« Nous avions espéré qu’il était celui qui devait délivrer Israël, mais hélas, voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé. »
Luc 24.21
Luc 24.21
• Introduction - La déception dans la Bible ?
Avez-vous déjà lu les épîtres de Paul ? Avez-vous déjà vu comment il semble être un surhomme parfois ? Lisez donc ces quelques versets : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » (Philippiens 4.13) « Réjouissez vous dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 4.4) Si je trouve ces versets très encourageants, je les trouve parfois loin de mon quotidien et de ma réalité. Je ne suis pas un surhomme moi, et puis je n’arrive pas à sourire sans cesse. Je suppose que sur ces points là, vous devez me ressembler parfois, n’est ce pas ?
Je ne cherche pas à enlever la valeur de ces beaux versets de l’épître aux Philippiens mais je souhaiterais aujourd’hui avec vous aborder les choses avec un angle de vue différent, celui de la déception, celui de la tristesse et de l’incompréhension. Mon objectif n’est pas de vous faire déprimer ce soir mais de réfléchir ensemble sur des thèmes parfois un peu tabous dans nos églises. En effet, nous sommes tellement exhortés à rayonner de la lumière de notre Seigneur et à être dans la joie grâce à lui, que si un jour une personne est triste et n’arrive pas à trouver un sujet de joie, alors on lui reproche inconsciemment d’être froide et de n’avoir pas tout compris. Et la personne concernée culpabilise et cache ses sentiments de déception et d’incompréhension. « C’est de ma faute, je n’ai pas compris un truc, je suis nul(le)… » Peut-elle se dire. Des sentiments enfouis étant dangereux, vous conviendrez avec moi que la situation de cette personne, peut-être vous ce soir, n’est pas optimale et mérite de s’y intéresser.
• Aujourd’hui, je souhaiterais donc aborder ces thèmes là en leur accordant toute leur importance et en ne les dénigrant pas. Et pour cela, je vous propose d’avoir une réflexion centrée sur la Bible, c’est la meilleure manière de savoir ce que Dieu en pense. Nous avons lu au tout début quelques versets de Philippiens, je vous invite maintenant à ouvrir l’Evangile de Luc au chapitre 24 :
« Le même jour, deux disciples se rendaient à un village nommé Emmaüs, à une douzaine de kilomètres de Jérusalem. Ils s'entretenaient de tous ces événements. Pendant qu'ils échangeaient ainsi leurs propos et leurs réflexions, Jésus lui-même s'approcha d'eux et les accompagna. Mais leurs yeux étaient incapables de le reconnaître. Il leur dit: « De quoi discutez-vous en marchant? » Ils s'arrêtèrent, l'air attristé. L'un d'eux, nommé Cléopas, lui répondit: « Es-tu le seul parmi ceux qui séjournent à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s'y est passé ces jours-ci? » « Quoi donc? » leur demanda-t-il. « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth. C'était un prophète qui agissait et parlait avec puissance, devant Dieu et devant tout le peuple. Nos chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré aux Romains pour le faire condamner à mort et clouer sur une croix. Nous avions espéré qu'il était celui qui devait délivrer Israël. Mais hélas! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé. Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont fort étonnés. Elles sont allées au tombeau très tôt ce matin, mais elles n'ont pas trouvé son corps et sont venues raconter qu'elles ont vu apparaître des anges qui leur ont assuré qu'il est vivant. Là-dessus, quelques-uns de ceux qui étaient avec nous se sont aussi rendus au tombeau; ils ont bien trouvé les choses telles que les femmes les ont décrites; mais lui, ils ne l'ont pas vu. » (Luc 24.13-24)
Cette lecture, certes un peu longue, nous apporte un premier enseignement : la déception n’est pas taboue dans la Bible. Nos deux disciples étaient ici tout tristes, tout déçus, ils marchaient sûrement le pas un peu penaud. Ils pensaient que le Messie allait les délivrer politiquement parlant, qu’il allait faire fuir l’occupant romain qui était là que depuis trop longtemps. C’est vrai que tout Jérusalem devait en avoir marre de payer des impôts à Rome, c’est vrai tous les disciples de Jésus avaient cru avoir trouvé un sens à leur vie en suivant Jésus, c’est vrai qu’ils avaient placé tout leur espoir en lui pour devenir roi d’un royaume d’Israël enfin libre. Ils marchent donc déçu, pensant que tout est tombé à l’eau. Je pense que j’aurai moi-même aussi réagi ainsi à l’annonce de la mort de Jésus à Golgotha.
• Je reviendrai à ce texte plus tard, l’objectif est pour l’instant de simplement constater que la déception, l’incompréhension ne sont pas des sujets absents de la Bible. Je pourrais aussi citer quelques grands personnes bibliques qui sont eux aussi passés par des moments difficiles : Moïse avec la frousse quand il s’agit d’aller voir Pharaon, Elie avec sa dépression juste après avoir gagné une grande bataille contre Baal, Jonas avec ses pensées suicidaires car Ninive n’a pas été détruite par la main de l’Eternel, Job avec ses questions sans réponse concernant son malheur, David se sentant abandonné quand Saul lui court après, Paul épuisé après son séjour mouvementé à Ephèse… et il serait possible de continuer la liste ! Savez-vous quel est le point commun entre tous ses personnages bibliques ? C’est qu’ils ont tous avoué leur sentiments et surtout qu’ils l’ont dit à Dieu. Quand ils ont été épuisés, attristés, abandonnés, isolés, dépressifs, ils l’ont tous dit à Dieu et ne l’ont pas gardé au fond de leur cœur. Et Dieu les a écoutés et a fini à un moment ou à un autre par leur répondre et les encourager. Le second enseignement et conseil que je peux donc apporter ce soir à ceux d’entre nous qui seraient fatigués et déçus, c’est de le dire haut et fort à Dieu, de ne pas vouloir garder cela pour soi et de se faire ronger. Si vous voulez que Dieu change la situation, prenez le temps de lui demander, et pour cela, confiez-lui tout ce que vous avez sur le cœur actuellement. Même les plus grands personnages bibliques n’ont pas hésité à mettre des mots sur leurs sentiments et leur tristesse !
Ce soir, je voudrais tout particulièrement réfléchir sur plusieurs sources de déception, sur trois questions qui peuvent nous faire douter et nous amener à ressentir de la déception envers nous-mêmes, envers la vie en général ou envers Dieu lui-même. Je souhaiterais aborder trois grandes questions auxquelles je n'aurai ce soir la prétention que d’apporter des petites réponses : Dieu est-il injuste ? Dieu est-il loin ? Dieu ne sait-il pas ce qu’il fait ?
• I – Dieu est-il injuste ?
Cette première grande question peut en effet être une source de déception pour ceux qui voient Dieu comme un Dieu de paix, de justice et d’amour qui devrait faire que tout va bien sur la terre, ou du moins que le bonheur soit pour les justes et le malheur pour les méchants. Or force de constater, du temps de la Bible comme du notre, ce théorème n’est pas toujours vrai. Lisez le psaume 73 et vous verrez que ce sentiment d’injustice était déjà présent il y a plus de 2500 ans; les méchants s'en sortaient mieux que les justes! Alors oui, cette question sur l’injustice peut être une source d’incompréhension et de déception, entre un Dieu juste et une réalité apparemment injuste.
Connaissez-vous l’histoire de Job ? C’est l’histoire d’un homme qui suivait Dieu et qui était irréprochable. En quelques jours pourtant, il perdit ses troupeaux, ses biens, sa famille, sa santé. Sans qu’il n’ai fait quoi que ce soit pour mériter tout cela. Job résume la situation en disant « J’attendais le bonheur, mais le malheur est arrivé » (Job 30.26). Pourquoi une telle injustice ?
• Je souhaiterais aborder deux remarques à cette question. Tout d’abord, avez-vous remarqué qu’on accuse souvent Dieu pour tout ce qui est arrivé à Job, mais on en oublie presque qu’au tout début, c’est le diable qui est à l’origine de tout, c’est lui qui vient faire cette sorte de pari avec Dieu. Dans notre société, dès qu’il y a une guerre, dès qu’il y a une catastrophe, bien des personnes n’hésitent pas à critiquer ouvertement Dieu en oubliant que le diable n’est jamais bien loin dans ces cas là. La belle mécanique de la Genèse s’est déréglée quand le serpent est venu pointer son nez, la belle vie de Job se retrouve à terre quand le diable en personne vient proposer ce pari à Dieu. Retenons donc qu’il est trop facile d’accuser Dieu seul quand tout ne va pas bien, et souvenons-nous que le diable a aussi sa part de responsabilité dans tout ce qui peut arriver ici bas. Rappelez-vous en la prochaine fois que vous aurez faire face à une crasse !
La deuxième remarque que je voudrais faire sur la question de l’injustice concerne les promesses de Dieu. En effet, jamais dans la Bible Dieu n’a jamais promis que tout irait bien pour nous tous les jours, que la vie serait rose, qu’il n’y aurait pas d’injustice. Si nous avons une mauvaise image de Dieu, alors oui nous pouvons être déçus car nous nous attendons à quelque chose qu’il n’a pas promis, la justice sur la terre. D'ailleurs, Dieu nous avertit plus souvent que la terre risque à la fin des temps de ressembler à l’enfer qu’au Paradis ! Ayons une vision juste de Dieu, ne lui faisons pas dire des promesses qu’il n’a pas faites, croyez simplement les prophéties qu’il nous a données, et ainsi le risque de déception n’en sera que moins grand !
• Alors pourquoi l’injustice ? Pourquoi notre Dieu juste permet que la vie soit parfois injuste ici-bàs ? Je risque de vous décevoir: si je viens pourtant d’apporter deux remarques à cette question, je ne peux pas apporter de réponse fiable, tout simplement car je ne sais pas. Je suis comme vous, je n’ai pas trouvé de réponse biblique à ma déception. Pourquoi n'ai-je pas trouvé de réponse pour l’injustice ? Tout simplement car Dieu lui-même n’en a pas donné à Job. A force d’entendre Job l’appeler et le questionner, Dieu descend de son nuage au chapitre 38 et vient répondre à Job. Pensez-vous que Dieu va apporter une argumentation détaillée et expliquée sur les raisons de l’injustice dont se plaint Job ? Pensez-vous que Dieu va nous expliquer à nous lecteur pourquoi notre monde, notre société, notre vie ne reflète pas la justice divine ? Et bien non, raté, Dieu n’apporte aucune réponse. Il propose plutôt à Job (et à nous, lecteurs) de le contempler et de regarder sa création. Alors que Job se plaint de sa maladie et de sa famille perdue, Dieu prend le temps de regarder les bouquetins, les oiseaux, les arbres des champs, etc.
Cette non-réponse de Dieu me frustre et me laisse déçu, je pensais enfin avoir des explications. Néanmoins, il est possible d’en tirer quelques enseignements. A travers cette contemplation de la création, Dieu nous invite à nous mettre à sa place. Assez rapidement, nous nous rendons compte qu’il est impossible de prendre son rôle de Créateur et de Seigneur, lui seul est Juste, lui seul est Souverain. Nous n’aurons pas plus d’explications. Peut-être parce que tout éclaircissement ne nous servirait à rien (Jérémie se lamentait et pleurait même s’il savait pertinemment que c’était à cause de la faute d’Israël, la connaissance n’est pas répondu à ses larmes et à ses lamentations). Peut-être parce que nous ne pourrions pas comprendre (j’ai essayé d’expliquer la mécanique des solides continus à ma petite cousine, elle n’a pas compris). Quoi qu’il en soit, le résultat est le même, Dieu ne nous donne donc pas d’explications mais nous invite à fixer nos regards sur lui et sur lui seul. Cette réponse est-elle insuffisante ? Si elle reste frustrante, elle semble avoir été suffisante pour Job qui s’est revêtu, a balayé sa déception et son sentiment d’injustice et qui a repris sa vie en disant une des plus belles professions de foi que l’on peut trouver dans la Bible : « Mes oreilles avaient entendu parler de toi, mais maintenant mes yeux t’ont vu. » (Job 42.5) Que vous puissiez vous aussi dans vos moments de déception regarder et contempler Dieu lui-même au lieu de poursuivre des réponses trop grandes pour nous !
• II – Dieu est-il loin ?
La seconde grande question pouvant être source de déception, c’est celle de l’absence de Dieu, ou du moins notre sentiment d’absence de Dieu. Pourquoi Dieu est-il loin ? Pourquoi je ne le sens pas et ne le vois pas au quotidien ? Je ne crois pas beaucoup me tromper en disant qu’on passe tous par des moments où Dieu nous semble être à des millions de kilomètres, des moments où on recherche Dieu mais on n’arrive pas à le trouver, on l’appelle mais il ne répond pas, on le prie mais on ne ressent rien. La vie chrétienne est faite de hauts et de bas. Il n’y a aucune relation, avec des amis ou avec Dieu, où on se sent toujours proche de l’autre, où c’est toujours l’amour fou. Et dans ces moments là, oui, on peut être triste et déçu, déçu de voir et de croire Dieu loin de nous.
• Avant tout, si l’un d’entre nous se retrouverait dans ce cas là, la première chose que je voudrais vous dire est que ce n’est pas de votre faute, que cela ne vient pas d’un péché que vous auriez commis les semaines précédentes. Si vous commencez à culpabiliser et à s’imaginer que c’est de votre faute, alors j’en connais un qui sera doublement content de vous voir ainsi. Le sentiment d’être loin de Dieu n’est pas une conséquence d’une faute ou d’une erreur personnelle. Regardez l’exemple de David. Voici quelques uns de ses psaumes ! « Seigneur, pourquoi te tiens-tu éloigné ? Pourquoi te caches-tu quand la détresse est là ? » (Psaume 10.1) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22.1) « Réveille-toi Seigneur! Pourquoi restes-tu inactif? » (Psaume 44.23) David avait-il commis un péché en particulier au moment de dire et de chanter ses psaumes ? Je ne crois pas. Job avait-il commis une erreur quand ses troupeaux ont été décimés ? Quand sa famille est morte ? Quand il a commencé à être malade ? La Bible nous dit que Job était irréprochable. Alors s’il vous plaît, je vous demande de ne pas culpabiliser et de chercher je ne sais quoi à vous reprocher.
• Alors pourquoi un tel sentiment d’absence de Dieu ? Je n’ai pas de réponse toute faite à dire, je me permets juste de donner quelques conseils à ceux qui seraient actuellement dans cette situation. Et je souhaiterais vous donner quelques conseils à partir du livre de Job. En effet, ce qu’a vécu Job étant bien pire que ce que nous vivons nous, il est logique d’aller voir comment Job a réagit dans cette situation d’injustice et d’absence de Dieu.
Premièrement, dites tout à Dieu. Une fois de plus, comme je l’ai déjà dit en introduction, dites lui tout ce que vous avez sur le cœur, ne gardez pas cela en vous mais criez lui votre sentiment d’avoir été abandonné ou délaissé. D’ailleurs, il est intéressant de voir que Job s’est plus plaint du silence de Dieu que des malheurs qu’il était en train de subir. Job se sentait abandonné de Dieu et n’a pas hésité à lui dire et à le lui crier.
Deuxièmement, veillez à travers ces épreuves à ne pas remettre en cause votre image de Dieu, ne commencez pas à douter de l’amour de Dieu. Si un homme perdu sur une île déserte commence à se plaindre de la compétence des secours aériens, il hésitera à montrer dans l’avion quand enfin les sauveteurs le retrouveront ! Pour en revenir à Job, notez que tout au long de 37 chapitres durant lesquels Job était seul, il n’a jamais remis en cause la bonté, l’amour, la puissance et la souveraineté de Dieu.
Troisièmement, continuez malgré tout de croire dans les promesses de Dieu, ne les remettez pas en cause. « Jamais je ne te délaisserai, jamais je ne t’abandonnerai. » (Deutéronome 31.8) Dieu nous promet sa présence mais ne nous promet pas de ressentir sa présence. Le fait de sentir la présence de Dieu est quelque chose que Dieu offre aux jeunes chrétiens mais qu’il ne promet pas systématiquement aux chrétiens plus mûrs pour leur apprendre à ne pas dépendre des émotions. Les antibiotiques, c’est efficace quand on est malade, mais à long terme, si on ne fonctionne plus qu’avec cela, alors cela devient dangereux et inefficace. Les antibiotiques, ce n’est pas automatique ! De même pour le sentiment d’être proche de Dieu, il ne nous l’accorde quand dans certains moments où l’on en a vraiment besoin. Alors ne doutons pas des promesses de Dieu et continuons avec Job de croire et d’espérer en notre Seigneur : « Quand même il me tuerait, j’espérais en lui. » (Job 13.15) Et quand vous lui faites confiance et le louez quand il fait noir, sachez que cela est la plus belles des adorations.
• Voilà les modestes conseils que je voulais vous donner quand vous vous sentez délaissés et oubliés par Dieu : de lui crier tout ce que vous avez sur le cœur, de ne pas remettre en cause la nature puissante et souveraine de Dieu, et enfin de continuer de croire et d’espérer en ses promesses. Ces quelques conseils n’ont rien de magique, ils représentent tout ce que je peux vous dire, étant donné que je n’ai pas la prétention de ranimer la flamme dans votre cœur en une soirée. Que Dieu puisse entendre vos prières, et même si cela doit se faire après 37 chapitres de silence, qu’il vienne vous répondre et vous rassurer.
• III – Dieu ne sait-il pas ce qu’il fait ?
Cette troisième question est l’une de celle qui peut engendrer le plus de déception envers Dieu. Que se passe-t-il dans ma vie ? Pourquoi je n’arrive pas à comprendre ce que Dieu veut pour moi ? Je crois que ces questions se posent tout particulièrement quand on est étudiant et où on doit faire des choix importants pour notre vie, on prie, pas de réponse claire, on est refusé dans les écoles que l’on pensait les meilleures pour nous, on se sait pas ce que Dieu est en train de faire. Et quand on pense avoir trouvé enfin ce qu’on veut faire, quand on croit avoir enfin compris le plan de Dieu pour nous, que l’inverse exactement arrive. Mais qu’est ce que Dieu est en train de faire ? Devant ces grandes questions, on peut se sentir seul et dans le flou, déçu de ne pas voir Dieu nous éclairer un peu mieux sur ce qu’il est en train de faire.
Pour répondre à cette troisième question, je vous invite à revenir à notre premier texte de ce soir, le récit de la rencontre entre les disciples et Jésus sur le chemin d’Emmaüs. Vous en souvenez vous ? Nos deux disciples tout tristes, tout déçus d’avoir cru que le Messie allait instaurer un royaume terrestre à Jérusalem et chasser l’occupant romain. Pourquoi étaient-ils tristes et déçus ? Car ce qu’ils pensaient ne correspondait pas avec ce qui était en train de se passer. Nos deux disciples n’avaient pas correctement compris les Écritures, s’étaient donc forgés une image de Dieu qui était fausse, celle d’un dieu qui va faire la guerre aux romains et rendre Israël libre. On en revient à la première question sur l’injustice quand on avait dit qu’on ne pouvait être déçu que si nous n’avions mal compris les promesses de Dieu. Une fois de plus, que ce soit sur l’injustice ou alors sur les plans de Dieu, nous nous rendons compte de l’importance de connaître la Bible et de l’enseignement de celle-ci. Plus nous connaîtrons la Bible, plus notre image de Dieu sera juste, et moins nous risquerons d’être déçus en attendant quelque chose que Dieu ne nous a pas promis.
Dieu sait-il ce qu’il fait ? La réponse est oui, même si cela nous échappe, notre Dieu est souverain et puissant, et sait parfaitement ce qu’il fait. Voici une des plus belles promesses bibliques « Ce sont des projets de paix et non de malheur que j’ai préparé pour vous, afin de vous donner un avenir et une espérance » (Jérémie 29.11). Voici un autre verset qui parle du plan de Dieu pour nous : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8.28) Je souhaiterais m’arrêter quelques instants sur ce second verset de Romains 8.28. Il est assez connu et est souvent utilisé en tant que promesse que tout ira bien pour nous chrétiens. Tout ira bien ? Qu’est ce que cela veut dire ? Que l’on réussisse tout dans notre vie ? Que chaque chose que l’on entreprend va être un succès ? Qu’il n’y aura pas de souffrance et de problèmes pour nous ? Non, ce que Dieu entend par le terme « au bien », il le dit par la plume de Paul au verset suivant, c’est qu’on puisse « être semblable à son Fils », qu’on puisse lui ressembler. Et Dieu sait mieux que nous si cela doit correspondre ponctuellement à des épreuves à travers lesquelles Dieu veut nous forger un caractère plus proche de celui de Jésus. Une nouvelle fois, ne faisons pas avec ce verset Romains 8.28 dire à Dieu ce qu’il n’a pas dit. Ce que Dieu appelle bien pour nous, c’est le fait d’être semblable à son Fils. Alors oui, Dieu sait ce qu’il fait et sait que notre plus grand bonheur se trouve dans une intimité avec Christ et non à travers des 20/20 et des comptes en banque garnis. Que Dieu puisse nous faire comprendre cela et nous donne de lui faire confiance !
• Conclusion - L’exemple du Christ
Je ne peux finir ce message sans prendre du temps pour regarder avec vous à Christ et compléter les réponses de mes trois questions avec la vie de Jésus. J’ai essayé en effet de répondre à ces trois grandes questions qui représentent des sources potentielles de déception avec des arguments disons humains; prenons encore quelques minutes pour réfléchir à ces trois questions, mais cette fois-ci en regardant directement à Jésus et à son œuvre. Quelles sont les différences sources de déception ? Nous avons abordés trois questions : Dieu est-il injuste ? Dieu est-il loin ? Dieu sait-il ce qu’il fait ?
• La plus grande injustice de l’histoire a eu lieu il y a 2000 ans, quand un homme innocent est mort sur une croix, quand il a été cloué entre deux brigands sur le mont Golgotha. Mais si cette injustice a eu lieu, c’est pour nous nous soyons au bénéfice de sa Justice, pour que nos erreurs et nos fautes soient payés et pas considérées comme insignifiantes. Oui, à travers cette injustice, Dieu nous a montré toute sa Justice en prenant sur lui et en coulant sur la croix la moindre de nos erreurs, le plus petit de nos péchés. Dieu n’a pas baissé ses exigences devant notre incapacité à suivre la Loi, il a du envoyer son propre Fils pour en payer le prix, le juste prix. N’oubliez pas que Dieu a montré une bonne fois pour toute sa Justice et sa Sainteté. Dites à Jésus votre amertume et votre sentiment d’injustice, lui aussi est passé par là dans le Jardin de Gethsémani, il vous comprend. Oui, Dieu a été homme, « il peut venir en aide à ceux qui sont tentés, car il a été lui-même tenté et il a lui-même souffert. » (Hébreux 2.18) La solitude et le sentiment d’être abandonné, Jésus aussi l’a connu. Et je peux vous garantir que les quelques heures qu’il a passé dans les ténèbres sur la croix ont du lui paraître bien plus longues niveau solitude que plusieurs mois pour nous quand nous nous sentons tièdes. Il est votre meilleur ami, appelez-le dans les moments où vous vous sentez à des millions de kilomètres de lui, « frappez à sa porte, il entendra votre voix, vous ouvrira et soupera avec vous » (Apocalypse 3.22). Enfin, la vie de Jésus est le meilleur exemple pour se rendre compte que Dieu sait ce qu’il fait. Nos deux disciples à Emmaüs étaient tous tristes en s’imaginant qu’il n’y aurait jamais de République Théocratique de Jérusalem et que Jésus n’en serait jamais le président ? Les deux disciples ne pouvaient pas s’imaginer que Dieu avait un plan bien plus grand, la résurrection glorieuse de son Fils comme prémices de l’instauration d’un royaume bien plus grand, celui du Royaume de Dieu. Alors oui, Dieu a tout entre ses mains et sait parfaitement ce qu’il fait. Et j’ajouterai même qu’il peut « faire infiniment plus que ce que nous demandons ou même pensons » (Ephésiens 3.20). Alors confiez lui vos plus grands rêves, espérez de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces en lui et vous verrez que Dieu fera bien au delà de vos rêves, toujours dans le but de votre bien, c'est-à-dire de vous faire toujours plus ressembler à son Fils. N’est-ce pas ce qu’il y a de meilleur pour vous ? Toutes nos déceptions, de l’injustice à la solitude en passant par l’incompréhension, trouvent leur parfaite réponse en celui qui nous a aimé, mort et ressuscité afin qu’un jour là haut nous ne soyons plus jamais déçus.
« Celui qui garantit la vérité de tout cela déclare : Oui je viens bientôt. Oh qu’il en soit ainsi ! Viens Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous ! » (Apocalypse 22.20-21)
P.L.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire