dimanche 24 octobre 2010

Ephésiens 1.3 Les bénédictions en Christ

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. »

Ephésiens 1.3

· Introduction et lecture :

- Un peu comme un étudiant qui commence une année dans une classe supérieure et qui doit avant tout revoir les bases de l’année précédente, je vous propose ce matin de réapprofondir les bases essentielles de notre foi. D’ailleurs, c’est ce que l’apôtre Paul a fait dans son épitre aux Ephésiens. Avant d’aborder bon nombre de sujets, il commence par une sorte de prologue où il rappelle à ses lecteurs les bases des bénédictions qui sont les nôtres en tant que chrétiens :

- Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ!

En lui, Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ. C'est ce qu'il a voulu, dans sa bienveillance, pour que nous célébrions la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés dans le bien-aimé.

En lui, par son sang, nous sommes rachetés, pardonnés de nos fautes, conformément à la richesse de sa grâce. Dieu nous l'a accordée avec abondance, en toute sagesse et intelligence. Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu'il avait formé en Christ pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l'autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre.

En lui nous avons été désignés comme héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté pour servir à célébrer sa gloire, nous qui avons par avance espéré dans le Messie.

En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Evangile qui vous sauve, en lui vous avez cru et vous avez été marqués du sceau du Saint-Esprit qui avait été promis. Il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s'est acquis pour célébrer sa gloire.

Ephésiens 1.3-14


· 1. Contexte:

- Excusez-moi, je ne vous propose pas ce matin d’étudier ce texte, mais plutôt cette phrase pour être précis ! En effet, les versets 3-14 constituent à l’origine une seule et même phrase en grec. Soit plus de 267 mots, je les ai compté moi-même ! Bon d’accord, cela ne vaut pas les 858 mots de Marcel Proust dans son livre « Sodome et Gomorrhe », mais cette phrase des versets 3 à 14 reste néanmoins une des plus longues de la Bible ! Voilà pour l’anecdote, c’est bien la première fois que je vais prêcher autant sur une seule phrase…

- Avant de se pencher donc un peu plus sur ce passage, juste quelques éléments de contexte sur la ville, sur l’église et sur l’épitre. Ephèse est une ville située en Asie Mineure, tout à l’ouest de la Turquie actuelle. Le culte d’Artémis était au cœur de la cité. Ce culte était tel que quand l’apôtre Paul a commencé à prêcher l’Evangile dans cette ville en Actes 19-20, les artisans et fabricants de statuettes et d’idoles ont commencé à avoir peur pour leur fond de commerce, ce qui déboucha même sur une émeute. L’enseignement de Paul a néanmoins été efficace et une église a pu y être créée. On retrouve la trace de cette église logiquement dans l’épitre du jour mais aussi dans 1 Timothée où Timothée est alors responsable à Ephèse. Enfin, nous retrouvons une dernière fois la trace de l’église d’Ephèse dans l’Apocalypse avec la première des lettres aux sept églises. Par l’intermédiaire de l’apôtre Jean dans Apocalypse 2, nous apprenons que cette église a su se protéger des faux docteurs mais qu’elle a abandonné son premier amour. Tout cela pour dire qu’étudier cette épitre aux Ephésiens est très intéressant de par le fait que nous ayons des éléments de contexte dans Actes, Ephésiens, 1 Timothée et Apocalypse ; c’est une des églises les plus présentes dans le Nouveau Testament.

Que dire sur cette épitre ? Rédigée dans les années 60 par Paul depuis Rome, cette épître aux thèmes assez généraux est connue pour être une lettre circulaire pour la région d’Ephèse plutôt qu’une épitre de circonstances à une communauté bien précise. Sont ici abordés seuls des grands thèmes de l’Evangile et non des réponses à des problèmes précis. Si l’épître aux Ephésiens était une lettre circulaire adressée à plusieurs églises, cela nous autorise d’autant plus à nous en approprier le contenu à nous aussi église de Chassieu !

- Cette épître commence donc par une sorte de prologue que nous avons lu en introduction. Ce prologue est parfois considéré comme un hymne que les chrétiens d’Ephèse devaient probablement chanter pour leurs cultes. Qui sait ? Quoi qu’il en soit, ce texte est un méticuleux développement du verset 3 : Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! Je vous propose d’étudier les bases et les applications de ce verset 3 afin de voir à travers les versets suivants comment le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

· 2. Les bases trinitaires de nos bénédictions

- Quelles sont les bases de toutes ces bénédictions dont nous avons déjà été bénis ? Je précise que les bénédictions dont il est sujet ici sont évidement d’ordre spirituel et non matériel. Quelles en sont les bases ? Ce texte des versets 3 à 14 pourrait se découper assez facilement en quatre parties, chacune commençant par En Christ (1.4;7;11;13). En effet, si nous ne sommes pas en Christ, si nous ne lui appartenons pas, nous ne pouvons pas obtenir ces bénédictions. L’apôtre Paul s’adresse ici aux chrétiens d’Ephèse qui appartiennent à Christ et non à une foule de curieux comme il l’a fait à Athènes en Actes 17. La première question est donc de savoir si nous-mêmes sommes bien en Christ et donc pouvons considérer nôtres les bénédictions de ce passage... Si l’expression En Christ rythme notre passage, je vous propose néanmoins une autre approche mettant en relief le Dieu trinitaire. Les versets 4 à 6 parlent de l’élection du Père, les versets 7 à 10 de la rédemption du Fils et les versets 11 à 14 du sceau du Saint-Esprit. La plénitude de Dieu se trouvant dans la Trinité, c’est ici le Dieu trinitaire qui en toute logique nous a pleinement bénis !

· 2.1 Bénis par l’élection du Père (1.4-6;11)

- L’élection est un sujet qui était très cher à nos réformateurs du XVIème siècle et qui aujourd’hui encore est souvent l’objet de débats passionnés. Qui n’a jamais débattu de ce sujet un soir autour du feu ? Qu’en disent ces versets ? Le verset 4 nous indique que c’est Dieu qui nous a choisis dès la fondation du monde. De toute éternité, Dieu a élu dans sa souveraineté des hommes à qui il donnerait la foi. Dieu a choisi par avance ceux qu’il adopterait comme ses fils en Jésus-Christ. Savez-vous que déjà à l’époque romaine un fils adoptif avait exactement les mêmes droits qu’un fils naturel ? Quelle bénédiction est-ce d’avoir été adopté par Dieu ! Nous avons été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté (1.11). Ceux qu'il a prédestinés, Dieu les a aussi appelés; ceux qu'il a appelés, il les a aussi déclarés justes; et ceux qu'il a déclarés justes, il leur a aussi accordé la gloire. (Romains 8.30). Si aujourd’hui nous appartenons à Dieu et nous le suivons, le mérite ne nous revient pas. Dieu nous avait choisi et élu avant que nous existions et avant même la création du monde. Toutes les bénédictions dont parle le passage du jour prennent source dans l’élection du Père.

Pour rebondir sur le week-end de rentrée il y a deux semaines, plusieurs d’entre nous ont donné leur témoignage. Nous avons la plupart du temps commencé nos récits lorsque nous étions enfants ou adolescents. Pour être plus précis et conforme au texte du jour, nous aurions du entamer notre témoignage par notre élection à la fondation du monde ! Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi - et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu - Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. (Ephésiens 2.8-9) Que personne ne s’enorgueillisse d’être chrétien mais que tous rende gloire à Dieu pour sa grâce et son amour !

- Devant l’appel de Dieu, nous ne pouvons pas dire oui par nous-mêmes, seul Dieu peut nous l’accorder par grâce. Par contre, nous pouvons dire non et en sommes alors responsables… « On ne peut dire oui mais on peut dire non », disait Saint Augustin. Il est difficile de comprendre tout cela pour nos petits esprits limités… mais ce passage n’est pas un texte de doctrine mais bel et bien un texte de contemplation devant la grandeur et l’amour de Dieu ! Quelle bénédiction merveilleuse est-ce d’avoir été choisi par Dieu pour lui appartenir, d’avoir été adopté pour devenir saints et sans défaut devant lui ! (1.4) Si le thème de l’élection du Père est omniprésent dans ce prologue d’Ephésiens, ce n’est pas pour nous embrouiller mais avant tout pour nous encourager à adorer Dieu avant d’autant plus de force et d’ardeur, nous y reviendrons plus tard.

- Toutes les bénédictions dont parle le passage du jour prennent source dans l’élection du Père. Puis elles prennent effet dans la rédemption du Fils.

· 2.2 Bénis par la rédemption du Fils (1.7-10)

- La rédemption est un thème assez familier aujourd’hui dans nos églises, il est vrai que la Sainte-Cène est là pour nous le rappeler dimanche après dimanche ! La doctrine de la rédemption fait écho au rachat d’un esclave en vue de la liberté. Nous étions tous pécheurs et dans ce sens esclaves du péché. Jésus dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, toute personne qui commet le péché est esclave du péché. (Jean 8.34) Ces mots sont durs mais ce sont les paroles mêmes de notre Seigneur concernant la condition humaine ! Mais nous avons été rachetés de cette situation misérable. Par son sang (1.7), c'est-à-dire par sa mort sur la croix, Jésus a payé le prix de notre libération, il a payé le prix de notre liberté. Quelle bénédiction extraordinaire d’avoir un Maître qui a donné sa vie pour nous ! Quelle joie d’avoir gouté au pardon divin ! Sa grâce, Dieu ne nous l’a pas accordé avec parcimonie, telle un cuisinier qui dose prudemment les épices dans sa marmite. Non, Dieu nous a accordé la richesse de sa grâce avec abondance (1.8). Passer de la mort à la vie, comment peut-il exister une plus grande bénédiction ? Pour créer le monde, Dieu n’a eu qu’à parler. Par contre, pour racheter les hommes, Dieu a du mourir et offrir son propre fils en sacrifice. Dans l’Ancien Testament, Dieu avait déjà montré que le péché ne pouvait être enlevé sans sacrifice, Dieu a ici surpassé ses propres exigences en offrant ce qu’il avait de plus cher, son propre et unique fils. Comment peut-il exister une plus grande bénédiction ? Qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ?

Il y a quinze jours le monde entier assistait au sauvetage des 33 mineurs chiliens, ils remontaient alors un par un sous les yeux de caméras de milliers de journalistes. Je suis sûr que vous avez tous au moins vu une vidéo de cette opération hors du commun ! Tout content d’avoir autant de caméras et de micros devant lui, le président chilien, M. Sebastián Piñera, a alors affirmé sa fierté devant cette opération qu’il a estimé « sans comparaison dans l’histoire de l’humanité ». Tout en me réjouissant du sauvetage de ces 33 mineurs, je me dis que tout cela est bien pâle par rapport à un autre miracle sans comparaison dans l’histoire de l’humanité, le sauvetage de millions d’hommes et de femmes lorsque Christ est mort et ressuscité aux yeux du monde de l’époque ! Nous étions bien plus bas que 700 mètres sous terre ! Notre pardon et notre rédemption sont de thèmes qui nous sont chers et nous avons raison, ne cessons pas de nous en émerveiller.

- Mais l’œuvre du Christ ne se limite pas à la croix de Golgotha car Dieu nous a aussi fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu'il avait formé en Christ pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l'autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre. Ce verset 10 renferme lui aussi un véritable trésor ! Entre le règne dans lequel Jésus est déjà rentré et entre celui qui lui est réservé pour l’éternité, ce verset 10 est un mélange de « déjà et pas encore » qui fait appel à des notions eschatologiques que nous nous gardons bien d’aborder ce matin ! On a déjà évoqué l’élection du Père, on a déjà rempli les quotas de sujets difficiles pour ce matin ! Quoi qu’il en soit, ce verset nous rappelle un autre hymne de l’apôtre Paul, celui qu’il écrit aux Philippiens où il leur rappelle pourquoi Dieu a élevé Christ à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 2.9-11) Aurions-nous parfois oublié quelles sont la grandeur et la majesté de notre Maître dès aujourd’hui et dans l’éternité ?

- Dans l’ensemble, ce texte d’Ephésiens 1 me fait penser à encore un autre texte de l’apôtre Paul, dans Galates 4.4-6 : Mais, lorsque le moment est vraiment venu, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi afin que nous recevions le statut d'enfants adoptifs. Et parce que vous êtes ses fils, Dieu a envoyé dans votre cœur l'Esprit de son Fils qui crie: « Abba! Père! ». Oui, après nous avoir élu et nous racheté, Dieu a envoyé son Esprit dans nos cœurs. Après l’élection du Père et la rédemption du Fils, le sceau du Saint-Esprit vient compléter l’œuvre de la Trinité qui nous a pleinement bénis.

· 2.3 Bénis par le sceau du Saint-Esprit (1.13-14)

- Le Saint-Esprit est la troisième personne de la Trinité, la plus discrète dans nos assemblées, du moins en apparence. Depuis que Jean-Claude nous fait une série d’étude sur le thème du Saint-Esprit, nous avons sûrement désormais une vue d’ensemble de ses différents rôles et de ses différentes actions dans le monde, dans l’église et dans nos vies. Nous savons que le Saint-Esprit n’est pas simplement une chose, un souffle mais une véritable personne, la troisième personne de la Trinité, Dieu lui-même ! Mais le but de ce matin n’est donc pas de revoir tout ce que nous a appris Jean-Claude sur le Saint-Esprit, je vous rassure !

Concernant ce vaste thème, le texte du jour apporte l’idée du sceau du Saint-Esprit (1.13). On retrouve la même idée ailleurs dans la Bible : Dieu nous a aussi marqués de son empreinte et a mis l'Esprit comme un gage dans notre cœur (2 Corinthiens 1.22). Le sceau est la marque qu’un roi ou un marchand posait sur ce qu’il lui appartenait pour le certifier et l’authentifier. Concernant le Saint-Esprit, le mot sceau apporte les notions de sécurité, d’approbation, d’authentification, de témoignage véritable, d’appartenance. Le Saint-Esprit vient sur nous pour authentifier notre salut, quelle bénédiction de recevoir une telle sécurité ! Le Saint-Esprit, Jésus lui-même l’avait promis à ses disciples dans Jean 15. Et il avait ensuite précisé qu’Il vaut mieux pour vous que je m'en aille. En effet, si je ne m'en vais pas, le défenseur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai (Jean 16.5). Jésus lui-même affirme qu’il était préférable qu’il parte afin que l’on puisse bénéficier de la présence du Saint-Esprit ! Quelle bénédiction époustouflante est-ce alors d’avoir sur soi le sceau du Saint-Esprit, le sceau de Dieu lui-même ! Que nous faut-il de plus ?

- Nous apprenons aussi qu’il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s'est acquis pour célébrer sa gloire (1.14). Le Saint-Esprit est donc aussi le gage et le premier versement de notre héritage. Cet été, si nous sommes partis en vacances, nous avons tous du verser un acompte pour réserver notre lieu de vacances. Vous savez tous qu’une fois qu’on a versé cette somme, il est désormais impossible de faire chemin arrière ! Avec les vacances, il faut malheureusement après encore verser des sous. Heureusement avec Dieu, le Saint-Esprit n’est que l’acompte de ce qui nous est promis, laissant ainsi présager des bénédictions encore plus grandes pour ceux que Dieu a racheté ! Le Saint-Esprit n’est qu’un avant-goût de la libération qui nous attend. La libération dont parle le verset 14 n’est pas la libération de la culpabilité du péché, celle-ci a déjà été acquise à la croix par la rédemption du Fils, nous l’avons vu au verset 7. La libération dont il est ici question est la libération ultime dans l’éternité, la libération dont même l’apôtre Paul a du mal à la décrire précisément. En 1 Corinthiens 15.53-56, il dit simplement qu’Il faut en effet que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité. […] Alors s'accomplira cette parole de l'Ecriture: La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon? Enfer, où est ta victoire? L'aiguillon de la mort, c'est le péché; et ce qui donne sa puissance au péché, c'est la loi. Mais que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! Quel mystère et quelle espérance ! Ce prologue d’Ephésiens se finit donc avec un bref aperçu de l’éternité pour nous rappeler aussi l’espérance éternelle qui est la nôtre. Si l’apôtre Paul n’a cessé de dire ici que Dieu nous a bénis, que toutes les bénédictions dont il parle nous sont déjà acquises, que tout est accompli (Jean 19.30), il finit néanmoins ce texte contemplatif par un mot d’espérance et un rappel que l’éternité nous réserve encore bon nombres de surprises et de bénédictions en sa présence !

- Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ! (1.3). Nous venons de voir comment Dieu nous a pleinement bénis en l’œuvre triple de la Trinité. Nos bénédictions prennent source dans l’élection du Père, prennent effet dans la rédemption du Fils et prennent corps avec le sceau du Saint-Esprit. Oui, le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis. Aurions-nous parfois oublié à quel point Dieu nous a bénis et combien c’est extraordinaire et merveilleux qu’il soit dans nos vies ? Qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ?

· 3. Les applications pratiques à la suite de ces bénédictions

Il était important de redécouvrir à travers ce texte en quoi Dieu nous a pleinement bénis. Néanmoins, il est bien beau d’avoir redécouvert cela d’un point de vue théorique, il faut désormais que la pratique suive ! Pour cela, je vous propose trois petites applications pratiques à la suite de l’étude de ce texte d’Ephésiens 1.3-14. Il nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

· 3.1 Bénis pour l’adorer

- Si Dieu nous a tant bénis, c’est pour qu’on l’adore et célèbre sa gloire. Les trois passages sur le Père, sur le Fils puis sur le Saint-Esprit finissent tous par la même expression : pour célébrer sa gloire (1.6;12;14). L’adoration est la première application pratique de ce passage. Toutes les bénédictions que nous venons de revoir ne doivent pas simplement nous conduire à nous dire en nous-mêmes « c’est chouette ». Elles doivent surtout nous faire tomber à genoux aux pieds de notre Maître pour l’adorer de toute notre force, de toute notre pensée et de tout notre cœur. L’heure est déjà là où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père (Jean 4.23).

Je pense que l’adoration peut être plus forte que la louange de nos chants le dimanche matin. J’ai - en partie - redécouvert ce qu’est l’adoration dans un livre que j’ai lu dernièrement « Les cris du cœur » de Ravi Zacharias. L’auteur montre à l’aide du texte de Malachie 1 qu’on ne peut pas adorer sans aimer, qu’on ne peut pas adorer sans le respecter et l’honorer, qu’on ne peut pas l’adorer sans apporter de sacrifices. Et sur ce dernier point, celui qui est d’ailleurs le plus d’ordre pratique, voilà quelques questions qu’il nous pose quant à notre réelle adoration : « Lui donnons-nous le meilleur de notre temps ? Lui donnons-nous le meilleur de nos forces ? Lui donnons-nous le meilleur de nos pensées ? Lui donnons-nous le meilleur de nos biens matériels ? Lui donnons-nous le meilleur de nos ambitions et nos projets personnels ? Ou bien est-ce au monde que nous réservons ce que nous avons de meilleurs, et à Dieu les restes ? » (Page 239). Oui, une vraie adoration nous coûte, mais au vu de tout ce dont Dieu nous a bénis, comment pourrions-nous faire autrement ? Individuellement comme en église, le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour qu’on puisse l’adorer. La balle est dans notre camp !

· 3.2 Bénis pour le suivre

- La deuxième application pratique que je vous propose est celle de la confiance à travers tout ce que la vie peut nous faire traverser. Ce passage nous montre combien Dieu est souverain, comment il contrôle tout et est acteur de l’Histoire et non spectateur. Dieu a choisi… conformément à son plan qu’il avait formé… conformément aux décisions de sa volonté… Devant un Dieu si grand et si puissant, comment pourrions-nous appréhender de le suivre avec confiance ? Quand notre vie semble chaotique, restons confiants et suivons le en nous rappelant que Jésus est le Seigneur et que Dieu a la maîtrise de tout. L'Eternel est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur? L'Eternel est le soutien de ma vie: qui devrais-je redouter? (Psaume 27.1)

- Pour illustrer cette deuxième application pratique sur la confiance, laissez-moi vous lire un extrait du Fil Rouge de Portes Ouvertes d’il y a un mois. Au Népal, les églises chrétiennes sont actuellement l’objet de nombreuses persécutions de la part non des autorités mais de la population elle-même. Des chrétiens sont attaqués physiquement et verbalement, et des pasteurs ont même reçus des menaces de mort. Que faire dans cette situation difficile ? Pour le pasteur Ishwor Pudasaini, la solution est avant tout divine : « Ma foi m’enseigne à tendre l’autre joue et à aimer mes ennemis. Je prie pour qu’un jour, tout mon village connaisse Jésus, mais je sais qu’il me faut être patient ». Voilà un bel exemple de ce qu’est la confiance en Dieu. Il nous a pleinement bénis pour qu’on puisse le suivre. De nouveau, la balle est dans notre camp !

· 3.3 Bénis pour le servir

- Enfin, pour un dernier point pratique, Dieu nous a pleinement bénis pour qu’on puisse le servir. Oui, nous sommes appelés à servir Dieu. En lisant ce texte, nous pourrions nous sentir petits devant la grandeur de Dieu. Dieu semble si souverain et si puissant dans ce passage qu’on semble alors si petit qu’on finit par se croire insignifiant et inutile. Puisque Dieu est maître de tout, quelle est alors ma responsabilité de mon côté ? Il est parfois difficile de ne pas confondre souveraineté de Dieu et paralysie humaine… mais cette question est légitime ! En tant que chrétien, quelle est alors ma responsabilité dans le plan de Dieu ?

La souveraineté et la puissance de Dieu ne nous paralysent pas mais au contraire nous apportent la force nécessaire pour mieux le servir. Puisque notre statut de croyants ne dépend pas de nous mais de Lui, nous sommes alors tous aptes au service et personne ne peut se décréter pas suffisamment qualifié pour cela ! Aussi douée une personne puisse être dans un domaine, ce ne sont pas ses dons et ses forces qui lui permettent de servir Dieu, mais c’est la grâce de Dieu qui le lui permet. Quelles que soient mes capacités ou mes faiblesses, je suis apte au service uniquement par la grâce de Dieu, puisque mon statut de croyant dépend de Lui et non de moi. Au lieu de nous paralyser et de nous anesthésier, Dieu nous libère de toute crainte pour le servir de tout notre être. Tout à l’heure, nous avons lu le passage de 1 Corinthiens 15 qui disait Mort, où est ton aiguillon ? Que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! Savez-vous quel est le verset suivant ? Ainsi, mes frères et sœurs bien-aimés, soyez fermes, inébranlables. Travaillez de mieux en mieux à l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas sans résultat dans le Seigneur (1 Corinthiens 15.58). La souveraineté de Dieu, cela veut aussi dire qu’il y a tant de bonnes œuvres que Dieu a préparé à l’avance afin que nous les pratiquions (Ephésiens 2.10). Oui, devant la grandeur du plan de Dieu, nous ne sommes ni paralysés ni anesthésiés mais libérés, le Dieu trinitaire nous a en effet pleinement bénis pour le servir. Encore une fois, la balle est dans notre camp !

· Conclusion et résumé

- En conclusion, je souhaiterai simplement synthétiser ce que nous venons de voir à propos de ce beau texte d’Ephésiens 1.3-14. Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! Quel beau verset ! Dieu nous a pleinement bénis, qu’y-a-t-il que nous n’ayons pas reçu en Christ ? Nous avons tendance parfois à oublier à quel point les bénédictions spirituelles que Dieu nous a données sont précieuses et merveilleuses. Ces bénédictions prennent source dans l’élection du Père, prennent effet à la rédemption du Fils et prennent corps dans le sceau du Saint-Esprit. Nous avons survolé chacun de ces trois grands thèmes qui mériteraient tous plus d’une prédication un dimanche matin ! Que Dieu nous donne soif d’étudier ses thèmes, qu’il nous donne de le chercher, de le connaître et de s’imprégner de toute la richesse de sa Parole. Nos vies ne pourront en être que fortifiées et transformées.

- Nous avons aussi vu que toutes ces bénédictions nous ont été données dans un but bien précis, celui de célébrer sa gloire. Ce terme un peu abstrait peut devenir très pratique quand on le comprend en tant qu’adoration. S’il n’y a effectivement rien que nous n’ayons reçu en Christ, c’est pour qu’on le puisse l’adorer individuellement et en église. De même, ce texte nous invite à suivre Dieu avec confiance tant il est puissant et tant il a la maîtrise de tout. L'Eternel est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur ? (Psaume 27.1) Enfin, devant la souveraineté de Dieu, nous ne sommes pas paralysés mais libérés de toute crainte, et nous pouvons alors le servir avec amour et ardeur. Le Dieu trinitaire nous a pleinement bénis pour que l’on puisse l’adorer, le suivre et le servir.

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! (1.3)

Amen.


P.L.

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