jeudi 19 février 2009

Job 6.13 Images du salut

« Le salut est-il loin de moi ? »

(Job 6.13)


Introduction


· « Votre foi au Christ vous rend-elle plus forts ? Son amour vous encourage-t-il ? Etes vous en communion avec le Saint Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? » (Philippiens 2.1) Ces questions, l’apôtre Paul les pose aux Philippiens et je voudrais aussi vous les poser en ce début d’année. Où en êtes-vous au niveau de votre relation avec votre Seigneur ? Comment ça va actuellement ? (…) Peut-être que certains d’entre vous ont passé de bonnes vacances au ski, réveillonné avec votre église dans les Alpes. Alors oui, vous avez la pêche, et votre relation avec le Seigneur va plutôt bien ces derniers temps. D’autres ont peut-être aussi passé leurs vacances au fin fond de la Creuse en train de réviser un partiel de statistiques industrielles. Alors non, ça va pas trop fort actuellement, vous ne vous sentez pas vraiment bouillants pour le Seigneur en ce début d’année. « Votre foi au Christ vous rend-elle plus forts ? Son amour vous encourage-t-il ? Etes vous en communion avec le Saint Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? » Certains répondront donc oui, d’autres non.


Néanmoins il y a une question à laquelle nous devons tous répondre la même chose, que l’on ait passé des vacances dans les Alpes ou dans la Creuse, que l’on ait actuellement la pêche pour le Seigneur ou pas, que l’on ait répondu oui ou non dans sa tête aux questions précédentes. Si les circonstances de la vie peuvent influencer la qualité de notre relation avec notre Seigneur, cela n’est pas le cas avec notre Sauveur. A la question « Le salut est-il loin de moi ? » (Job 6.13) nous répondons tous non. Notre salut ne dépend pas de notre humeur actuelle, il ne dépend pas de notre pêche pour le Seigneur en ce début d’année. Notre salut dépend uniquement de la Croix de Jésus-Christ, voilà donc une première raison pour laquelle notre salut est au centre de notre foi.


De plus, nous retrouvons le mot salut près de 200 fois dans la Bible, ce qui en fait un des thèmes les plus importants dans la Bible, voilà une deuxième raison pour laquelle il est au centre de notre foi. Mais avant d’aller plus loin, un petit jeu, selon vous, qu’est ce que le salut ? (…)


Le salut est une notion plutôt connue, au centre de notre foi donc, mais en même temps toujours un peu floue, n’est ce pas ? J’aimerai donc éclaircir avec vous ce soir cette notion si importante et pourtant si abstraite parfois dans nos esprits. Essayons de mieux comprendre ce qui se cache derrière ce terme que nous entendons ou lisons si souvent.


C’est donc parti pour un petit voyage. Dans un premier temps, nous irons au sanctuaire pour voir le salut comme propitiation, puis sur le marché public le salut comme rédemption, puis au palais de justice le salut comme justification, puis nous rentrerons à la maison pour voir le salut comme réconciliation. Voilà les quatre images que nous allons explorer ensemble afin de mieux saisir et comprendre le salut que Dieu nous a offert en Jésus-Christ.


· I- La propitiation au sanctuaire

- Propitiation, quel drôle de mot n’est ce pas ? Dans le genre patois de Canaan, on n’a pas vu mieux ! Commençons alors par ouvrir le petit Robert illustré : du latin propitius, action qui rend la divinité propice, clémente envers les humains. Rendre « propice » quelqu’un, c’est donc apaiser sa colère, calmer son irritation. Pour être plus précis, le propitiatoire était le couvercle de l’arche de l’alliance sur lequel le grand prêtre répandait le sang le jour des expiations pour le pardon des péchés du peuple (Lévitique 16).


Vous comprenez désormais peut-être mieux pourquoi l’apôtre Paul a utilisé l’adjectif propitiatoire dans le verset suivant : « C’est lui [Jésus] que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire » (Romains 3.25) Jean aborde aussi la notion de propitiation dans sa première épître en 1 Jean 2.1-2 et 1 Jean 4.10.


- Qui dit apaisement de la colère, dit colère initiale. Dieu est-il donc en colère ? Faut-il s’imaginer donc que Dieu s’irrite pour n’importe quoi, qu’Il est capricieux, violent, colérique et irraisonnable ? Avant tout, attention, n’attribuons pas au mot colère le sens qu’on lui attribue humainement. Qu’est ce qui vous met en colère vous ? Réfléchissez y et vous verrez que la colère de Dieu se situe aux antipodes de la nôtre : ce qui excite notre colère (notre orgueil blessé) ne déclenche jamais la sienne, mais ce qui déclenche sa colère (le mal) ne provoque jamais la nôtre. Sa colère est prévisible puisqu’elle n’est provoquée que par le péché et rien que par le péché. D’ailleurs, dans la Bible, ce terme désigne l’activité de Dieu contre le Péché, activité déjà actuelle mais surtout future avec le Jugement Dernier. Romains 2.5 ou bien Jean 3.36 « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » Attention donc à l’amalgame, Dieu est saint, ainsi donc que sa colère, rejet absolu de notre péché.


Deuxième amalgame à faire attention, celui de croire que notre Dieu est comme les dieux païens qui se laissent fléchir, amadouer par un sacrifice offert par quelqu’un, même par Christ. Dieu ne se laisse pas influencer ou forcer la main par quelconque œuvre sur la terre. D’ailleurs, même les sacrifices de l’Ancien Testament n’étaient déjà pas des œuvres humaines, mais bien des dons divins. (Lévitique 17.11) « Je vous l’ai donné sur l’autel pour l’expiation des péchés» dit Dieu en parlant du sang des animaux. C’est donc Dieu seul qui a pris l’initiative à Golgotha et pour être plus précis, l’amour de Dieu est la cause de sa propitiation et non la conséquence. Il ne faut pas dire que Christ est mort sur la croix donc Dieu nous aime mais plutôt Dieu nous aime donc Christ est mort sur la croix. Dieu a donné libre cours à son amour pour apaiser sa colère en la subissant lui-même en la personne de Jésus-Christ.


Enfin, dernier piège à éviter, croire que Dieu a changé ; que sa colère s’est transformée en amour. C’est un piège car Dieu est immuable dans le temps. Là où il y a un changement avec la propitiation, ce n’est pas concernant la nature de Dieu, mais concernant ses relations avec les humains. Les sentiments de Dieu à notre égard n’ont jamais changé, mais c’est la manière dont il aurait du nous traiter qui a changé.


- Etre sauvé, c’est donc échapper à la colère de Dieu. Ainsi, dans l’Ancien Testament, Dieu est en colère contre toutes les nations, Israël parfois compris. Par contre, dans le Nouveau Testament, le mot colère n’est utilisé plus que contre ceux qui ne croient pas. Le peuple de Dieu n’est plus concerné par cette colère, en effet, celle-ci a été apaisée à la croix. Quand vous péchez, Dieu peut être tout comme vous triste ou déçu. Mais il ne sera plus jamais en colère contre vous, aujourd’hui comme demain.


Pour résumer, avant Dieu pouvait dire de vous : « Je donnerai libre cours à ma colère, j’irai jusqu’au bout de ma fureur et exercerai ma vengeance contre vous. » (Ezéchiel 5.13) Désormais, vous êtes sauvés, il ne vous reste plus qu’à s’exclamer avec Paul : « A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. » (Romains 5.9)


Voilà pour la première image du salut, la propitiation où nous sommes donc allés au sanctuaire. Continuons donc notre petit voyage pour toujours mieux comprendre le salut que Dieu nous offre.


· II - La rédemption sur le marché public

Nous voilà donc arrivés sur la place principale, celle du marché public, là où étaient vendus et achetés les esclaves. Avant tout, regardons de nouveau dans le petit Robert pour se mettre d’accord sur la définition de ce mot. Du latin redemptio, action de ramener quelqu’un au bien, de se racheter.


Les Juifs étaient sûrement plus familiers avec cette notion, puisqu’elle est présente dans le Pentateuque. Par exemple, pour une propriété d’un parent décédé, pour le propriétaire d’un animal ayant causé la mort de quelqu’un, pour les premiers nés animaux ou humains, la Loi de Moïse contient de nombreux cas de rédemption, faisant tous intervenir une décision coûteuse, une rançon. (Lv 25.28, Jr 32.6, Ex 13, Nb 18.14, Ex 30.12, Nb 3.40, Lv 25. 47… d’accord, j’arrête !!!)


- Qui dit rédemption, dit esclavage dans un premier temps. Les Israélites étaient délivrés de différents maux sociaux, tels que l’endettement, la captivité, l’esclavage, l’exil ou bien même la condamnation à mort. Or, l’esclavage duquel Christ nous a rachetés est de nature morale. Nous savons tous à quel point nous pouvons être dépendants du péché, comment nous pensons parfois être libérés mais comment le péché nous rattrape toujours. C’est du pouvoir du péché, de la crainte de la mort et de la mort elle-même que Christ nous a rachetés.


Posons nous désormais la question du prix. Quelle est la nature de la rançon qui a été payé pour notre rédemption ? Si la Bible ne nous dit pas exactement à qui a été payé cette rançon, elle ne laisse cependant aucun doute concernant sa nature, le Christ en personne, et plus précisément son sang. « Ce n’est point par des choses périssables –or ou argent- que vous avez été rachetés, mais par le sang précieux du Christ. » (1 Pierre 1.18) Le sang désigne parfois dans les Ecritures la vie, mais dans ce contexte, cela signifie avant tout la mort.


Nous pourrions nous en arrêter là, nous étions esclaves et Dieu nous a rachetés par le sang du Christ. Mais cela serait oublier que celui qui a payé cette rançon s’est aussi acquis les droits de propriétés de l’esclave racheté. Cela semble logique, n’est ce pas ? Se sachant rachetés, nous devrions être encouragés à vivre dans la sainteté. Pierre s’indigne d’ailleurs contre ceux « qui renient le Maître qui les a rachetés » (1 Pierre 2.1) Paul écrit la même idée aux Corinthiens qui n’étaient pas des exemples avec leur orgies. « Dieu vous a rachetés à grand prix, glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit » (1 Corinthiens 6.20) Le film de Mel Gibson, aussi critiqué soit-il, a eu le mérite de nous faire réaliser la valeur du prix qui a été payé pour notre rédemption. N’oublions pas cette croix, n’oublions pas ce prix et vivons donc chaque jour de cette nouvelle année toujours plus avec et pour Dieu !


- Pour résumer, avant vous pouviez dire avec Paul : « Oui, nous le savons, la loi vient de Dieu, mais moi, je suis un homme faible, vendu comme esclave au péché. » (Romains 6.14) Désormais, vous êtes sauvés par le sang du Christ et vous êtes concernés par ce verset : « Jésus naquit d’une femme, et fut soumis à la loi juive, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la loi, pour faire de nous des enfants de Dieu » (Galates 4.4-5)


La deuxième image du salut vient donc de nous emmener sur le marché public pour la rédemption et je vous invite à me suivre pour aller au palais de justice.


· III - La justification au palais de justice


Notre visite de la ville continue, nous voilà au palais de justice pour découvrir la troisième image possible du salut, celle de la justification. Du latin justificare, action de justifier, de mettre hors de cause. Je pense que nous sommes plutôt familier avec cette notion, le 20 minutes nous alimentant chaque jour de son flot d’anecdotes juridiques. Par la justification, Dieu nous reconnaît donc le statut de « juste » à ses yeux. Sans rien changer à notre nature, Dieu nous accorde simplement un nouveau statut juridique envers lui.


- « Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. » dit Dieu en Esaïe 53.11 La prophétie messianique la plus connue de l’Ancien Testament est d’ailleurs en rapport à la justification. Même si ce terme là nous est plutôt familier, il n’en reste pas moins mystérieux. « Dieu justifie le pécheur » (Romains 4.5) Comment cela est-ce possible ? Comment le juste Juge peut déclarer juste l’injuste ? A y réfléchir, reconnaissez que cela semble plutôt bancal, n’est ce pas ? Voilà pourquoi j’aimerai réexaminer le pourquoi du comment de la justification, avec sa source, son fondement, son moyen et ses effets.


D’abord sa source donc. « Nous sommes justifiés par sa grâce » (Romains 3.24) Effectivement, notre justification est imméritée. « Il n’y a pas un juste, pas même un seul » (Romains 3.10) Et même nos meilleurs œuvres n’y sont pour rien nous dit encore Romains 3.20. Paul insiste vraiment sur cette grâce en laquelle prend source notre justification. Pas de péché, pas de besoin de justification, mais pas de grâce, pas de possibilité de justification. Pas de justification… pas de justification !


Ensuite quel est le fondement de notre justification ? « Maintenant que nous sommes justifiés par son sang » (Romains 5.9) Notre justification n’est donc pas une amnistie, c'est-à-dire que Dieu déciderait de fermer les yeux sur nos fautes, de les oublier et de nous pardonner comme cela, sans cause. Non, la justification de Dieu est un acte de justice, au contraire de l’amnistie. En 2002, notre cher Chirac a décidé d’amnistier Guy Drut, un député impliqué dans des histoires d’emplois fictifs. Chirac a demandé à la Justice Française d’oublier cette histoire et de laisser Guy Drut sortir de prison et de retourner tranquillement dans son Pas-de-Calais natal. Notre justification à nous n’a rien d’un tel acte d’injustice ! Entre temps, le sang du Christ a coulé sur la croix. Dieu ne dit pas de nous que nous sommes de braves gens et exempt de péché. Non, le pardon de Dieu ne nous est pas accordé sans fondement.


Regardons désormais au moyen de la justification. Paul a une expression favorite que vous devez sûrement connaître « Nous sommes justifiés par la foi » (Romains 3.28, 5.1, Galates 2.16, Philippiens 3.9) Dieu justifie celui qui croit, non en raison de la valeur de sa foi elle-même, mais en raison de la valeur de celui sur qui elle repose, c'est-à-dire le Christ. Voilà pourquoi la foi en elle-même n’est que le moyen de notre justification, c'est-à-dire la manière grâce à laquelle nous sommes associés à la croix et grâce à laquelle le sacrifice du Christ a la valeur d’un sacrifice de substitution nous concernant.


Enfin, considérons maintenant les effets de notre justification. « Nous sommes justifiés en Christ » (Galates 2.14 TOB) Cette expression de Paul a pour but de nous unir à cette justification qui n’est pas extérieure à nous. Cela nous concernant donc tous au plus profond de nous-même, voilà pourquoi Paul nous exhorte à être « zélés pour les bonnes œuvres » (Tite 2.14) Les bonnes œuvres n’arrivent donc que comme effet de notre justification et non comme l’origine et le moteur, je pense que vous en étiez déjà convaincus.


- Pour résumer, avant Dieu disait de son peuple « J’ai plus d’un crime à reprocher aux gens d’Israël, c’est pourquoi je ne reviendrais pas sur la décision que j’ai prise. Je leur reproche en particulier ceci :… » (Amos 2.6) Et s’en suit une longue liste de péchés commis par Israël. Désormais, vous êtes sauvés et vous pouvez proclamer haut et fort « Qui accusera les élus de Dieu? C’est Dieu qui justifie! Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! Qui nous séparera de l’amour de Christ? » (Romains 8.33-35)


Cette troisième image au palais de justice nous a montré Dieu sous l’aspect d’un Juge, d’un Roi. Cela est loin de l’image que nous avons de Dieu au quotidien, celle d’un Père. Voilà pourquoi je vous invite à finir notre voyage en passant du palais de justice à la maison.


· IV - La réconciliation à la maison

Nous voici à la maison pour l’image de la réconciliation. Notre petit Robert illustré nous dit : du latin reconciliare, action de rétablir des relations amicales entre des personnes brouillées. Dans notre cas, nous sommes brouillés avec Dieu pour reprendre cet adjectif depuis le jardin d’Eden où l’harmonie qu’il y avait a été détruite par la désobéissance d’Eve et d’Adam, et la notre par héritage d’après Romains 5.


Voici l’un des passages les plus importants sur ce thème de la réconciliation : « Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! » (2 Corinthiens 5.18-20)

- Quelles leçons pouvons nous tirer de ce passage ? Premièrement que Dieu est l’auteur de la réconciliation. Nous y sommes pour rien. Voici un petit détail grammatical intéressant, quand l’homme est le sujet, le verbe réconcilier est toujours à la voix passive, et quand Dieu est le sujet, alors c’est à la voix active. Désolé de vous rappeler des mauvais souvenirs de l’école primaire ! Mais pour une fois, la grammaire nous apprend quelque chose, Dieu est seul l’auteur de cette réconciliation !


Puis, on apprend que Christ est l’agent de la réconciliation. C’est lui qui a abandonné ses privilèges de Fils de Dieu et qui a été « brouillé » avec Dieu sur la Croix et pendant les trois heures d’obscurité qui s’en sont suivies, afin que nous ayons une relation « amicale » avec Dieu. C’est le miracle de la substitution, le fait que Jésus est pris notre place et qu’on ait pris la sienne. Luther a dit : « Seigneur Jésus, tu es ma justice et moi je suis ton péché. Tu t’es revêtu de ce qui était mien et tu m’as revêtu de ce qui était tien. Tu es devenu ce que tu n’étais pas, afin que je devienne ce que je n’étais pas. » Voilà pourquoi nous ne sommes plus brouillés avec Dieu et pourquoi nous avons pu être réconciliés.


Enfin, nous sommes nous les ambassadeurs de la réconciliation. D’un point de vue vertical, cela s’appelle l’évangélisation. Annoncez aux hommes qu’ils ne leur restent plus qu’à recevoir la réconciliation avec Dieu. Et d’un point de vue horizontal, cela s’appelle la paix entre les hommes. Par exemple en Ephésiens 2 où Paul exhorte Juifs et païens à abolir le mur qui les séparaient et à se réconcilier en Christ.


Dieu est donc l’auteur de la réconciliation, Christ en est l’agent et nous en sommes désormais les ambassadeurs d’un point de vue vertical comme horizontal.


- Enfin, j’aimerai détailler avec vous ce que l’on a obtenu en étant réconciliés avec Dieu, en cessant d’être brouillés avec lui. Désormais, nous sommes adoptés, nous sommes en effet appelés enfants de Dieu. Jean s’émerveille de cette adoption dans sa première épître. Voilà pourquoi nous pouvons dire « Abba », c'est-à-dire Père. Nous sommes ses enfants, n’est ce pas magnifique ?


Deuxièmement, « nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance » (Ephésiens 3.12) Nous ne bénéficions pas seulement de l’adoption, mais aussi de l’accès à Dieu. Il suffit de lire certains passages de l’Ancien Testament pour comprendre comment il était difficile et très rare d’accéder à Dieu et à sa présence. Lisez Lévitique et vous rendrez compte de la chance que vous avez d’avoir un tel accès à Dieu !


- Pour résumer, avant vous pouviez dire avec Job « Mais si je vais à l’est, Dieu n’y est pas. Si je vais à l’ouest, je ne le trouve pas. Est-ce qu’il est occupé au nord? Je ne le vois pas. Quand je reviens au sud, je ne l’aperçois pas. » (Job 23.8-9) Désormais vous êtes sauvés et Dieu vous serre contre lui et vous embrasse en disant : « Dépêchez vous d’apporter la plus belle robe, mettez lui une bague et des chaussures, tuez le veau gras et faisons un joyeux repas ! » (Luc 15.22-23)


· Conclusion


Notre voyage s’achève donc ici, nous sommes donc allés au sanctuaire pour découvrir la propitiation, sur le marché public pour la rédemption, puis au palais de justice pour la justification et enfin à la maison pour la réconciliation. Aucune de ces images ne peut représenter totalement ce qu’est le salut, mais toutes se complètent les unes les autres.


Toutes partent certes d’un état initial différent. La propitiation nous rappelle que nous sommes sous le coup de la colère de Dieu, la rédemption notre état d’esclave, la justification notre culpabilité et la réconciliation notre intimité brouillée avec Dieu. Toutes partent donc d’un état initial différent, mais toutes ont des points communs. C’est Dieu qui a pris l’initiative et c’est lui qui a tout accompli par amour (1 Jean 4.10, Luc 1.68, Romains 8.33, 2 Corinthiens 5.18). De plus, le salut de Dieu passe à chaque fois par le seul moyen du sang du Christ. Enfin, je n’en ai pas parlé, mais chaque image a été achevé sur la croix, est valable donc dès aujourd’hui et a pour perspective l’éternité.


Mais arrêtons là la théologie et revenons en à nos questions initiales. « Le salut est-il loin de moi ? » demandait-on avec Job au début. Nous avions déjà répondu dans la joie que non le salut n’est pas loin de nous. Mais maintenant que nous comprenons encore mieux ce que veut dire ce mot salut, il en est d’autant plus magnifique de pouvoir répondre non à cette question ! Plus nous comprendrons ce que le salut signifie, plus nous serons reconnaissants envers Dieu et dans la joie de pouvoir affirmer que ce salut n’est pas loin de nous !


Et plus nous comprendrons l’amour que Dieu a eu en apaisant sa colère, en nous délivrant de l’esclavage, en nous attribuant le statut de juste, en nous réconciliant avec lui, plus nous comprendrons cela, plus nous nous en émerveillerons, alors plus notre foi au Christ nous rendra forts, plus son amour nous encouragera, plus nous serons en communion avec le Saint Esprit, plus nous aurons de l’affection et de la bonté les uns pour les autres. D’ailleurs, Paul, après avoir posé ces questions au début donc du chapitre 2 des Philippiens, invite ses lecteurs à regarder au Christ, à celui en qui le salut a été accomplit. Plus nous comprendrons ce qu’il s’est passé sur cette croix, plus nous regarderons à l’œuvre du Christ, alors plus nous aurons de chance de répondre oui aux questions de Paul durant cette nouvelle année 2007.


« Votre foi au Christ vous rend-elle plus forts ? Son amour vous encourage-t-il ? Etes vous en communion avec le Saint Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? » (Philippiens 2.1)


Seigneur, apprends nous à regarder à toi pour cette nouvelle année et à toujours mieux comprendre ton salut. Nous n’en serons que plus proches de toi et de nos frères et sœurs. Amen.

P.L.

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