute! Le sabbat, jour de repos après six jours travaillés fixé par le Décalogue, pose aussi des limites temporelles au travail, l’empêchant de devenir le tout de l’existence humaine. Toujours un peu de culture pour finir, voici une citation extra-biblique qui pose aussi certaines limites au travail, c'est le pape Jean-Paul II qui a dit lors de l'un de ses traités: « Le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail ».


Au tout début, nous avons vu que l'école des hommes est très loin de l'école de Dieu. C'est un constat: le Père, le Fils et l'Esprit sont de biens meilleurs professeurs que ceux qui vont nous corriger les examens de ce mois de janvier 2010. Faut-il pour autant fuir le travail, les études et le monde pour ne se consacrer qu'à des choses spirituelles? N'avons nous qu'à chercher le royaume de Dieu de manière spirituelle pour que toutes choses nous soient données en plus, y compris un joli diplôme universitaire tombé du ciel ? Non, nous avons vu que la Bible a une position bien plus nuancée sur le travail et les études. Le travail comme participation à la vie collective de la société et les études comme compréhension et connaissance de la Création sont présentés tout deux comme des responsabilités nécessaires que Dieu a voulu dès le commencement. Même après la chute, le travail n'est pas maudit, il est juste rendu plus difficile pour l'homme. Ni méprisés, ni idolâtrés, le travail et les études doivent être ainsi considérés à leur juste place à la lumière de la Bible, c'est ce que nous venons de faire.


III. Une perspective : Honorer Dieu dans ses études et dans son travail.


Maintenant, je sais que la plupart d'entre vous ont des examens dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines. Je voudrais en toute humilité me permettre de vous donner quelques conseils, quelques pistes quant à cette école des hommes aussi imparfaite mais nécessaire soit-elle. En effet, la Bible a encore à nous apprendre quant à notre attitude face à notre quotidien d'étudiant ou de travailleur.


« Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de coeur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » (Colossiens 3.22-24)


Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suis pas en train de comparer les étudiants à des esclaves! Néanmoins, que ce texte qui a été envoyé concernant les relations esclaves-maîtres puisse nous encourager dans notre travail et nos études. Quand nous travaillons, quand on étudions, ne le faisons pas simplement ni le professeur qui nous donnera des examens, ni pour notre chef, ni pour nos parents qui nous financent, ni pour nous-mêmes avec notre orgueil et notre ambition. Mais faisons le pour notre Seigneur et invitons Christ à régner aussi sur cet aspect là de notre vie, nos études et notre travail. Ne cantonnons pas notre Dieu à régner simplement sur notre dimanche matin et éventuellement nos 5 minutes quotidiennes de lecture de la Bible. Si Dieu est effectivement l'Eternel, le « maître de l'univers », alors il doit aussi régner sur toute ma semaine, que ce soit le dimanche évidement, mais aussi le lundi, le mardi, le mercredi, etc. Dans un contexte certes un peu différent de celui du travail et des études, l'apôtre Paul invite les Corinthiens ne pas limiter Dieu à uniquement certains aspects: « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31). Faisons tout pour Dieu, « afin d’honorer pleinement la doctrine de Dieu notre Sauveur. » (Tite 2,10)


Pour honorer Dieu, apprenons à lui faire confiance pour notre travail et nos études. Nous avons vu que Dieu ne se désintéresse pas de ce que nous pouvons vivre à l'école des hommes. Il nous aime en entier, pas simplement notre âme et notre vie d'église. Dieu s'intéresse aussi à votre travail et à vos études. Ainsi, les versets d'encouragement et de consécration que nous pouvons trouver dans la Bible s'appliquent aussi à notre appréhension des examens ou nos difficultés à assumer une charge de travail. Par exemple, le très connu verset Psaume 37.5 concerne aussi notre vie à l'université ou dans l'entreprise: « Recommande ton sort à l’Eternel, mets ta confiance en lui, et il agira ». Dans un registre un peu moins connu mais tout aussi approprié, connaissez-vous Proverbes 3.5: « Confie-toi en l'Eternel de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ton intelligence! Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits. » C'est un comble de ne pas chercher à s'appuyer que sur notre propre intelligence pour les examens qui arrivent en janvier, mais croyons en la Bible et appuyons nous aussi sur la fidélité, la souveraineté et la puissance de Dieu.


Par contre, à l'instar de certains de nos camarades ou collègues, n'ayons pas une ambition démesurée et un orgueil outrancier, ne faisons de notre travail une nouvelle idole, n'attendons pas que tout tombe du ciel sans rien faire, n'ayons pas peur d'avoir à transpirer parfois, ne soyons pas toujours en train de nous plaindre mais apprenons le contentement, respectons et aimons nos collègues, prions avant et après nos journées de travail, restons ancrés dans la Bible, Parole de Dieu donnée aux hommes, saisissons les occasions de témoigner de notre foi (1 Pierre 3.15), utilisons avec sagesse l'argent de notre salaire, obéissons à nos professeurs ou supérieurs mais obéissons avant tout à Dieu, le maître de l'univers et le maître de nos vies.


Ayons une telle attitude, nous honorerons Dieu à travers nos études et notre travail. Que nous réussissions ou que nous ayons faire face à des échecs, nous aurons fait notre part du boulot si j'ose dire. Nous aurons rendu gloire à Dieu dans tout ce que nous aurons fait, c'est ce qui est le plus important. Après, le fait que nous réussissions ou pas, que la mayonnaise prenne ou pas, cela ne dépend pas de nous, soyons en paix, Dieu guide toutes choses. Que nous nous épanouissions ou pas, que nous aimions nos études et notre travail ou pas, veillons simplement à honorer Dieu par notre attitude en toutes choses. Pour le reste, Dieu guide toutes choses, soyons en paix. Sachez que je dis cela en toute modestie car cela fait plus d'un mois que je suis bloqué dans mes travaux de recherche et que j'ai pas forcement la pêche chaque matin en me levant pour aller travailler, demandez à Eléonore. Néanmoins, jour après jour, je m'accrocshe, cherchant à honorer Dieu que je sois à son école ou à celle des hommes. Voilà en toute modestie l'encouragement que je voulais vous transmettre ce soir, et je propose que l'on puisse maintenant en petits groupes s'encourager les uns les autres pour notre travail, pour nos études, pour nos examens. Mettons-nous en petits groupes de 3-4 et partageons, encourageons-nous et prions les uns pour les autres.


P.L.