jeudi 5 novembre 2009

Jean 3.2 Chercher Dieu

« Nicodème vint de nuit trouver Jésus»

Jean 3.2

· Introduction


Nous sommes aujourd’hui dans une société où tout le monde cherche au moins quelque chose, n’est-pas ? Les politiques cherchent la bonne santé du pays, les financiers cherchent les profits à la bourse, les médecins cherchent un vaccin contre la grippe A, les chercheurs cherchent des nouvelles équations, les sportifs cherchent comment améliorer leurs performances, les étudiants cherchent comment limiter la casse à l’examen du lendemain matin, les diplomates cherchent la paix au Proche-Orient, les mamans cherchent à éviter que l’aîné tape trop fort sur la cadette, les écureuils cherchent des noisettes avant que l’hiver arrive… tout le monde a quelque chose à chercher au quotidien. Et les chrétiens, que cherchent-ils ? Ils cherchent Dieu évidement ou du moins sont censés chercher Dieu, je me trompe ?

Chercher Dieu, c’est autour de ce thème que nous allons nous pencher ce soir. C’est assez vaste comme sujet, je vous propose donc trois questions sur lesquelles réfléchir ce soir. Premièrement, qu’est ce que cela signifie ? Que veut dire « chercher Dieu » ? Deuxièmement, pourquoi chercher Dieu ? Pour quelles raisons ? Troisièmement, comment chercher Dieu ? Quelle attitude avoir ? Ce sera ce troisième point qui sera au cœur de notre réflexion. Et tout au long de ces trois points, j’aurai besoin de vous à plusieurs reprises pour quelques brainstormings, je compte sur vous.


· 1. Que veut dire « chercher Dieu » ?


Chercher Dieu est une belle expression mais à premier abord elle peut sembler énigmatique. Dites à un de vos amis que vous êtes en train de chercher Dieu et il aura du mal à vous imaginer ! Alors commençons par le commencement, essayons de donner une définition à cette expression « Chercher Dieu ». J’ai essayé de chercher avec Google ce que cela pouvait bien signifier et je ne suis tombé sur rien de convaincant. (Brainstorming n°1)

Je pense que cela signifie plusieurs choses. Avant tout, cela signifie chercher qui est-il, quelle est sa nature, qu’est ce qu’il fait, qu’est ce qu’il pense, quelles sont ses caractéristiques, comment s’articulent le Père, le Fils et le Saint-Esprit… Cela paraît bête mais combien de fois nous arrêtons-nous à qu’est ce qu’il peut m’apporter à moi ?

Cela signifie aussi rechercher sa présence, sa communion, son intimité. La relation que l’on peut avoir avec Dieu est ce que nous avons de plus important, c’est la meilleure part qui ne nous sera pas retirée comme l’a dit Jésus à Marthe et Marie (Luc 10). Chercher Dieu signifie rechercher une relation avec Lui. Dieu n’est pas un concept intellectuel que l’on peut chercher avec le cerveau mais sans le cœur.

Chercher Dieu, c’est aussi chercher sa volonté, ce qu'Il veut pour nous, la révélation de sa pensée, ses paroles… tout ce qui peut nous permettre de se rapprocher de lui et de vivre à son image.

Rien de bien nouveau dans cette définition de « chercher Dieu », mais il était important de se rafraichir la mémoire et de bien avoir une vue d’ensemble de tous ces différents aspects. La recherche de Dieu passe certes par la connaissance de Dieu, mais à condition de n’oublier ni d’avoir une relation de cœur à cœur avec lui, ni d’y ajouter du discernement, de la grâce et de l’amour. Voilà pour cette première partie qui avait pour simple prétention de tous nous mettre sur la même longueur d’onde.


· 2. Pourquoi chercher Dieu ?


Qui que nous soyons, nous avons tous une bonne raison de chercher Dieu. Si nous ne connaissons rien à la religion, alors il est bon de chercher Dieu. Si nous sommes des petits chrétiens qui vivent tranquillement leurs petites vies d’église, alors il est bon de chercher Dieu. Si nous sommes des experts théologiens incollables sur la pneumatologie biblique, alors il est bon de chercher Dieu. (Brainstorming n°2)

Si tu n’y connais rien à Dieu et que c’est ce soir une des premières fois dont tu en entends parler, alors continue sur ce chemin. Tu as sûrement déjà essayé de nombreuses choses pour combler ta vie et rechercher le bonheur. En-es tu pour autant satisfait au fond de toi-même? Le philosophe Blaise Pascal a dit il y a 400 ans qu’ « il y a dans l’Homme un vide en forme de Dieu », un vide donc que seul Dieu peut combler. Je suppose que tu as déjà du voir un de tes petits frères ou sœurs jouer à ce jeu en bois où il convient de retrouver quelle forme va dans quel trou. Est-il possible de faire passer une pièce carrée dans un trou rond ? Non, pas plus qu’il n’est possible de remplacer notre besoin de Dieu au fond de nous-mêmes par quelque conque autre activité ou philosophie dans notre vie. Trouver le véritable Créateur, l’Auteur de notre vie afin de donner un sens à notre vie, ça c’est une bonne raison de continuer de chercher Dieu pour toi qui ne t’y connaît presque pas aujourd’hui !

Si tu as déjà depuis quelques années d’avoir Jésus-Christ au centre de ta vie, alors il est encore bon de continuer à chercher Dieu. Ce n’est pas parce qu’on connaît par cœur Jean 3.16 qu’on a plus besoin de chercher Dieu ! Premièrement parce qu’il est infini, donc nous ne pouvons jamais dire « j’ai cherché Dieu et ca y est je l’ai trouvé, c’est fini ». Dieu est infini, il aura toujours quelque chose à t’apprendre de plus sur lui, sur sa fidélité, sa sainteté, sa bonté et son amour pour toi. Quand y’a a plus, y’en a encore ! Combien de fois croyons-nous tout savoir alors que nous faisons de nombreux raccourcis ? C’est simple de se dire sauvé. Mais savez-vous exactement ce que la notion de salut signifie ? Quand y’a a plus, y’en a encore ! De plus, avant Jésus, il était sûrement difficile de connaitre Dieu. Mais Dieu le Père a décidé de se révéler à travers Dieu le Fils, quel privilège pour nous d’être aujourd’hui avec le recul nécessaire pour comprendre grâce à la Bible tout ce qu’il s’est passé pendant ces trois années du côté de Galilée et de Jérusalem. Jésus lui-même nous invite à se rendre compte de ce privilège : « beaucoup de rois et de prophètes auraient aimé voir ce que vous avez vu et entendre ce que vous avez entendu » (Luc 10.24). Enfin, continuer à chercher Dieu et à toujours plus enraciner sa foi est le meilleur vaccin contre la grippe A, la lettre A comme anathèmes, absurdités, bref contre les mensonges et les pièges dans lesquels nous pouvons risquer de tomber. « De cette manière, nous ne serons plus comme de petits enfants ballotés comme des barques par les vagues, emportés ça et là par le vent de toutes sortes d’enseignement, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur » (Ephésiens 4.14). Ainsi, même les plus grands théologiens doivent continuer sans de chercher Dieu pour rester accrocher à la Vérité et ainsi éviter de tomber dans les nombreux pièges qui peuvent nous guetter.


· 3. Comme Nicodème : chercher Dieu, c’est accepter de changer !


Maintenant que nous avons vu rapidement pourquoi chercher Dieu et ce à quoi cela correspond, il convient de se poser la question du comment : comment chercher Dieu ? Par quels moyens ? C’est une question essentielle et importante, c’est un peu comme la bonne recette que tout le monde attend. Si je vous décris un délicieux plat, la fameuse terrine à la crème de votre grand-mère du Périgord, que je vous fais saliver mais sans vous donner la recette, alors vous serez frustrés, n’est ce pas ? Quelle est donc la recette pour chercher Dieu ? Comment s’y prendre ?

· Ce soir, je souhaiterai avec vous s’arrêter tout particulièrement sur l’attitude à avoir quand on recherche Dieu plutôt que sur les moyens et les ingrédients nécessaires. Les ingrédients, je pense que vous vous en doutez, il s’agit de la lecture de la Bible, livre par lequel Dieu à choisi de se révéler : « Je te cherche de tout mon cœur: Ne me laisse pas égarer loin de tes commandements! Je serre ta parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi » (Psaume 119.10-11). Cela passe aussi par un dialogue avec Dieu dans la prière grâce au Saint-Esprit qui agit en nous, d’être à l’écoute de nos frères et de nos sœurs en Christ qui ont sûrement quelque chose à nous apprendre. Les moyens par lesquels Dieu parle et se laisse trouver sont nombreux : cela peut aller d’une tempête qui vient secouer nos vies comme pour Jonas (Jonas 2) ou alors d’un souffle léger qui pointe le bout de son nez un beau jour comme pour Elie (1 Rois 19).

Les ingrédients sont nombreux, je pense que vous les connaissez déjà quasiment tous. Pour en revenir à notre fameuse terrine à la crème, une fois que vous avez la recette et les ingrédients, êtes-vous d’accord pour dire que si vous avez décidé au fond de vous de ne pas réussir cette recette, alors vous la raterez à coup sur ! Si le cuisinier ne veut pas y mettre du sien, alors cela ne débouchera sur rien de bon. Il en est de même pour ceux qui cherchent ou qui disent chercher Dieu. On a beau avoir une Bible et prier de temps en temps, si je ne veux rien entendre et ne pas changer, alors cela ne sert à rien si ce n’est à me donner bonne conscience. Voilà pourquoi j’ai envie de regarder avec vous avant tout à l’attitude nécessaire quand on veut chercher Dieu de toute son âme, de tout son cœur, de tout sa force et de sa pensée. De quelle manière cherchez-vous Dieu ? Quelle ardeur et persévérance y mettez-vous vraiment?

Dans l’Ancien Testament, il y avait déjà des personnes qui cherchaient Dieu seulement du bout des lèvres tandis que d’autres le faisaient avec ardeur. D’un côté par exemple le roi Saul qui prenait à la légère les paroles que lui communiquait Dieu par l’intermédiaire de Samuel (1 Samuel 13), de l’autre côté le prophète Habakuk qui après avoir posé des questions à Dieu, restait à son poste, en haut de la tour de garde et qui veillait toute la nuit pour voir ce que l’Eternel aurait à lui répondre (Habakuk 2). Dans le Nouveau Testament, on découvre combien Jésus intriguait et attirait les foules par ses miracles et son enseignement. On venait de tout Israël pour venir le voir et l’entendre parler, Jésus a eu donc l’occasion de croiser des personnes toutes aussi différentes les unes des autres. Parmi la foule, certaines personnes venaient à lui pour espérer entendre de lui ce qu’ils voulaient entendre, tel le jeune homme riche qui espère que Jésus va lui dire de continuer ainsi (Matthieu 19), tandis que certaines venaient à lui avec une vraie soif et une vraie envie de guérison, telle la femme pécheresse et son flacon de parfum (Luc 7). Parmi les autorités religieuses, certains responsables venaient à lui pour chercher en lui une contradiction afin de le piéger, tels les pharisiens sur la question de l’impôt à César ou bien encore du divorce (Marc 12). Au contraire, certains chefs juifs virent voir Jésus avec une vraie soif de réponses et une vraie envie de changer, tel le pharisien Nicodème qui se demande si Dieu ne serait-il pas avec Jésus (Jean 3). Je vous propose de suivre de partir à la rencontre de ce pharisien appelé Nicodème pour suivre son exemple. En effet pour lui, chercher Dieu, cela veut dire accepter de changer. Alors qui est ce fameux Nicodème?


· 3.1 Chapitre 3 : un enquêteur prudent


C’est l’Evangile de Jean qui nous raconte en pointillés l’histoire de Nicodème. Selon cet Evangile, Jésus vient tout juste de commencer son ministère en appelant ses premiers disciples, André, Pierre, Philippe et Nathanaël. Sur les routes de Galilée, Jésus passe par un petit village où il fait son premier miracle avec le beaujolais nouveau de Cana. Puis Jésus se met en route pour Jérusalem où il découvre un temple envahi par les marchands, ce qui lui vaut sa première colère. Cet épisode lui vaut aussi ses premières attaques de la part des responsables Juifs qui ne comprennent pas comment il ose se comporter ainsi ! Avec un peu d’imagination, on peut s’imaginer que Jésus après cet épisode agité va se reposer dans la fraîcheur de la vieille ville où quelques curieux viennent encore et encore lui poser des questions. La nuit est tombée lorsqu’un homme s’approche tranquillement…

« Parmi les Pharisiens, il y a un homme appelé Nicodème. C’est un chef juif. Il vient trouver Jésus quand il fait nuit. Il lui dit: «Maître, nous le savons, Dieu t’a envoyé pour nous enseigner. Personne ne peut faire les signes étonnants que tu fais si Dieu n’est pas avec lui.» Jésus lui répond: «Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut voir le Royaume de Dieu, s’il ne naît pas de nouveau.» Nicodème dit à Jésus: «Comment est-ce que quelqu’un peut naître quand il est vieux? Est-ce qu’il peut retourner dans le ventre de sa mère et naître une deuxième fois?» Jésus répond: «Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, s’il ne naît pas d’eau et d’Esprit. […] » Alors Nicodème demande à Jésus: «Comment cela peut-il se faire?» Jésus répond: «Tu es un maître connu en Israël et tu ne sais pas cela! » Jean 3.1-10

(Brainstorming n°3) Nicodème arrive donc de nuit pour voir Jésus. Les pessimistes diront qu’il est venu de nuit pour ne pas être vu et reconnu ; il est vrai qu’il risquait sûrement sa place au Sanhédrin, ce corps gouvernemental juif composé de 70 membres. Le Sanhédrin dont faisait partie Nicodème était chargé par les autorités romaines de s’occuper des affaires civiles en Israël. Nicodème, membre de gouvernement et spécialiste de la loi, était si on peut dire ce qu’il se faisait de mieux à l’époque, incarnant la réussite sociale et religieuse. Alors certains diront qu’il a eu peur d’être reconnu, lui le spécialiste de la loi osant être curieux, poser des questions et boire les paroles de ce jeune « rabbin » venu de Galilée. Les pessimistes diront donc que Nicodème a eu peur et honte. Les plus optimistes diront qu’il voulait s’assurer d’avoir tout le temps nécessaire pour avoir le temps d’une vraie discussion en tête à tête avec ce Jésus, fuyant donc l’agitation du jour où Jésus était sans cesse interpelé à droite à gauche. Qui a raison ? Nous ne savons pas, l’Evangile de Jean ne nous dit pas pourquoi Nicodème est venu de nuit.

Premièrement, quoi qu’il en soit, il a pris le risque de venir lui-même, lui qui aurait pu envoyer un serviteur poser les questions à sa place. Chercher Dieu n’est pas une démarche que l’on fait par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre, cela ne concerne que Dieu et nous. Pour chercher Dieu, il ne suffit pas d’avoir un ami pratiquant, un colloc’ qui lit beaucoup de livres, un parent qui va régulièrement à l’église, un voisin qui nous lit pour nous la Bible et nous en fait le résumé. Chercher Dieu est une démarche individuelle, démarche dans laquelle des amis peuvent certes nous accompagner, mais cela reste entre Dieu et soi. N’attendez pas que quelqu’un d’autre fasse le chemin pour vous. Et cela, Nicodème l’avait bien compris, il est venu lui-même vers Jésus, tout seul; et en cela nous pouvons suivre son exemple.

Deuxièmement, Nicodème ose venir poser des questions, et cela dans un vrai état d’esprit de curiosité. Alors que tous ces collègues Pharisiens venaient à Jésus dans le but constant de le piéger et de le mettre en difficulté, lui vient avec simplement une simple soif d’apprendre et de comprendre. Une telle simplicité est d’autant plus surprenante de sa part qu’il est à l’époque considéré comme l’élite théologique de Jérusalem ! Par cette venue nocturne, Nicodème ose poser des questions malgré son étiquette de spécialiste de la loi et toute sa connaissance. Jésus lui dit d’ailleurs : « Tu es un maître connu en Israël et tu ne sais pas cela! » Pour nous aussi étudiants du XXIème siècle, il est nécessaire de s’éloigner de nos préjugés et de ce que l’on croit déjà savoir pour oser poser nos questions à Dieu. Peut-être appartenez-vous à une famille athée où il est quasi interdit de parler de Dieu ? Un groupe d’amis où les blagues sur la religion sont quotidiennes ? Nicodème aussi fait partie d’un groupe où il ne faisait pas bon d’écouter de trop près les paroles de Jésus. Nicodème a osé changer et sortir de son environnement. Chercher Dieu, cela coûte et cela est risqué. Cela demande aussi une grande humilité quand on croit déjà tout savoir, et on croit toujours en savoir plus que les autres, quel orgueil ! Redevenir un enfant qui pose les questions et écoute les réponses, cela demande une grande humilité. « Laissez les petits enfants venir à moi […] Celui qui n’accueille pas le Royaume des Cieux comme un petit enfant n’y entrera pas » (Marc 10.14-15). Et Nicodème l’a eue, c’est un exemple pour nous qui ne voulons rarement accepter d’avoir tort ou bien de devoir changer.

Troisièmement, Nicodème cherche Dieu avec persévérance, logique et ardeur. Regardons ses paroles : «Maître, nous le savons, Dieu t’a envoyé pour nous enseigner. Personne ne peut faire les signes étonnants que tu fais si Dieu n’est pas avec lui.», «Comment est-ce que quelqu’un peut naître quand il est vieux? Est-ce qu’il peut retourner dans le ventre de sa mère et naître une deuxième fois?», « Comment cela peut-il se faire? » Nicodème part de son idée de départ mais accepte les réponses de Jésus et ne reste pas campé sur ses positions initiales. Combien de fois sommes-nous têtus et refusons-nous les réponses de Dieu ? De plus, Nicodème veut comprendre, on a l’impression qu’il ne lâchera pas Jésus tant qu’il n’aura pas compris cette histoire de nouvelle naissance ! Sommes-nous aussi persévérants quand nous ne comprenons pas quelque chose au sujet de Dieu ? Enfin et surtout, il laisse la parole à Jésus, leur dialogue se transforme même en monologue, à la fin on se doute que Nicodème est encore là mais rien ne nous le dit dans le texte. Combien de fois posons-nous des questions à Dieu mais sans attendre vraiment les réponses qu’il aurait à nous donner par le Saint-Esprit ? Pour tout cela, nous avons beaucoup à apprendre de l’attitude de Nicodème qui a accepté de cheminer au fil de son entrevue avec Jésus, ce fut un enquêteur prudent mais persévérant.

Sur ce premier texte de Jean 3, Nicodème nous donne donc plusieurs bons exemples quant à la manière de chercher Dieu : en le faisant par nous-mêmes, en osant aller au delà de nos habitudes et notre connaissance, en osant sortir de notre environnement quotidien où chercher Dieu sonne ringard, et en le faisant avec persévérance et ardeur, ne nous arrêtant pas et ne nous démotivant pas à la première incompréhension mais acceptant de cheminer au fil des réponses que peut nous apporter Dieu. Par contre, il est un point sur lequel Nicodème n’est pas forcement irréprochable. Au début de la conversation, les titres « Rabbi », « Docteur », « Maître » sont certes très polis et flatteurs mais reflètent que Nicodème n’avait pas compris qui était Jésus. Nicodème étant lui-même un rabbin et un spécialiste de la loi, il commence la conversation en se positionnant à la même hauteur que son interlocuteur, comme s’il voulait parler avec Jésus de rabbin à rabbin. Quand nous cherchons Dieu, n’oublions pas que c’est Dieu que nous cherchons, le Dieu de l’Univers, de la Terre et des Cieux, le Dieu trois fois Saint, le Dieu Vivant, celui qui est éternel et infini. Ce n’est pas un simple concept philosophique que nous pourrions essayer de faire évoluer. Dieu est bien supérieur à nous, ne l’oublions pas. Donc c’est à nous à s’adapter à Lui et non l’inverse. Combien de fois nous nous imaginons changer Dieu pour lui faire dire ce qu’on a envie qu’il dise ? Non, nous ne serons jamais à la même hauteur que Dieu. Heureusement, Nicodème a su évoluer au fil de la conversation, et son attitude d’écoute et sûrement d’admiration nous fait supposer qu’à la fin de l’histoire Nicodème ne considérait plus Jésus comme un simple rabbin aussi béni soit-il. En effet, chercher Dieu, c’est accepter de changer.


· 3.2 Chapitre 7 : un avocat diplomate


Quelques chapitres plus tard, au chapitre 7, nous retrouvons Nicodème à Jérusalem lors de la fête des tentes, célébration de la bonté de Dieu pendant l’errance du peuple dans le désert. Jésus fait parler de lui à Jérusalem, tout le monde a son avis à dire le concernant : la foule, les gardes, les responsables juifs, le Sanhédrin…

« Alors les Pharisiens leur disent: «Il vous a trompés, vous aussi! Aucun de nos chefs, aucun de nous Pharisiens n’a cru en cet homme! Et cette foule qui croit en lui, elle ne connaît pas notre loi. Ce sont des gens que Dieu rejette!» Nicodème est un de ces Pharisiens. C’est lui qui était allé trouver Jésus quelque temps avant. Il dit aux autres: «D’après notre loi, nous ne pouvons pas condamner un homme de cette façon! Nous devons d’abord l’entendre et savoir ce qu’il a fait!» Mais les autres lui répondent: «Est-ce que tu es de Galilée, toi aussi? Étudie les Livres Saints et tu verras: un prophète ne peut pas venir de Galilée.» Jean 7.47-52

L’apparition de Nicodème est ici assez furtive, il y aura donc moins d’enseignement à en tirer que pour le premier passage, je voudrais néanmoins souligner une chose. Nous voyons que Nicodème est un peu plus intrépide que la première fois où il était venu voir Jésus incognito de nuit. Cette fois-ci, il ose défendre en public Jésus devant ses collègues pharisiens pour les inviter à un peu plus d’équité concernant Jésus : « D’après notre loi, nous ne pouvons pas condamner un homme de cette façon! Nous devons d’abord l’entendre et savoir ce qu’il a fait! » Nous ne savons pas ce qui s’est passé pour Nicodème entre le chapitre 3 et le chapitre 7 ; néanmoins il semble qu’il ait avancé dans sa réflexion et qu’il est changé. Chercher Dieu, c’est accepter de changer. Nous qui l’avions quitté en tant qu’enquêteur prudent, le voici devenu un avocat diplomate ! Le chapitre 12 nous informe même plusieurs autres chefs juifs tels Nicodème crurent en Jésus mais restaient cachés « de peur d’être exclu de la synagogue » (Jean 12.42). De même pour vous, quand vous cherchez Dieu, vous serez amenés à avancer et à évoluer. Ne vous inquiétez pas, rien de grave, bien au contrainte que du bon ! Celui qui veut chercher Dieu sans accepter de changer, c’est comme appuyer sur l’accélérateur de votre voiture tout en gardant bloqué le frein à main ! Ca fait du bruit et ca pollue mais votre voiture n’a pas avancé d’un centimètre. Chercher Dieu, c’est accepter de changer. Je vous propose d’accélérer jusqu’à Jean 19 pour voir ce qu’est devenu Nicodème !


· 3.3 Chapitre 19 : un confesseur convaincu


Au chapitre 19, après une semaine bien agitée à Jérusalem, Jésus vient d’être condamné et crucifié. Après trois heures terribles d’obscurité sur la ville, Jésus vient de mourir, il règne une drôle d’ambiance à Jérusalem. Les responsables juifs sont contents d’avoir fait taire celui qu’il considère comme un blasphémateur, les romains soulagés d’en avoir fini avec toute cette agitation, les onze disciples sont apeurés se cachant dans les maisons, Judas Iscariote est plein de remords…

« Après cela, Joseph d’Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus. Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d’environ cent livres de myrrhe et d’aloès. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs. » Jean 19.38-40

Deux pharisiens, Joseph et Nicodème, prennent donc l’initiative de récupérer le corps de Jésus pour l’ensevelir. Nicodème amène même lui-même le mélange aromatique nécessaire à l’ensevelissement ! Alors que les onze disciples sont cachés et n’osent pas sortir, c’est Nicodème le pharisien qui a le courage de se déclarer publiquement pour Jésus en s’occupant de son corps meurtri. J’insiste, Nicodème a ici plus de courage que les onze disciples qui ont passé trois ans auprès du Christ ! Alors que Nicodème était venu de nuit voir Jésus la première fois, le voilà qui se déclare pour Jésus et cela en plein jour : il est passé des ténèbres à la lumière. Quand on accepte de changer en chercher Dieu, Dieu fait plus que nous changer, il nous transforme. Et Dieu a transformé Nicodème, au début en enquêteur prudent, puis en avocat diplomate et maintenant en confesseur convaincu. Voilà ce qui arrive quand on cherche Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée !

Que l’on soit déjà chrétien ou pas, il nous faut tous changer quand nous cherchons Dieu. Ici, l’histoire de Nicodème est celle d’une personne qui accepte de se tourner progressivement vers Christ. Mais même quand nous sommes déjà chrétiens depuis plusieurs années, il nous faut encore garder la même attitude et toujours accepter de changer au fur et à mesure que Dieu se révèle à nous et qu’il pointe de temps de temps le doigt sur des choses à changer dans nos vies. Quelle est la dernière chose dans votre vie sur laquelle Dieu a pointé son doigt dernièrement ? Votre mauvais comportement ? Une rancœur ? Un mensonge ? Une mauvaise habitude ? Avez-vous capitulé et accepté de changer ou alors campez-vous sur votre position ? Non, le divin potier n’aura jamais complètement fini de modeler son vase d’argile (Es 30) tant que celui-ci ne ressemblera pas à Jésus-Christ. Autrement dit, nous en avons pris à perpétuité !


· Conclusion


Au moment de conclure ce speech, vous vous dites peut-être en vous-mêmes : « Eh bien dis donc, c’est difficile de chercher correctement Dieu… ». Cela signifie en effet le faire par soi-même, oser s’éloigner de ses habitudes, avoir l’humilité de ne pas prétendre tout savoir, quitter ses préjugés et autres fausses conceptions, rester à l’écoute des réponses de Dieu et le laisser nous transformer et nous modeler. Or nous avons rarement la même attitude que Nicodème, préférant souvent l’attitude de Saul qui n’entendait que ce qu’il voulait entendre (1 Samuel 13) ou bien ceux de ces lépreux qui venaient à Jésus seulement pour être guéris et recevoir de lui une bénédiction (Luc 17). Nicodème a montré beaucoup de qualités quant à l’ardeur et l’humilité qu’il a mises pour chercher Dieu, cela fait beaucoup et je suis conscient que cela peut être décourageant pour quelques uns d’entre vous ce soir…

Alors je souhaiterai vous laisser avec une promesse que Dieu a donné à plusieurs reprises dans sa Parole : « Cherchez Dieu et vous trouverez. » (Jérémie 29.13, 33.3, Matthieu 7.7, Luc 11.9). C’est une promesse qui nous fait dire que le fait de trouver Dieu ne signifie pas qu’on a bien cherché Dieu mais qu’il nous a fait la grâce de se laisser trouver. Nos meilleurs efforts n’impliquent aucun résultat garanti, mais tout est grâce. Dieu a décidé par amour de se révéler aux hommes et cela est une grâce de le trouver, qu’on soit comme Nicodème ou comme Saul. Personne ne peut prétendre mériter Dieu par ses propres efforts et sa bonne attitude, je te rassure. Alors qui que tu sois, chercher Dieu de tout ton cœur, de toute son âme et de toute ta pensée, et compte sur sa grâce infinie qui te fait cette promesse éternelle: « cherche et tu trouveras »…

Amen.

P.L.

jeudi 19 février 2009

Jean 10.33 L'incarnation de Jésus

« Car toi qui n’es qu’un homme, tu te fais Dieu »

Jean 10.33


Introduction : L’incarnation, un sujet polémique


· Je souhaiterais commencer par une question : selon vous, qui est Jésus ? Et si on faisait un sondage ce soir sur Jésus, quels seraient les résultats ? Jésus lui-même aimait faire des sondages et poser cette question à ces disciples « Qui dites-vous que je suis ? » (Matthieu 16.15). Cette question « Qui est Jésus ? » a été posée en novembre 2008 à 970 français de plus de 18 ans pour un sondage Pèlerin TNS Sofrès, je vous laisse découvrir les résultats : 35% Fils de Dieu, 21% Prophète, 44% Homme.


Savez-vous quel sujet a toujours porté polémique concernant Jésus ? Qu’est ce qui a valu à Jésus d’être crucifié à Golgotha pendant la semaine de Pâques, fête que nous allons célébrer dans les prochains mois ? Est-ce pour son enseignement que Jésus a été rejeté et l’est encore aujourd’hui ? Est-ce pour son caractère ? Pour ses miracles ? Pour ses cheveux trop longs ? Comme le dit Josh McDowell en introduction d’un de ses livres : « En quoi Jésus est-il différent de tous les autres leaders religieux ? Pourquoi les noms de Moïse, Bouddha, Mahomet et Confucius n’ont-ils pas autant offensés les gens que celui de Jésus ? » Je vous laisse découvrir la réponse en lisant ensemble le texte suivant, Jean 10.22-33 :


« Le moment vint où l'on célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C'était l'hiver. Jésus allait et venait dans la cour du Temple, dans la Galerie de Salomon. Alors on fit cercle autour de lui et on l'interpella: Combien de temps nous tiendras-tu encore en haleine? Si tu es le Messie, dis- le nous clairement. Je vous l'ai déjà dit, leur répondit Jésus, mais vous ne croyez pas. Pourtant, vous avez vu les actes que j'accomplis au nom de mon Père: ce sont eux qui témoignent en ma faveur. Mais vous ne croyez pas. Pourquoi? Parce que vous ne faites pas partie de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle: jamais elles ne périront et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tous, et personne ne peut arracher qui que ce soit de la main de mon Père. Or, moi et le Père, nous ne sommes qu'un.


Cette fois encore, ils ramassèrent des pierres pour le tuer. Alors Jésus leur dit: J'ai accompli sous vos yeux un grand nombre d'œuvres bonnes par la puissance du Père; pour laquelle voulez-vous me tuer à coups de pierres? Les Juifs répliquèrent: Nous ne voulons pas te tuer pour une bonne action, mais parce que tu blasphèmes. Car, toi qui n'es qu'un homme, tu te fais Dieu. » (Jean 10.22-33)


Vous l’avez compris, le sujet polémique qui a valu à Jésus d’être rejeté par les juifs de l’époque, cela a été l’affirmation de sa divinité, c’est la vraie raison du procès lors duquel il a été condamné à la crucifixion : « Cet homme doit mourir car il s’est fait Fils de Dieu » (Jean 19.7).

· Pour le contexte plus particulier de ce passage de Jean 10 que nous venons de lire, sachez que Jésus avait déjà affirmé sa divinité dans les chapitres précédents. Par des paroles avec Jean 8 où Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham soit né, je suis. » (Jean 8.58) Dans la religion et la langue judaïques, ce fameux « je suis » est une référence directe à Exode 3.14 avec le dialogue entre Dieu et Moïse, pas de doute possible. Jésus avait donc déjà affirmé clairement sa divinité en paroles. Au chapitre 9, Jésus affirme ensuite sa divinité en actes par l’intermédiaire d’un miracle, la guérison d’un aveugle de naissance. Prendre de la boue (comme dans la Genèse) et l’appliquer sur les yeux de l’aveugle de naissance, lui donner la vue (et pas simplement lui redonner comme après une maladie ou un accident) étaient des signes clairs de la part de Jésus qui affirmait son pouvoir créateur et ainsi sa divinité. Les juifs de l’époque avaient bien compris toute la portée de ce miracle créateur, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont tant cherché à renier ce miracle, lisez donc le chapitre 9 où notre homme guéri doit répéter plus de trois fois son témoignage de guérison. Au chapitre 8, Jésus avait donc affirmé sa divinité en paroles avec ce fameux « je suis », au chapitre 9, il l’affirme de nouveau en actes cette fois-ci avec ce miracle créateur. Nous voilà au chapitre 10 et certains juifs profitent de la présence de Jésus à Jérusalem lors de la fête de la Dédicace pour lui demander : « Jusqu’à quand tiendras-tu notre esprit dans l’incertitude ? ». Comme si Jésus n’avait pas été suffisamment clair sur sa vraie nature… alors cette fois-ci, Jésus décide de mettre le paquet et répond directement au verset 30 : « Moi et mon père, nous sommes un ». Alors là, le doute n’est plus possible, Jésus est allé trop loin dans ses propos : « Nous ne voulons pas te tuer pour une bonne action, mais parce que tu blasphèmes. Car, toi qui n'es qu'un homme, tu te fais Dieu. » D'ailleurs Jésus en remettra une couche plus tard avec la résurrection de Lazare dans Jean 11... Bref, voilà comment pourrions nous résumer notre lecture initiale de Jean 10, son contexte et sa signification.


· Si Jésus a affirmé clairement sa divinité pendant sa vie terrestre - nous venons le voir dans trois chapitres successifs de l’Evangile de Jean -, l’Eglise ancienne a mis du temps à se mettre d’accord sur cette doctrine, doctrine dite de l’Incarnation. Assez rapidement, cette doctrine affirmant la double nature du Christ, humaine et divine, s’est retrouvée au cœur des débats entre les pères de l’église. C’était le sujet numéro un de discussion et de discorde. Demandez à Paul de Samosate (IIIème siècle), Apollinaire (IVème siècle), Arius (IVème siècle), ils ont tous été déclarés hérétiques pour avoir remis en cause la pleine divinité et humanité de Jésus. La fameuse doctrine de l’Incarnation a été mise quant à elle officiellement sur le papier uniquement en 325 lors du Concile de Nicée. Si l’affirmation de la divinité de Jésus a donc fait polémique dès le début de l’église ancienne, cela a continué de traverser les siècles et les continents. Quelques siècles plus tard en Arabie, l’Islam affirme : « Jésus est un prophète comme les autres » (Sourate 33.40) « Jésus n’était pas Dieu, il fut un simple homme comme nous tous. Dieu est un, il ne peut avoir de partenaire » (Sourate 5.17-18). Si le christianisme s’est détaché du judaïsme à cause de la divinité de Jésus, l’islam a réagi face au christianisme à cause de la divinité de Jésus. Je vous avais dit que cela était un sujet polémique ! L’Eglise Catholique du VIIème siècle était quant à elle alors tellement convaincue de la divinité de Christ qu’elle le représentait dans ses peintures cloué sur une croix, tel un athlète grec, victorieux et insensible à la souffrance. Pour rétablir le juste milieu, l’Eglise Catholique a demandé à partir du VIIIème siècle à ses artistes de représenter un Jésus plus humain ; c’est à partir de ce période qu’on a vu apparaître des représentations d’un Jésus souffrant, plein de sang et de larmes sur la croix. Les peintres de l’époque sont alors passés d’un extrême à l’autre : même pour les chrétiens, il était difficile d’arriver à se représenter justement cette double nature de Jésus ! Puis il y a eu en Europe les Sociniens au XVIème siècle puis les Déistes aux XVII et XVIII siècles qui se sont remis à nier la divinité de Jésus. Au XIXème siècle, le philosophe Georg Hegel s’est lui émerveillé de cette doctrine de l’Incarnation et s’est beaucoup appuyé dessus pour élaborer sa philosophie dialectique. Au XIXème, les Témoins de Jéhovah sont apparus et déclarent : « les Témoins de Jéhovah ne croient pas que l'homme Jésus était le Dieu Tout-Puissant incarné, la prétendue deuxième personne de la Trinité. » Ensuite, en 1977 est sorti un livre écrit par plusieurs auteurs : « Le mythe du Dieu incarné », preuve que c’est un sujet qui fait couler toujours autant d’encre ! Et dans notre société française du XXIème siècle, près de 70% de nos concitoyens français rejettent la divinité de Jésus comme nous l’avons vu au début avec le sondage Sofrès.


Nous venons de parcourir ensemble 2000 ans d’Histoire pour voir brièvement que dès que le christianisme a été attaqué, il y avait souvent une remise en cause de la divinité et de l’humanité de Christ. Or plus une doctrine est controversée et attaquée, plus son contenu est intéressant et porteur d’enjeu ! Au vu de toutes les polémiques qu’a engendrées la doctrine de l’Incarnation, cela doit bien vouloir dire qu’il y a un véritable trésor à découvrir derrière cela. Les sujets inintéressants n’intéressent personne, n’est-ce pas ? Alors il doit bien avoir une raison à toutes ces attaques concernant la double nature du Christ. C’est ce qui a attisé ma curiosité et qui m’a donné envie ce soir d’aborder ce sujet avec vous pour creuser ensemble ce qui se cache derrière ce thème, pour s’approprier toute la force du verset de Jean 10.30 que nous avons lu tout à l’heure : « Moi et mon père, nous sommes un. » Si ce sujet a passionné tant de personnes de tous continents et de toutes nations pendant plus de deux millénaires d’Histoire, il n’y a aucune raison que ce sujet ne nous passionne pas nous non plus, simples étudiants français du XXIème siècle !


· Je vous propose d’aborder ce soir la doctrine de l’incarnation sous plusieurs angles différents : un petit résumé de cette doctrine, ses passages clés et controversés, et les conséquences qu’elle a concernant l’amour de Dieu, le Salut que Dieu nous offre, et la souffrance dans le monde. Voilà pour le programme de ce soir !


I – Résumé de la doctrine de l’incarnation


· Pour faire un peu d’étymologie, le mot incarnation vient du latin « caro, carnis », qui signifie chair, ceci en référence au prologue de l’Evangile de Jean : « La Parole a été faite chair, elle a habitée parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils Unique venu du Père » (Jean 1.14). L’incarnation exprime le processus par lequel un être spirituel prend une forme charnelle ; pour nous cela signifie que le Fils de Dieu a revêtu volontairement et temporairement un corps humain. Jésus Fils de Dieu existe depuis toute éternité et pendant l’espace d’une trentaine d’années a pris la forme d’un être humain Jésus dit de Nazareth. Pendant cette période, Jésus était pleinement Dieu et pleinement homme. Il n’était pas 50% l’un et 50% l’autre, mais au risque de choquer les brillants mathématiciens que vous êtes, il était véritablement 100% Dieu et 100% homme. Un peu à l’image de quelqu’un qui aurait une double nationalité : un franco-suisse serait-il moins suisse qu’une personne avec uniquement la nationalité suisse ? Il en est de même pour Jésus sur terre : 100% homme, 100% Dieu. Puis après sa résurrection et son ascension, Jésus a retrouvé sa place à la droite du Père. Notez que le Saint Esprit est aussi présent et actif dans tout cela puisque c’est lui qui a été l’agent divin pour cette naissance miraculeuse à travers Marie.


L’apôtre Paul a très bien exprimé la réalité de l’incarnation de Jésus : « Lui qui, dès l'origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de son égalité avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu'il était bien un homme. Il s'abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu'à subir la mort, oui, la mort sur la croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé à la plus haute place et il lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, pour qu'au nom de Jésus tout être s'agenouille dans les cieux, sur la terre et jusque sous la terre, et que chacun déclare: Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens 2.5-11) Nous voyons dans ce passage (qui était a priori un hymne des premières églises) dans un premier temps un Jésus de condition divine depuis l’origine, puis un Jésus qui pendant un temps devient serviteur et renonce aux privilèges de son égalité avec Dieu - ce que les théologiens appellent la kénose - et enfin un Jésus qui retrouve dans un dernier temps sa position originelle avec toute la gloire et l’adoration qu’il mérite. Nous reviendrons plus tard sur ce passage et sur toute la difficulté de comprendre la cohabitation des deux natures de Jésus pendant sa courte vie terrestre. En attendant de revenir sur ces difficultés, regardons indépendamment chacune de deux natures de Jésus :


· Jésus pleinement homme ? Jésus 100% homme ? A votre avis ? Oui. Comme nous, il est né, sa vie terrestre a commencé un jour du côté d’une étable en Judée (Luc 2.7). Il s’est inscrit dans une lignée généalogique (Matthieu 1.1). Puis il a grandi dans une famille juive en Galilée (Matthieu 2.23), il a reçu une éducation de la part de ses parents (Luc 2.51), il a appris à lire, il a exercé un métier, celui de charpentier (Marc 6.3). Puis à 30 ans, l’âge mûr pour un homme de cette époque, il a quitté sa ville pour commencer son ministère itinérant d’enseignant (Jean 1.29). Il a été baptisé dans le Jourdain (Marc 1.9) Même dans sa mission, il a continué d’être un homme. Il eut faim, soif (Jean 11.12). Il connut la fatigue, il dormait (Matthieu 8.24). Il a éprouvé de la compassion, il a même pleuré (Matthieu 26.36-40). Il passait du temps dans la prière (Luc 6.12). Comme nous, il a été tenté (Luc 4.2). Il a du faire face au rejet, à la haine et au mensonge (Jean 10.31) Enfin, comme un être humain, il a connu la souffrance (Matthieu 27.26) et pendant trois heures sur la croix, il a même connu la séparation avec son Père céleste (Matthieu 27.46). Puis il est mort (Matthieu 27.50). A la lumière de tout cela, il est difficile de prétendre que Jésus n’était pas pleinement un homme, alors ne nous laissons pas ébranler.


Jésus pleinement Dieu ? Jésus 100% Dieu ? A votre avis ? Oui. Il est né d’une femme sans l’aide d’un homme (Matthieu 1.20). Il existait depuis toute éternité (Jean 8.58). Il a déclaré que Dieu était son Père (Jean 8.19), il a dit qu’il faisait un avec le Père (Jean 10.30), il a participé à la Création (Jean 1.3). Il connaissait tout (Jean 2.25). Les vents et les vagues lui ont obéit (Matthieu 8.27). Il a guérit des centaines de personnes (Marc 6.56). Il a multiplié les pains et les poissons (Matthieu 15.32). Il pouvait prophétiser (Marc 10.33). Il a le pouvoir de créer (Jean 9.7) et de ressusciter (Jean 11.43). Il est la source de la vie éternelle (Jean 6.47). Il n’a jamais péché (2 Corinthiens 5.21). Il a pardonné des péchés (Marc 2.7). Il a le pouvoir de juger (Jean 5.22). Il est lui-même ressuscité (Luc 24.6) et a été élevé au Ciel (Actes 1.9). A la lumière de tout cela, il est difficile de prétendre que Jésus n’était pas pleinement Dieu, alors ne nous laissons pas ébranler.


· Voilà donc le résumé de cette première partie avec la doctrine de l’incarnation : Jésus le Fils de Dieu qui a pris temporairement et volontairement la forme d’un être humain. Et si toutes les affirmations précédentes ne nous ont rien appris, si rien ne vous a pas choqué, et bien, tant mieux, sachez que je m’en réjouis tant cela n’a pas été le cas de tous, cette double nature divine et humaine a choqué et offensé tant des personnes pendant l’Histoire comme nous l’avons vu en introduction.


II – Une doctrine fausse ? Réponse à quelques passages difficiles


Si certains considèrent que la doctrine de l’incarnation est fausse, c’est qu’il y a quelques passages bibliques qui sont difficiles à comprendre et peuvent porter à confusion concernant l’égalité entre Dieu le Père et Dieu le Fils. Ne nions pas que certains versets bibliques soient difficiles, je vous propose même de les aborder rapidement ce soir. Pourquoi certains pensent que cette doctrine est fausse ?


· Regardons premièrement une expression qui peut paradoxalement nous induire en erreur : « Jésus est le Fils de Dieu » (Luc 1.35, Marc 15.39, Actes 9.20…). Si Jésus est le Fils de Dieu, cela veut certes dire qu’il vient de Dieu, mais il n’en est que le fils ! Ce n’est pas Dieu, il n’en est que le fils, une sorte de demi-dieu ! Pourquoi ne trouve-t-on pas directement dans la Bible l’expression « Jésus est Dieu » ? Je tiens à vous dire que cette question nous vient directement de notre culture occidentale contemporaine. En effet, aujourd’hui, le fait d’être fils signifie être distinct, être différent de, être après, voir être inférieur. Comment s’appelle votre père ? Mon père à moi s’appelle Antoine ; si je dis aujourd’hui que je suis fils d’Antoine, cela veut dire que je suis différent et distinct de lui, je ne prétends aucunement être son égal, n’est-ce pas ? A l’époque juive, l’utilisation de l’expression « Fils de … » prenait un sens tout autre. Cette expression était utilisée pour dire notre réelle nature. Ainsi il est courant de trouver des textes vétérotestamentaires où l’on trouve les expressions: « Fils des étoiles », « Fils des chantres », « Fils de prophète »… En affirmant être « Fils de Dieu », Jésus n’est pas en train de nous dire qu’il est distinct de Dieu puisqu’il n’en est que le Fils, il est au contraire de nous affirmer qu’il est Dieu, que sa nature est celle de Dieu. D’ailleurs, si pour nous dans notre culture occidentale cette expression peut nous induire en erreur, les contemporains de Jésus ont bien compris toute sa signification. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne donc à ces pierres de se changer en pains ! » dit Satan (Luc 4.3). « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » dit le brigand (Matthieu 27.40). « Des démons sortaient en s’écriant : tu es le Fils de Dieu ! » (Luc 4.41) Cette expression qui a priori venait s’opposer à l’égalité entre le Dieu et Jésus vient au contraire se poser comme une affirmation supplémentaire de l’entière divinité de Jésus.


· « Comme Jésus partait, un homme accourut, se jeta à genoux devant lui et lui demanda: Bon Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle? Pourquoi m'appelles-tu bon? lui répondit Jésus. Personne n'est bon, sinon Dieu seul. » (Marc 10.17-18) Ah, voici un verset où Jésus affirme lui-même ne pas être Dieu ! A votre avis ? Jésus n’est-il pas plutôt en train de répondre à l’hypocrisie du jeune homme qui voit Jésus comme un simple maître humain ? « Si tu me considères comme un simple maître humain, pourquoi viens-tu me demander les clés de la vie éternelle ? Es-tu bien conscient qu’en m’appelant « bon maître », tu es en train d’affirmer que je suis Dieu ? » Par sa réponse, Jésus n’est pas en train de dire qu’il n’est pas Dieu, il reste dans son registre préféré, celui de la pédagogie, où il invite son interlocuteur à réfléchir à l’épithète qu’il lui a donné. Voyez-vous la logique ? Jésus arrête net le jeune homme dans sa superficialité – l’usage banal et facile de la bonté de Dieu – et dans son hypocrisie – il est en train de proclamer Jésus Dieu alors qu’il ne le croit même pas.


« Vous m'avez entendu dire que je pars, mais aussi que je reviendrai auprès de vous. Si vous m'aimiez, vous seriez heureux de savoir que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. » (Jean 14.28) Ah, voici encore un verset où Jésus affirme être inférieur au Père et donc ne pas être pleinement Dieu ! A votre avis ? Pour cela nous devons revenir au cœur de la doctrine de l’incarnation et à la difficulté de comprendre le statut de Fils de Dieu incarné. Je n’ai pas le temps de rentrer dans tous les détails mais sachez qu’une fois de plus il convient de comprendre le statut temporaire et volontaire de Jésus sur terre. Pendant 33 ans, Jésus reste à 100% de nature divine mais il s’humilie et devient serviteur comme nous l’avons lu dans Philippiens 2. Alors oui, puisque Jésus a renoncé à son égalité avec Dieu en n’utilisant pas certains de ces attributs divins (omnipotence, omniprésence, omniscience…), alors oui le Père est plus grand que le Fils l’espace de ces 33 années. Mais ensuite, par la résurrection, Dieu le Père a redonné à Dieu le Fils toute la gloire qui était la sienne depuis le commencement de la création (Jean 17.5). C’est dans cette perspective que nous devons comprendre ce verset de Jean 14.28 où Jésus affirme que le Père est plus grand que lui. Même si cela peut être difficile à comprendre avec notre intelligence, acceptons l’incarnation, « ce mystère paradoxal et énigmatique » comme le dit Alister McGrath. A défaut de pouvoir parfaitement expliquer les deux natures du Christ, nous le confessons simplement et nous demandons le secours de l’Esprit Saint pour nous révéler jour après jour toute la profondeur de ce secret impénétrable qui s’inscrit dans celui de la Trinité.


· Nous venons donc de voir qu’à cause de certains versets bibliques, certains ont jugé la doctrine de l’incarnation comme fausse et remis en cause le fait que Jésus était pleinement homme et pleinement Dieu. Mais nous venons aussi de voir qu’en replaçant ces versets dans leurs contextes respectifs, ces versets ne viennent pas du tout déclarer cette doctrine comme fausse, mais que bien au contraire, ces versets viennent améliorer et enrichir notre compréhension de ce mystère que reste et que restera l’incarnation de Jésus. Si certains ont des questions concernant tout cela et veulent que je revienne sur quelque chose, il y aura un temps de questions à la fin.


III – Une doctrine inutile ? Quelques unes de ses conséquences


Après avoir répondu à ceux qui jugent cette doctrine de l’incarnation comme fausse, je vous propose de répondre à ceux qui la déclarent comme inutile. Pourquoi y attacher tant d’importance ? Pourquoi est-ce que j’ai pris la peine de vous faire un enseignement sur ce sujet ? Est-ce si utile ? Je voudrais avec vous s’arrêter sur trois conséquences qui montrent toute l’importance de l’humanité et la divinité de Christ. Un peu comme je l’avais fait il y a un an pour la résurrection, je souhaite défendre la double nature de Jésus et montrer pourquoi notre foi chrétienne en dépend. A travers quelques conséquences d’un Jésus homme et Dieu, j’aimerais vous faire dire à la fin, à l’image de 1 Corinthiens 15.14 où « notre foi est vaine si Christ n’est pas ressuscité », que de même si Jésus-Christ n’est pas Dieu, alors notre foi est vaine.


· Premièrement, avec l’incarnation, nous quittons le monde froid et insensible des idées, des concepts, des idéaux, monde dans lequel beaucoup de religieux et philosophes errent. Avec l’incarnation, nous entrons dans un monde rempli de la présence de Dieu. Grâce à l’incarnation, le christianisme n’est pas qu’une philosophie parmi tant d’autres et l’amour de Dieu n’est plus qu’un beau concept ou une vague idée mais une réalité dans notre réalité. Tout devient plus simple de suivre une personne vivante et non un concept abstrait.


« Christ a aussi souffert pour nous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2.21). « Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme ses enfants bien aimés, et vivez dans l’amour en suivant l’exemple du Christ » (Ephésiens 5.1). En Christ, nous avons un exemple à suivre, un modèle à imiter. Avez-vous déjà essayé d’apprendre à utiliser un nouveau logiciel uniquement à partir du mode d’emploi ? C’est galère, il vaut mieux un ami qui vous montre en cinq minutes comment il fait lui. Il en est de même dans notre sanctification. Qu’il aurait difficile de suivre le sermon sur la montagne si nous n’avions pas eu quelqu’un pour nous montrer l’exemple ! Au jour le jour, nous ne cherchons pas à suivre des principes ou un mode d’emploi, mais nous suivons une personne, Jésus, le Dieu incarné. Il est bon de pouvoir chanter le cantique : « Te ressembler, Jésus, c'est mon espoir suprême. Penser, agir, aimer toujours plus comme toi ». C’est en cela aussi que devient pratique l’incarnation de Jésus! Puissiez-vous l’imiter et suivre son exemple au jour le jour.


· Jésus le Fils de Dieu en venant sur terre à notre rencontre et en mourant pour nous sur la croix a prouvé tout l’amour de Dieu. Comment, me direz-vous ? Réfléchissons par l’absurde quelques instants : si Jésus n’est pas Dieu mais qu’un simple homme, aussi bon soit-il, en quoi Golgotha est une preuve de l’amour de Dieu ? Si Jésus n’est pas Dieu qui s’incarne, alors la mort d’un innocent sur la croix est soit une fin tragique, soit une preuve de la tyrannie de Dieu, soit une inutilité, soit un acte de bravoure sans lendemain. Si Jésus n’est pas Dieu, je ne vois pas en quoi sa mort me concerne et m’offre le salut. A la limite, la seule personne que Jésus a sauvé en mourant sur la croix, c’est le prisonnier Barabbas, mais moi, en quoi cette mort me concerne si ce Jésus n’est qu’un homme ?


Je vous propose de prendre une illustration. Tu viens de me casser mon voiture, la facture arrive et il faut la régler. Si je me contente de te dire « ce n’est pas grave » mais que j’envoie la facture à un autre homme, alors cela veut dire que je ne t’ai pas vraiment pardonné. Je t’aurai pardonné pour la voiture cassée uniquement si je règle moi-même la facture. De même, si Jésus n’est pas Dieu, alors pour mon salut, Dieu a fait retomber ma faute sur un autre homme, mais cela n’est pas du pardon, c’est simplement un transfert. Cela ne devient du pardon uniquement dans la mesure où cette deuxième personne est Dieu lui-même, Jésus.


Sans l’incarnation, l’idée selon laquelle la croix prouverait l’amour de Dieu pour nous et nous donnerai accès au salut perd toute sa force. Comme Jésus est Dieu, alors oui nous pouvons affirmer que Dieu nous a montré son amour en s’humiliant lui-même en venant à nous comme l’un d’entre nous et en prenant sur lui-même la faiblesse de la nature humaine afin de la racheter.


· Il est possible d'avoir la même réflexion sur le thème de la souffrance. Un des questions qui nous est posée le plus souvent à nous chrétiens par nos collègues et amis, c’est « Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? » Notre siècle a été le témoin d’horreurs inimaginables avec guerres, génocides, atrocités, attentats. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? Il y a aussi la souffrance sociale avec chômages, injustices, famines, expulsions. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? Il y a aussi la souffrance médicale avec maladies, cancers, handicaps, accidents. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? Il y a aussi la souffrance familiale avec divorces, violences, solitudes, frustrations, tensions, abus. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? Il y a aussi la souffrance personnelle avec déceptions, incompréhensions, mal-êtres, hontes, peurs, rejets, blessures. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?


Et bien je vous mets au défi de répondre à cette question sans parler de Dieu qui est venu et qui est mort sur la croix. Cette question, même avec l’incarnation de Jésus, reste difficile à répondre quand on nous la pose au bureau, en cours, dans le bus ou à l’église, mais nous savons que Dieu dans la lugubre scène de Golgotha se soumet lui-même et à la souffrance d’un monde tombé au plus bas. Dieu a souffert en Christ, il s’est chargé de l’agonie du monde qu’il avait crée. Et en prenant sur lui toute cette souffrance, Dieu nous offre une réponse et une espérance qui vont au delà de toute compréhension. La doctrine de l’incarnation devient alors très pratique.


« Jésus devait être rendu, à tous égards, semblable à ses frères afin de devenir un grand-prêtre plein de bonté et digne de confiance dans le domaine des relations de l'homme avec Dieu, en vue d'expier les péchés de son peuple. Car, puisqu'il a lui-même été éprouvé dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont éprouvés. » (Hébreux 2.14-18) Ainsi, quand vous avez à faire face à la souffrance, quand vous passez à travers des épreuves, quand vous êtes au beau milieu de la tempête, vous pouvez crier votre détresse à Dieu, vous pouvez lui confier vos peurs et vos doutes. Et sachez que Dieu ne fera pas simplement vous envoyer depuis son ciel ses plus sincères condoléances, mais il saura vous répondre et vous encourager avec force et puissance, car lui aussi à travers Jésus-Christ a vécu tout cela. Souvenez-vous des larmes de Jésus au jardin de Gethsémani. Quand nous passons par des temps de tempête, il est bon de savoir que nous avons un maître proche de nous, c’est en cela que devient pratique l’incarnation de Jésus! Puissiez-vous apprendre à se confier en lui et à s’appuyer sur lui dans ces moments.


· Avec ces quelques thèmes de l’amour de Dieu, du Salut et de la souffrance, nous nous rendons vite compte de l’importance de la doctrine de l’incarnation. Voilà pourquoi j’ose affirmer que si Jésus-Christ n’est pas Dieu, alors notre foi est vaine. Je souhaiterai finir cette troisième partie avec une citation de C.S Lewis : « La doctrine de la divinité de Christ ne me paraît pas être une pièce rapportée et collée, que l’on pourrait décoller à volonté, une option facultative. En chirurgie, l’abandon de cette doctrine n’aurait rien à voir avec la simple ablation de l’appendice, mais elle correspondrait plutôt à l’ablation du cœur, le moteur de la foi chrétienne. »


Conclusion


· Nous venons de passer une demi-heure sur le thème de l’incarnation. Nous avons vu en introduction à travers Jean 8, 9 et 10 que Jésus avait affirmé à plusieurs reprises sa divinité mais que cette doctrine a eu beaucoup d’adversaires tout au long de l’Histoire au sein même du christianisme mais aussi face aux autres grandes religions. Dans une première partie, nous avons fait un résumé de cette doctrine, expliquant bien que Jésus est Dieu depuis le commencement jusqu’à la fin et qu’il a été en plus homme l’espace de 33 ans. Dans une deuxième partie, nous avons regardé quelques passages bibliques difficiles à comprendre puisqu’ils semblent affirmer que Jésus n’est pas vraiment Dieu. Après avoir répondu à ceux qui disent que tout cela est faux, nous avons dans une troisième partie répondu à ceux qui disent que tout cela est inutile. L’amour de Dieu, le salut qu’il nous offre, la réponse de Dieu à la souffrance sur terre… tout ne prend sens qu’avec un Dieu incarné en Jésus-Christ.


Amen.


P.L.

1 Corinthiens 15.14 La résurrection de Jésus

« Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et votre foi est vaine. »

1 Corinthiens 15.14


Introduction – La résurrection aurait-elle été oubliée pour la croix ?


Quelles grandes fêtes sont au centre du calendrier chrétien ? Noël en décembre et Pâques en avril me direz vous ! Alors là, Noël approche, il va être temps de parler de la naissance de Jésus, de la signification de son incarnation de Jésus... classique. Puis Pâques arrivera, il sera temps de prêcher sur la mort de Jésus et sur sa résurrection. C’est parfait, on fait comme cela depuis longtemps, non ? Aujourd’hui, je vais casser la tradition et vais oser de parler de la mort et de la résurrection de Christ alors que nous sommes en décembre, j’espère que vous ne serez pas trop choqués! J’ai choisi le sujet de la mort et surtout de la résurrection de Christ pour les mettre en valeur à une période hivernale de l’année où nous n’avons pas l’habitude d’en entendre parler, mais aussi parce que je pense que notre église de Chassieu en a besoin en ces temps hivernaux… Dans ces temps où notre église est éprouvée, collectivement et individuellement, je crois qu'il est bon de redécouvrir l'essentiel: la croix et la tombe.


Pour commencer, j’aimerai d'abord lire avec vous un des premiers crédos de l’église de Jérusalem, nous trouvons ce crédo dans la première épître aux Corinthiens : « Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j'avais moi-même reçu : Le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l'avaient annoncé les Écritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. » (1 Corinthiens 15.3-5) Nous voyons dans ce credo que la mort de Jésus est évoquée deux fois et que la résurrection de Jésus est évoquée aussi deux fois, il y a un équilibre entre ces deux grands événements. Je suppose que vous êtes d’accord que la semaine de Pâques n’a de sens que si on parle de la mort et de la résurrection de Jésus, qu’il y a un bon équilibre entre les deux. Dit ainsi, nous sommes tous d’accord que la croix et la résurrection vont ensemble, mais qu’en est-il dans notre quotidien, qu’en est-il dans la réalité de nos églises ? Si notre église devait avoir un credo aujourd’hui, que serait-il ? Serait-il aussi équilibré que celui de l’église de Jérusalem ?


· Quand nous nous examinons d’un peu plus près, force est de constater que nous avons très souvent tendance à insister uniquement sur la croix de Jésus-Christ et en oubliant un peu le reste. Demandez à un chrétien évangélique de présenter rapidement l’Evangile ? La plupart du temps, il s’arrêtera à la croix et oubliera de parler de la résurrection. Qu’en est-il de nos temps de louange ? Bon nombre de nos cantiques sont centrés sur la croix. Qu’est ce qui est écrit sur la chapelle de l’Institut évangélique de Nogent-sur-Seine ? « Nous prêchons Christ crucifié ». Vous souvenez-vous du film de Mel Gibson La Passion du Christ ? Sur plus d’une heure et demie, la résurrection ne prend que quelques dizaines de secondes à la toute fin. Depuis quelques temps, à l’église ou sur le campus, à chaque speech ou moment de louange, je compte le nombre fois que les mots croix et résurrection sont prononcés. Quel est le score ? La plupart du temps, c’est 9-0, 6-1, 7-0… Enfin, n’avez-vous jamais entendu de telles exhortations dans nos églises : « Amenez vos prières à la croix », « Grâce à la croix de Jésus-Christ, nous avons le salut », « Merci Seigneur pour la croix »… Je m’arrête là. Reconnaissons simplement que notre théologie et notre jargon évangélique sont centrés essentiellement sur la croix de Jésus-Christ et bien moins sur sa tombe vide.


Depuis Martin Luther, les protestants se distinguent par leur attachement à la Bible, seule source d’autorité, n’est-ce pas ? Alors arrêtons-nous quelques instants pour regarder la place de la croix dans la Bible et de la comparer avec celle de la résurrection. Les mots crucifié, croix, crucifixion… sont cités 72 fois dans la Bible. Et devinez pour les mots ressuscité, résurrection ? Plus de 110 fois. Étonnant, n’est-ce pas ? Ouvrons ensuite quelques livres du Nouveau Testament. L’épître aux Hébreux ? Pas une seule fois les mots croix ou crucifié. L’épître de Jean ? Pas un mot alors que Jean était à Golgotha. L’épître de Jude ? Rien sur la croix, alors que c’était le frère de Jésus. Les Actes des apôtres ? On se rend compte que les prédications des premiers apôtres parlaient à peine de la croix de Jésus-Christ. En fait, c’est principalement l’apôtre Paul qui a établi la doctrine de la rédemption et qui a insisté sur la croix. Mais dans l’ensemble, avec ce rapide survol du Nouveau Testament, on se rend compte que la croix n’est pas automatiquement le thème central de chaque verset et que la résurrection revient même plus souvent que la crucifixion, 110 contre 72 je vous rappelle. D’ailleurs, toujours dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul prononce une parole inédite dans l’histoire biblique. Inédite car il ose faire dépendre toute la foi chrétienne d’une seul fait, il ose mettre tous ses œufs dans le même panier. Paul se dit même à abandonner sa foi si ce fait n’est pas vrai. Devinez quel est ce fait ? La résurrection ! Je cite : « Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et votre foi est vaine. » (1 Corinthiens 15.14) Littéralement : « votre foi est vide. »


· Ce matin, je souhaiterai, avec vous et en toute modestie, rééquilibrer un peu notre théologie, en particulier concernant la place de la résurrection dans notre foi. Je suis persuadé qu’on l’a petit à petit oubliée devant la croix et qu’aujourd’hui personne d’entre nous ne serait prêt à affirmer une telle chose : « Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre foi est vaine. » Plus personne n'oserait mettre tous ses œufs dans ce même panier. Pour cela, je vous propose deux grandes parties. Dans un premier temps, vérifier ensemble la réalité historique de la résurrection du Christ. En effet, si bon nombre d’entre nous oublient petit à petit la résurrection, c’est peut-être simplement car nous doutons au fond de nous de la réalité de ce miracle. Dans une seconde partie, nous réfléchirons ensemble sur les enjeux de la résurrection, voir quels piliers de la foi chrétienne seraient remis en cause sans la résurrection de Jésus et quelles sont les implications pratiques sur nos vies. Avec ces deux parties, historique puis théologique, mon objectif est vraiment de vous convaincre de nouveau de l’importance de la résurrection, et pourquoi pas vous faire dire à la fin: « Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre foi est vaine… »


I - La résurrection, un fait historique ?


· Si la résurrection n’est pas suffisamment aujourd’hui au centre de notre foi chrétienne, si la plupart des chrétiens annoncent aujourd’hui un Evangile sans oser évoquer directement la résurrection, c’est sûrement parce qu’ils sont eux-mêmes pas vraiment que la résurrection a eu lieu : les miracles ne sont plus vraiment à la mode dans notre société postmoderne. Alors prenons un peu de temps pour se replonger dans la réalité historique de la résurrection, faisons un bond de 2000 ans en arrière pour vérifier ce qu’il s’est passé cette fameuse semaine de Pâques du côté de Jérusalem. En effet, avant d’aborder après des questions plus théologiques, il est important de s’assurer de l’historicité des faits, n’est-ce pas ? D’ailleurs, c’est dans cet objectif que l’apôtre Paul commence son chapitre de 1 Corinthiens 15, véritable hymne à la résurrection. Avant d’aborder le fond du sujet, Paul prend la peine de rappeler que « le Christ a été vu par plus de 500 frères dont la plupart étaient encore vivants ! » (1 Corinthiens 15.6). De même pour nous, avant d’aborder le fond du sujet, prenons la peine de nous assurer de l’historicité de la résurrection. Je vous propose de faire un petit tribunal pour vérifier ou pas l’exactitude du retour à la vie de Jésus. Lisons les faits concernés par notre tribunal chasseland:

« Le dimanche matin de très bonne heure, les femmes se rendirent au tombeau emportant les huiles aromatiques qu'elles avaient préparées. Elles découvrirent que la pierre fermant l'entrée du sépulcre avait été roulée à quelque distance de l'ouverture. Elles pénétrèrent à l'intérieur, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Pendant qu'elles en étaient encore à se demander ce que cela signifiait, deux personnages vêtus d'habits étincelants se tinrent tout à coup devant elles. Elles étaient tout effrayées et baissaient les yeux vers le sol. Ils leur dirent alors: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est plus ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous disait quand il était encore en Galilée : "Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour." » (Luc 24.1-7)


· Partons donc du fait biblique : Jésus est ressuscité. Selon vous, quelles sont les objections habituelles contre la résurrection du Christ ? A votre avis ? Examinons donc les quatre principales objections qui ont été avancées au fil des siècles :


1- Première objection : Christ est ressuscité certes, mais ce n’est pas pour autant que son corps physique aie été ressuscité, il s’agit simplement de son esprit, d’une résurrection spirituelle. Le tombeau n’était pas vide, l’Esprit de Jésus était parti, mais son corps était encore là. On reconnaît ici l’anthropologie grecque avec tous ses philosophes, Planton en tête, qui séparait l’âme et le corps, donnant la possibilité d’une résurrection partielle. Pour les grecs, l’âme est prisonnière du corps et attend d’en être libérée. Mais la théologienne Camille Foucant rappelle que « nous sommes ici bien loin de l’anthropologie hébraïque qui est bien plus unitaire concernant l’homme ». Dans la culture juive, si un homme ressuscite, alors c’est son être entier qui est concerné. Prétendre que seul l’esprit de Christ est ressuscité est une objection qui vient de la pensée grecque mais qui ne tient pas debout devant la Bible. D’ailleurs, remarquez que la seule fois dans le Nouveau Testament où l’apôtre Paul prend la peine de défendre la résurrection, c’est pour Corinthe, la deuxième ville de la Grèce Antique…


2 - Deuxième objection : c’est un évanouissement, Jésus n’était pas mort. Alors là, chapeau, Jésus est vraiment superman. Jésus, simplement évanoui, aurait été réveillé par la fraîcheur du tombeau et se serait enfuit. Je ne vais pas vous refaire la description de la crucifixion romaine et des souffrances physiques du condamné, Mel Gibson l’a déjà fait, je ne vais pas me lancer là dedans. Quoi qu’il en soit, j’ai du mal à m’imaginer un Jésus en mauvais état se défaire du bandage traditionnel, rouler seul la pierre du tombeau, échapper aux soldats romains, s’enfuir en courant, se faire un brin de toilette et apparaître avec un grand sourire devant ses disciples : « Me voilà les amis ! ». Cette objection où Jésus aurait échappé à la mort et aurait fait croire à sa résurrection me paraît d’autant plus illogique que si vraiment Jésus avait voulu échapper à la mort et aux souffrances de la croix, il ne serait pas venu de lui-même à Jérusalem et ne se laisserait arrêté si facilement par les soldats à Gethsémani. Non, Jésus est bel et bien mort, la lancée plantée dans son cœur en témoigne. D’ailleurs, un docteur en médecine, William Edwards a dit : « Les interprétations fondées sur la supposition que Jésus ne mourut pas sur la croix apparaissent en totale contradiction avec les connaissances médicales modernes. » Oui, l’objection du Jésus magicien qui se réveille dans le tombeau et qui part en courant est contraire à toute logique.


3 - Troisième objection : C’est une fraude, le corps de Jésus a tout simplement été volé. D’accord, mais alors par qui, comment et pourquoi ? Premiers suspects, les disciples du Christ. Personnellement, j’ai du mal à m’imaginer qu’ils allaient eux-mêmes monter une supercherie pour laquelle ils allaient donner leur vie plus tard. Donner sa vie pour la Vérité, d’accord, mais donner sa vie et souffrir pour quelque chose qu’on a falsifié soi-même, je ne comprends pas. D’autant plus que j’ai du mal à m’imaginer les disciples organiser une opération commando pour voler le corps de leur maître, tant ils étaient dans la souffrance et dans la peine, souvenez-vous des larmes de Pierre et des disciples d’Emmaüs. Comme le dit l’écrivain JP Moreland : « les disciples n’avaient rien à gagner à créer une nouvelle religion. Ils eurent à affronter hostilité et martyre. Ils n’auraient jamais été aussi inébranlables s’ils avaient su que leur prédication était un mensonge crée par eux-mêmes ».

Écartés les disciples comme suspects pour le vol du corps de Jésus, intéressons maintenant aux Juifs et aux Romains : les autorités auraient volé le corps. Alors là, c’est encore plus incohérent puisqu’il n’est pas nécessaire d’avoir le bac pour comprendre que, pour faire taire une bonne fois pour toutes ces idées de croyances et de résurrection et calmer ces nouveaux chrétiens un peu trop remuants, il aurait suffi aux Juifs et aux Romains d’exhiber le corps de ce fameux Jésus de Nazareth. Et hop le problème aurait été réglé ! Non, ni les Juifs, ni les Romains n’ont volé le corps de Jésus, voilà pourquoi personne n’a pu l’exhiber et ainsi faire taire les premiers chrétiens. Un théologien anglais, Patrick Fairbairn, a d’ailleurs dit : « Concernant la résurrection, le silence des premiers juifs parle plus fort que la voix des chrétiens. » En toute honnêteté donc, le vol du corps comme objection à la résurrection ne tient pas debout.


4 - Quatrième objection : C’est une illusion, tous ceux qui ont vu le Christ ressuscité ont été victime d’hallucinations. Quelle coïncidence d’avoir exactement la même hallucination pour des centaines de personnes différentes, venant toutes de régions différentes, d’arrière plans différents, d’âge différents ! La coïncidence est d’autant plus grande que ces illusions auraient toutes eu lieu à des endroits et à des moments différents mais qu’elles se seraient toutes arrêtées au même moment, soit 40 jours après Pâques ! Comme le fait remarquer Gresham Machen : « même des psychiatres n’auraient changé aux débuts de l’église chrétienne ! » Je vous propose de ne pas s’attarder plus longtemps sur cette quatrième objection, tant n’importe quel tribunal honnête d’aujourd’hui rejetterait cette idée d'apparitions collectives.


· Je n’aborderai pas les autres objections qui ont été parfois avancées, comme celle des femmes qui se sont trompées de tombe, comme celle où les gardes romains auraient eux-mêmes cachés le corps de Jésus… tant cela devient trop capillotracté. Je vous conseille néanmoins « le Verdict – Complément d’enquête » de Josh McDowell pour les plus curieux. Le verdict de notre tribunal commence à se dessiner, il ne reste plus qu’une hypothèse devant les faits, l’hypothèse du miracle divin. Devant l’absence de corps dans le tombeau, devant le fait que personne n’a été capable d’exhiber le corps de Jésus, devant les centaines de personnes qui ont vu Jésus de leurs propres yeux, devant les nombreuses prophéties que Jésus avait faites, seule l’hypothèse du miracle tient debout : notre Seigneur est bel et bien revenu à la vie ! D’ailleurs personne au premier siècle n’a osé remettre en cause la résurrection du Christ : Flavius, Josèphe, Tacite et Pline, des auteurs profanes, ont tous mentionné dans leurs écrits la résurrection d’un certain Jésus de Nazareth. Et ce miracle était tellement évident pour les gens de Jérusalem que l’apôtre Pierre ne prend pas la peine de défendre la réalité de la résurrection de Jésus lors de son fameux discours du jour de la Pentecôte dans Actes 2. Si tout le monde à Jérusalem avait contesté la réalité de ce miracle, si ce miracle ne tenait qu’à moitié debout à l’époque, alors Pierre se serait évertué dans ses discours à défendre coûte que coûte la réalité de ce fait. Non, il ne l’a pas fait, cela était inutile à Jérusalem, personne ne le contestait. Je crains que notre tribunal ait à aboutir au verdict suivant : Jésus de Nazareth est bel et bien ressuscité !


J’espère que ce petit exercice judiciaire vous aura convaincu et vous aura aidé à avoir non une foi hésitante mais une foi pleine d’assurance concernant la résurrection. Je pense qu'il est bon pour notre église d'être toujours plus convaincue de la réalité historique, c'est la première étape nécessaire avant d'aller plus loin. Je voudrais finir cette première partie historique avec une citation de l’écrivain Thomas Arnold de l’Université d’Oxford : « Pendant de nombreuses années, j’ai étudié l’Histoire d’autres temps, j’ai examiné le poids des preuves apportées par ceux qui écrivirent à propos de Jésus. Je ne connais pas de fait, dans l’histoire du genre humain, qui ait été aussi attaqué mais mieux prouvé et attesté par des évidences de toutes sortes pour l’intelligence de tout chercheur sincère, que le grand signe que Dieu nous a donné, à savoir la mort et la résurrection de Christ d’entre les morts ».


II – la résurrection, un enjeu théologique ?


· Après avoir abordé l’aspect historique, je vous propose d’aborder dans une deuxième partie l’aspect théologique : en quoi la résurrection est si indispensable ? Je vous rappelle notre verset principal de ce matin : « Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et votre foi est vaine. » (1 Corinthiens 15.14). Êtes-vous vous aussi convaincus que la résurrection de Christ est indispensable à la foi chrétienne ? Croyez-vous que sans cela toute notre prédication est inutile et que toute notre foi est vaine ? Seriez-vous prêt à mettre ainsi tous vos œufs dans le même panier ? Pourquoi Paul en est-il arrivé à faire dépendre sa foi d’un fait historique ?


Pour se rendre compte de l’importance de la résurrection, je vous invite à vous imaginer l’espace de quelques minutes ce que serait la foi chrétienne sans cela, avec un Christ toujours dans son tombeau. Et nous allons nous rendre compte rapidement qu’effectivement tout tombe à l’eau si Christ n’est pas ressuscité. Je vous propose d’aborder trois fondements de notre foi: la crédibilité de Jésus, le Salut et l’Au-delà.


· 1- Premier enjeu : La crédibilité de Christ. Êtes-vous d’accord avec moi pour dire qu’il est difficile de faire confiance à une personne qui use de mensonge ? Qu’il est difficile de croire quelqu’un si cette personne nous ment ? Je suppose que vous avez déjà tous expérimenté la difficulté de rétablir la confiance envers une personne qui vous a menti, si ce n’est qu’une seule fois. Un seul mensonge peut détruire une relation toute entière, les relations humaines sont faites ainsi. Le philosophe français Voltaire a dit : « Un astrologue ne saurait avoir le privilège de toujours avoir tort. Que, de deux devins consultés sur la vie d’un enfant ou sur la saison, l’un dise que l’enfant verra l’âge adulte, l’autre non. L’un annonce la pluie et l’autre le beau temps. Il est bien certain qu’il y aura au moins sur les deux un prophète. » Les devins de notre monde n’ont certes pas toujours tort, mais dans la mesure où ils n’ont pas toujours raison, il est difficile de les croire. Un seul mensonge suffit à détruire une réputation.


De même, Jésus a accompli des prophéties et a réalisé de nombreux miracles. Avez-vous lu le Sermon sur la Montagne ? C’est magnifique ! Avez-vous vu tous les miracles qu’il a faits ? C’est génial ! Avez-vous lu les prophéties qu’il a faites le concernant ? « Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes, ils le feront mourir, et le troisième jour, il ressuscitera. » (Matthieu 17.22-23) Jésus a parlé en tout neuf fois de sa résurrection dans les quatre évangiles. Mais imaginez-vous par contre que cette ultime prophétie n’ait pas été réalisée et que Jésus ne soit pas ressuscité des morts. Disons que Jésus aura réussi 99% de ce qu’il devait faire… est-ce suffisant ? Non, si Jésus n’est pas ressuscité, la crédibilité que l’on peut accorder à ce tout qu’il nous a enseigné avec le Sermon sur la Montagne, à tout ce qu’il nous a montré à travers les miracles, aux prophéties de l’Ancien Testament qu’il a accompli sur la croix… plus rien n’a de sens si la dernière prophétie, celle de la résurrection, n’a pas été accomplie. Jésus ressemblerait alors à un de nos devins de ce monde comme l’a dit Voltaire. Par contre, s’il a effectivement été capable de prophétiser sa propre mort et sa propre résurrection, s’il est effectivement mort et ressuscité, alors oui on peut avoir confiance dans l’ensemble de ce qu’il a dit ou fait, alors oui on peut le croire sans l’ombre d’un doute, alors oui la seule chose qu’il nous reste à faire est de lui demander de devenir « Mon Seigneur et mon Dieu » comme Thomas l’a fait après avoir vérifié que ce Jésus vivant avait bien les mains et les pieds percés.


C’est donc grâce à la résurrection que nous pouvons avoir pleinement confiance en Dieu, il nous a montré qu’il était capable de faire même ce qui nous semblait être le plus improbable. Et toutes les promesses et prophéties bibliques prennent vie à la lumière de la résurrection. Dieu nous a promit sa présence à nos côtés chaque jour ? Nous pouvons le croire, ses promesses sont fiables. Dieu nous a promis son réconfort dans l’épreuve ? Nous pouvons le croire, ses promesses sont fiables. Dieu nous promis de prendre soin de ceux qui sont éprouvés parmi nous ? Nous pouvons le croire, ses promesses sont fiables. Quand Dieu dit : « Jamais je ne te délaisserai, jamais je ne t’abandonnerai. » (Deutéronome 31.8), pourquoi pouvons-nous le croire ? Car Dieu a montré à travers la résurrection l’étendue de sa puissance et de sa fidélité, Jésus a été capable de prédire sa résurrection et c’est ce qu’il s’est passé, toutes ses autres promesses sont donc fiables, comme celle de Deutéronome que nous venons de lire. Dieu n’est pas un Dieu qui tient parole uniquement 99% du temps, mais bien 100%. Pour notre église, je pense qu’il est bon de se rappeler de la fidélité de Dieu dans ces temps où nous nous accrochons à ses promesses et lui demandons son réconfort. Dans ce que nous vivons ces derniers jours, la résurrection avait aussi son mot à dire. C’était le premier enjeu, la crédibilité de Christ.


· 2- Deuxième enjeu : Le Salut à travers Christ. Souvent, dans nos milieux évangéliques, on résume Jésus uniquement à la croix, on croit que le « tout a été accompli » (Jean 19.30) s’arrête à Golgotha. La doctrine du Christ, dite la christologie, va en fait un peu plus loin que la simple croix du calvaire. Je vous demande donc de vous accrocher quelques minutes pour faire un peu de théologie et regarder d’un peu plus près la christologie, c'est-à-dire ce que Jésus est et ce que Jésus a fait, et donc ce qui constitue la source de notre salut en lui.


Les théologiens protestants ont résumé la christologie en six pants : sa divinité, son humanité, sa crucifixion, sa résurrection, son ascension et sa glorification. Et vous comprendrez assez facilement que s’il manque un de ces six pants, alors l’œuvre du Christ est incomplète, ce qui veut donc dire que le salut en Jésus-Christ est lui aussi incomplet. Notre salut ne peut se résumer et s'appuyer sur un seul de ces six aspects.


L’apôtre Paul, lui qui a été pourtant l’apôtre qui a le plus insisté dans ses épîtres sur la croix, a aussi fait le lien entre la résurrection et le salut : « Il a été livré à la mort à cause de nos péchés, et il a été ressuscité pour notre justification. » (Romains 4.25) En effet, si la mort de Jésus sur la croix avait pour but de payer le prix des fautes de tous les hommes, la résurrection elle était la preuve de l’acception de son sacrifice. Autrement dit, si Jésus n’avait pas été ressuscité, il n’y aurait alors aucune preuve que nos péchés ont été effacés. « Si le Christ n'est pas ressuscité, […] vous êtes encore sous le poids de vos péchés. » (1 Corinthiens 15.17) Parce que Jésus est désormais vivant, parce qu’on a eu la confirmation que son sacrifice a été accepté par Dieu le Père, il peut désormais accorder son pardon et sa vie à ceux qui croient en lui.


Pour essayer d’illustrer ce dernier point, prenons l’exemple de deux amis, Éric et Emmanuel. Éric a commis un délit et doit aller voir la police pour régler l’affaire. Son ami Emmanuel décide de le remplacer et d’y aller à sa place. Éric voit alors Emmanuel disparaitre derrière la lourde porte du commissariat. Ça y est, Emmanuel est parti. Éric est bien soulagé de ne pas y être allé, mais est-il pour autant rassuré ? Son délit a-t-il été effacé ? A ce moment là de l’histoire, on n’en sait rien ! On sait juste qu’Emmanuel est allé affronter ce qu'Éric n’a pas pu. Non, Éric ne sera rassuré et soulagé uniquement quand Emmanuel sortira du commissariat et lui dira que c’est bon, que l’affaire a pu être réglé, que le policier a accepté sa caution. Le délit d'Éric appartient désormais au passé, maintenant c’est officiel. Avant, cela était trop tôt, nous en savions rien. De même, tant que Jésus ne s’était pas relevé d’entre les morts, tant qu’il n’était pas ressuscité, nous n’avions aucune certitude que la mort avait bel été bien été vaincue, que nous n’aurions pas à payer pour nos délits plus tard. Sans la résurrection, nous sommes dans l’attente, nous n’avons aucune preuve que le sacrifice de Christ avait été accepté, aucune certitude de notre pardon.


Voyez-vous désormais toute l’importance de la résurrection pour notre salut ? Comprenez-vous mieux pourquoi Paul a dit « Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et votre foi est vaine. » (1 Corinthiens 5.14) ? Nier la résurrection, c’est n'avoir aucune certitude et donc remettre en cause le salut par la foi en Jésus-Christ. Grâce à la résurrection, nous n’avons plus à douter et nous pouvons dire haut et fort que « le salaire du péché, c’est la mort, mais le don de la grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Seigneur. » (Romains 6.23) Se rappeler de l’assurance de notre salut est un fondement de notre foi qu’il est bon de se rappeler quand nous sommes éprouvés. Que cela soit pour notre frère Daniel ou pour nous même, soyons convaincus de l’assurance de son salut et du notre, et concernant cela, la résurrection avait aussi son mot à dire. C’était le deuxième enjeu, le salut à travers Jésus-Christ.


· 3 - Troisième enjeu : L’Au-delà. Dans le chapitre 15 de 1 Corinthiens qui est le fil conducteur de notre réflexion ce matin, l’apôtre Paul aborde plusieurs thèmes en vis-à-vis de la résurrection de Christ, dont le thème de la résurrection des morts. D’ailleurs, Paul utilise l’argument de la résurrection des morts comme fil conducteur dans son développement, nous ne pouvons l’ignorer. J’avais prévu depuis longtemps d’aborder ce sujet, je n’ai pas modifié mon thème ces derniers jours et ne peux pas me permettre d’ignorer toute la deuxième partie du chapitre 15 qui parle de la résurrection des morts, je prie simplement que Dieu me donne la sagesse et la sensibilité nécessaire pour cela.


Premièrement, du point de vue de la fin des temps, si le Christ est toujours dans sa tombe, s’il n’est pas ressuscité, cela ne sert à rien de regarder vers le ciel en espérant le voir arriver au milieu des nuages. Si le corps de Jésus est encore aujourd’hui du coté de Jérusalem, alors quelle est notre espérance pour l’Au-delà ? Si Dieu le Père n’a pas été capable de ressusciter son propre Fils, comment pourrait-il ressusciter tous les chrétiens du monde ? « Si les morts ne peuvent pas revivre, alors Christ non plus n’est pas revenu à la vie. » (1 Corinthiens 15.16) Voyez-vous comment l’apôtre Paul met en relation la résurrection de Christ et la notre ? Si Christ est encore mort, en quoi alors espérons-nous après notre mort ? Notre espérance est alors vaine si la mort est plus forte que la vie. « Si les morts ne se réveillent pas, alors mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » (1 Corinthiens 15.32) Et « si nous mettons notre espérance seulement dans cette vie présente, alors nous sommes les plus malheureux des hommes… » (1 Corinthiens 15.19) Et oui !


Dans 1 Corinthiens 15, après avoir avec des arguments d’histoire, de logique, de théologie et d’expérience expliqué pourquoi croire à la résurrection, l’apôtre Paul aborde dans la deuxième partie du chapitre 15 les questions pratiques telles que comment cela va se passer ? Comment allons-nous ressusciter ? Avant sa mort à Golgotha, Jésus se comportait presque comme un homme normal, il avait faim et soif, parfois même fatigué- en effet, il marchait beaucoup. A part quelques miracles nautiques, Jésus était dans son corps vraiment comme un homme. Puis, après sa résurrection, même s’il porte sur lui la trace de ses blessures, Jésus apparaît au milieu d’une pièce aux portes fermées, il apparaît sur le chemin d’Emmaüs, il s’élève dans les nuées… son corps ne semble plus tout à fait être le même. Nous ne sommes pas ici dans le cas de Lazare qui a été ressuscité avec son corps physique normal. Jésus n’est pas revenu à la vie grâce à une simple guérison de ses blessures, mais il est revenu à la vie avec un nouveau corps glorieux, en même temps proche physiquement mais si loin spirituellement, un peu comme ce qu’on peut lire dans l’Apocalypse où est décrit « l’Agneau immolé » (Apocalypse 5.6). La Résurrection de Christ n’abolit donc pas la Passion comme un mauvais souvenir mais ouvre une porte sur une réalité glorieuse avec un corps « plein de force et de gloire » (1 Corinthiens 15.43). Pour faire le parallèle avec notre propre résurrection, l’apôtre Paul utilise à partir du verset 36 l’image de la graine et de la plante. La graine doit mourir pour pouvoir germer et laisser sa place à une plante, bien plus grande et bien plus belle. La plante finale est incomparablement plus belle, nous n’aurions jamais osé l’imaginer en regardant la graine initiale. Alors que notre corps actuel faible et fragile est marqué par le premier Adam, notre nouveau corps viendra du dernier Adam et sera animé par l’Esprit. Mais concrètement, à quoi cela correspond ce fameux corps spirituel ? J’en sais rien, la Bible n’apporte pas de réponses physico-chimiques ou morphologiques mais reste dans son registre préféré, celui de la théologie. L’apôtre Paul n’en savait rien lui non plus et jette en vrac plusieurs images, celle de la graine et de la plante, celle des étoiles et du soleil, celle du corruptible et de l’incorruptible… Nous n’en saurons pas plus, désolé, retenons simplement l’idée que quand Christ reviendra au son de la trompette, nous recevrons un nouveau corps et nous « porterons l’image de celui qui est venu du ciel. » (1 Corinthiens 15.49) Et il est bon de se rappeler cela quand nous sommes confrontés à l’Au-delà, oui il est bon de se rappeler ensemble de cette espérance et de savoir que Dieu nous prépare quelque chose incomparablement plus beau que ce que nous pouvons imaginer par nous-mêmes.


Voilà donc tout ce que Paul développe dans son chapitre 15 et voilà ce qui l’amène à arriver à cette célèbre tirade : « La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15.55) Concernant l’Au-delà, la résurrection de Christ avait aussi son mot à dire, c’était notre troisième enjeu : notre propre résurrection.


· Conclusion - Qu’est ce que cela change pour moi au quotidien ?


A l’heure de conclure, nous avons donc parcouru le chapitre 15 de la première épître aux Corinthiens et redécouvert plusieurs choses. Premièrement la réalité historique de la résurrection de Christ, en effet il est important d’en être convaincu pour aller plus loin. En revenant 2000 ans en arrière, nous avons vu qu’aucune objection ne tient la route et que le tombeau est donc bel et bien vide ! Deuxièmement les enjeux théologiques de la résurrection. Nous avons réfléchi à trois fondements de notre foi qui ne tiennent plus débout sans la résurrection : la crédibilité de Jésus, le salut qu’il nous offre à travers lui et enfin notre propre résurrection. Il aurait été possible d’aborder de nombreux autres points de doctrine qui sont tous remis en cause sans la résurrection de Christ. Pour les plus curieux, je vous conseille le livre de Gérard Chrispin : « La Résurrection : un trésor méconnu ».


Enfin, je souhaiterais conclure ma prédication de la même manière que l’apôtre Paul a conclu la sienne à la toute fin du chapitre 15. Pour ceux qui ne sont pas fans de théologie et qui préfèrent les choses concrètes et pratiques, alors rassurez-vous, la résurrection de Christ a aussi son mot à dire. L’apôtre Paul, après avoir pris le temps d’exposer pendant 57 versets les enjeux de la résurrection en long, en large et en travers, il finit ce chapitre par un petit verset des plus délicieux : « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est jamais inutile. » (1 Corinthiens 15.58).


Étonnant de finir par un tel verset d’ordre si pratique, n’est-ce pas ? Pourquoi ? En effet, c’est en étant ancrés dans la vie de notre Seigneur, dans sa victoire sur la mort, dans l’assurance de notre salut, dans l’espérance de vivre avec lui, dans la perspective de vivre éternellement que nous trouvons nos motivations et nos forces pour le servir et pour travailler sans relâche pour l’honneur de son nom. Comme le dit C.S Lewis: « C'est ceux qui ont le plus d'assurance pour le Ciel qui ont le plus de force et d'amour pour cette terre ». Enfin, tout comme la résurrection de Christ est venue rassurer, consoler et fortifier les disciples d’Emmaüs, elle vient aujourd’hui nous relever, nous les disciples de Chassieu, nous réconforter, nous soutenir, nous affermir, nous encourager et nous envoyer. Loué soit Dieu pour cela !


« Si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et votre foi est vaine. »


P.L.