« Allons à la maison de l’Eternel !»
Psaume 122.1
· Origine des psaumes des degrés : des pèlerinages annuels
Avant de commencer notre méditation, penchons-nous quelques instants sur ces fameux psaumes dits des montées ou des degrés, le mot étant le même en hébreu. Chacun des psaumes de 120 à 134 débute par cette expression bizarre: cantiques des montées ou des degrés. Nous qui avions l’habitude considérer les psaumes indépendamment les uns des autres, voilà que ces quelques mots viennent bousculer nos habitudes et nous invitent à les regarder comme un ensemble. Mais quel ensemble ? A quoi correspondent-ils ? Cette question, nombre de commentateurs bibliques curieux s’y sont frottés et ont essayé de les rattacher à un contexte historique ou politique.
Voici quelques unes des hypothèses parfois avancées :
- Certains docteurs juifs pensent que chacun psaume devait être chanté sur une marche différente d’un escalier du temple. En effet, pour accéder au temple millénaire selon le prophète Ezéchiel, il faut monter 7 puis 8 marches pour accéder au parvis. 7 + 8 + 15, le compte est bon…
- Luther pensait quant à lui que ces psaumes étaient chantés par un cœur sur une quelconque plateforme.
- Calvin a une vision plus musicale, ces cantiques étaient tout simplement chantés sur un ton de plus en plus élevé. 120, 121, 122, 123…
- Certains juifs voient ces psaumes comme des chants qui datent du retour des captifs depuis Babylone jusqu’à Jérusalem.
- Enfin, dernière hypothèse, la plus répandue aujourd’hui, ces psaumes seraient des psaumes de pèlerinage, chantés trois fois par an pour les trois grandes fêtes annuelles : la fête de la Pâque (Pessah) (célébration de la sortie de l’esclavage et de la fuite d’Egypte), la fête de Pentecôte (Shavuot) (célébration du don de la Loi au Mont Sinaï), la fête des Tentes (Sukkot) (célébration de la bonté de Dieu pendant l’errance de 40 ans dans le désert). Et comme tout le monde le sait, la ville de Jérusalem se situe à 800 mètres au dessus du niveau de la mer, on devait donc monter pour aller jusqu’à la ville sainte pour ces trois grands pèlerinages annuels - d'où le terme psaume des montées.
L’origine des psaumes des degrés est parfois discutée, il est vrai, je n’en mettrai pas ma main à couper mais je m’appuierai pour ma prédication sur la dernière hypothèse, celle des pèlerinages annuels, hypothèse la plus défendue par les exégèses contemporains. Le calendrier juif est fait de trois grands pèlerinages, Pessah, Shavuot et Sukkot et ces psaumes étaient donc chantés en chemin en allant à Jérusalem. Et vous verrez que ces quinze psaumes prennent tous leur sens dans une perspective de pèlerinage : « l'Eternel veillera sur toi de ton départ à ton retour », « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! », « Levez vos mains vers le lieu saint pour louer l’Eternel ! »… Nous allons revenir sur ces psaumes par la suite.
• Introduction : des pèlerinages dans toutes les religions ?
Un pèlerinage, pour prendre la définition officielle du Petit Robert, c’est « un voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion ». Et toutes les religions ont leur pèlerinage et leur tradition :
Côté juif, nous venons de nous plonger dans le calendrier juif avec les trois grands pèlerinages annuels vers Jérusalem.
Coté catholique, les destinations sont nombreuses. Il y a évidement le pèlerinage à Jérusalem pour aller sur la Terre Sainte. Vous avez même la possibilité d’aller visiter la grotte où le Christ est ressuscité! Il y a aussi le pèlerinage au Vatican pour aller voir et écouter le Pape, puis visiter le tombeau de l’apôtre Pierre, le tombeau de l’apôtre Paul et enfin l’archi-basilique de Saint-Jean du Latran, dite la cathédrale du monde. Plus de 6 millions de visiteurs par an. Autre grand pèlerinage catholique, Saint-Jacques de Compostelle, cette fois-ci, c’est devant les reliques de l’apôtre Jacques qu’il est possible de se recueillir. Plus de 5 millions de visiteurs par an. Lourdes, c’est 6 millions de visiteurs par an pour venir apercevoir la grotte où la Vierge Marie serait apparue à une bergère.
Coté musulman, c’est évidement la Mecque qui remporte la palme, c’est la ville de naissance du prophète Mahomet. C’est aussi là que se trouve la mosquée sacrée avec la Kaaba. Ancien temple païen, Mahomet en a fait une mosquée et aujourd’hui, une prière effectuée dans ce lieu a plus de poids que cent mille prières faites dans une autre mosquée. Résultat, ce sont plus de 3 millions de visiteurs par an qui y viennent, en particulier pendant le mois du Ramadan. Pour les musulmans, un pèlerinage à Jérusalem, autre ville sainte, est aussi conseillé.
Côté bouddhiste, il y a aussi tout ce qu’il faut. Les bouddhistes doivent pendant leur vie faire quatre pèlerinages associés à la vie de Bouddha : le lieu de sa naissance, le lieu où il a atteint l'illumination, le lieu où il a fait son premier sermon et le lieu où il est mort. Il y a également toute une liste de pèlerinages secondaires, je vous les épargne.
Côté hindouisme, c’est impressionnant. J’ai même abandonné l’idée d’arriver à vous faire un résumé de tous les lieux de pèlerinages. Entre les temples, les fleuves, les lacs, les montagnes, les volcans, je vous laisse aller vous renseigner sur Internet pour ceux qui veulent vraiment la liste complète…
• Toutes les religions ont donc leurs pèlerinages et leurs traditions. Toutes les religions ? Qu’en est-il des protestants ? Qu’en est-il de nous ? Avez-vous planifié pour l’été prochain un voyage à Jérusalem en souvenir de Jésus ? A Wittenberg en souvenir de Luther ? A Genève en souvenir de Calvin ? Non, il faut bien avouer que la notion de pèlerinage est absente de nos églises protestantes et que nous ne voyageons que très peu. Bizarre…
Pour rétablir cette terrible injustice, je vous propose ce soir de faire à notre manière une sorte de pèlerinage. A partir des psaumes des degrés, je vous propose de chercher les ingrédients nécessaires à un pèlerinage afin de pouvoir en faire un, mais de manière spirituelle. Au fil de ces psaumes, je vous propose de réfléchir à quel est notre destination, quel est notre chemin, quelle est notre attitude, quelle est notre réflexion, quelle est notre feuille de route, quelle est notre espérance. Et alors vous vous rendrez compte que notre pèlerinage à nous, c’est simplement notre vie sur terre...
Une petite remarque avant de commencer, je ne cherche pas à détourner le sens de ces psaumes : ils ont été écrits pour les pèlerinages annuels à Jérusalem et ne trouvent pas leur finalité dans l’interprétation que l’on peut en faire aujourd’hui. Ne trompons pas la volonté des auteurs mais cherchons avec modestie à faire un simple parallèle avec ce qu’on peut vivre aujourd’hui. Au cours de l’histoire, il y a eu plusieurs manières d’aborder ces quinze psaumes des degrés, soit par ordre chronologique d’un pèlerinage, soit par cinq séries de trois, soit par thèmes. C’est cette dernière approche thématique que j’utilise ce soir avec comme fil conducteur le voyage.
Quels sont les plus beaux voyages que vous avez déjà faits ? Quels voyages rêveriez-vous de faire ? Je suis sûr qu’au moins un d’entre vous a dans sa chambre un grand poster de mer turquoise, de sable blanc et de palmiers verdoyants. Ou alors, plus en vogue ces derniers temps, une carte de l’Asie avec un poster du drapeau tibétain accroché en haut du Mont Everest. Quels sont les plus beaux voyages que vous avez déjà faits ? Personnellement, c’était il y a deux ans avec ma fiancée Eléonore. En Suisse alémanique, en train, à l’aventure. Même si je ne parle pas un mot de suisse allemand, c’était un très beau voyage ! Nous étions à l’étranger, nous suivions les voies ferroviaires grâce à une carte, nous avions le village d’Elgg comme destination et nous avions une motivation : visiter ses grands parents paternels. A l’étranger, avec une destination, avec une feuille de route et avec une motivation, je vous propose d’en faire le plan de notre réflexion sur notre pèlerinage terrestre : A l’étranger avec le psaume 120, avec une destination avec les psaumes 123 et 132, avec une feuille de route avec les psaumes 121-124-128 et enfin avec une motivation avec les psaumes 126 et 130.
• I- A l’étranger : Psaume 120
Les juifs, lors de ces grands pèlerinages, étaient à l’étranger en quelque sorte. Il est vrai que certains juifs devaient parcourir de très grandes distances pour se rendre à Jérusalem. Le psaume 120.5 parle d’un séjour en immigré à Méshex. On pense que cela correspond à l’Arménie actuelle, ce qui est à plus de 2000 kilomètres de Jérusalem. Quoi qu’il en soit, même pour les juifs qui faisaient le voyage de moins loin, ils devaient malgré tout quitter leurs familles, quitter leurs tribus, passer par des régions plus ou moins inconnues… tous les ingrédients pour être l’étranger !
Au delà de l’aspect kilométrique, le psalmiste insiste sur un point qui nous intéresse tout particulièrement. Psaume 120.5 : « Bien trop longtemps, j’ai habité parmi les gens qui détestent la paix. Je veux la paix, mais quand j’en parle, eux, ils sont pour la guerre. » Combien de fois nous aussi nous sentons-nous pas à l’étranger sur cette Terre ? Combien de fois nous valeurs sont si loin de celles du monde que nous avons le sentiment de ne pas appartenir à ce monde-ci ? On nous dit: « Recherchez votre propre bonheur, sacrifiez-vous au travail, changez de petits amis que vous voulez du changement, ne pensez pas à Dieu… » Faut-il culpabiliser quand vous avez l'impression d'être un étranger ou un extraterrestre ici-bas? Non, bien au contraire, vous avez raison ! D'ailleurs, l’apôtre Paul utilise deux fois le terme d’ambassadeur dans ses épîtres : « Nous faisons donc fonction d’ambassadeurs au nom du Christ » (2 Corinthiens 5.20). Un ambassadeur est à l’étranger pour son travail mais sa nationalité reste celle du pays qui l’envoie. Nous aussi, nous sommes à l’étranger durant notre vie, mais notre vraie nature dépend de celui qui nous envoie, le Christ. Alors si avez l’impression d’être ici sur terre un peu comme à l’étranger, si vous ne comprenez pas complètement ce qui se dit et se pense ici-bas, alors ne changez pas. Oui vous êtes un ambassadeur à l’étranger et ne croyez pas au mensonge qui dit vous appartenez à ce monde. Je trouve cela très encourageant et cela m’aide à ne pas céder aux valeurs de ce monde : non je ne recherche pas mon propre bonheur, non le travail ne représente pas toute ma vie, non je ne change pas de petites amies comme de chemises, et en plus, oui j'ose penser à Dieu. Je ne me sens plus attaqué personnellement sur ces valeurs à partir du moment où je sais que je n’appartiens pas à ce monde, je n’ai donc pas à céder à la pression et à m’y conformer.
Si vous n’êtes pas convaincu de nombreux pièges qui nous sont tendus sur terre, je vous conseille la lecture de « Le voyage de pèlerin » de John Bunyan. Cela me fait aussi penser à la chanson de Manu Richerd qui dit : « Je suis un voyageur, je ne suis pas de cette terre, ma richesse est ailleurs, Dieu est mon vrai bonheur, mon seul point de repère. ». Si vous avez donc l’impression d’être sur cette terre à l’étranger, rassurez-vous, c’est normal, la vie est un pèlerinage, nous sommes des ambassadeurs, des voyageurs et notre richesse est ailleurs.
• II - Une destination : Psaumes 123-132
Et nous attendons avec joie le jour où nous serons rappelés à la maison. Un pèlerinage a un objectif, une destination. Les pèlerins juifs ne s’amusent pas à traverser des régions hostiles pour le simple plaisir de marcher en sandales. Ils avaient une destination : Jérusalem, la ville qu’ils appellent la « Cité du Roi » au psaume 132. De même, je ne me suis pas amusé à aller en Suisse Alémanique pour le simple plaisir d’entendre le son doux et mélodique du suisse allemand, j’y suis allé car j’avais une destination, la rencontre avec les grands-parents d’Eléonore.
Tout comme un pèlerinage où l’on marche sans but et sans destination, une vie sans but et sans destination est fade et n’a pas de goût. Sans destination, nous marchons sans savoir où aller, nous nous contentons de faire un pas après l’autre sans rien à avoir à fixer du regard au loin. Vous savez très bien que faire du vélo en regardant que sa roue avant ou faire du ski en regardant que ses spatules avant sont les meilleures moyens de chuter et de passer à Vidéo Gag. Lever les yeux et regarder loin vers sa destination donne tout son sens à un pèlerinage et à une vie. Le psaume 123.1 nous dit « J’ai levé les yeux vers toi, toi qui règnes dans les cieux ».
Une destination, je pense que tous les humains en ont une : tôt ou tard, nous rencontrerons face à face Dieu, notre Créateur. Mais beaucoup ne s’en rendent pas compte et ne sont pas conscient d'avoir une destination éternelle. Certains font de cette rencontre avec Dieu un objectif et se préparent en vue de ce jour ; et d’autres ferment les yeux et font sur cette terre comme si de rien n’était, à tel point que le sujet de la mort est devenu tabou dans notre société.
Un jour, je discutais à l’université avec un ami, je lui demandais ce qui comptait faire après ses études. Trouver un boulot. Et après ? Me marier. Et après ? Avoir une belle maison. Et après ? Quelques enfants. Et après ? Ce sera temps de partir à la retraite. Et après ? M’engager dans des associations. Et après ? Voir mes petits-enfants. Et après ? Mon ami avait de plus en plus de mal à répondre à ma question. Cherchant à éviter le mot mort, il se rendait compte petit à petit d’une destination que l’on ne peut éviter, et a priori, il n’était pas prêt en vue de ce jour là, en vue de cette rencontre.
Je pense sincèrement que si chaque humain vivait sur cette terre avec la perspective d’avoir une destination éternelle, alors la face de la terre serait bien différente. 2 Corinthiens 4.8 : « Nous ne portons pas notre attention sur les choses visibles, mais sur les choses invisibles. En effet, les choses visibles sont passagères et les choses invisibles sont éternelles. » Tout comme l’apôtre Paul, puissiez vous aussi fixer votre regard et votre attention sur ce qui est éternel, et avec une destination, la rencontre avec votre Créateur, et un objectif, être prêt pour ce jour là, alors votre vie et votre pèlerinage sur cette terre prendra tout son sens.
• III - Une feuille de route : Psaumes 121-124-128
Bien sûr, un pèlerinage n’est pas de tout repos, être à l’étranger comporte des risques. Les pèlerinages juifs n’étaient pas de tout repos, je vous rappelle qu’à l’époque il n’y avait pas d’hôtel Mercure tous les 50 kilomètres. Faire un pèlerinage de plus de cents kilomètres signifiait s’exposer au froid, aux brigands et aux bêtes sauvages. Voilà pourquoi ces psaumes proclament tant de fois la protection et le secours de Dieu ! Psaume 121.1: « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours ? Le secours vient de l’Eternel », Psaume 121.8 « L’Eternel veillera sur toi de ton départ à ton arrivée » Psaume 124.2-4 « Si l’Eternel n’avait pas été avec nous lorsque des hommes sont venus nous attaquer, alors ils nous auraient engloutis tout vivants dans l’ardeur de leur rage déchainée contre nous. Le flot nous aurait entrainés et le torrent nous aurait submergés. » Oui, tout comme Dieu protège les pèlerins vers Jérusalem, il nous protège nous aussi dans nos difficultés quotidiennes.
Par quel moyen Dieu nous protège-t-il ? C’est bien beau de dire que Dieu nous protège, mais encore faut-il en être convaincu... Le moyen par lequel Dieu nous protège, c’est qu’il nous donne la carte et la feuille de route nécessaire pour notre pèlerinage terrestre. En nous donnant une feuille de route, Dieu anticipe, il nous donne dès aujourd’hui les moyens de ne pas se perdre et n’attend pas le jour où l’on tombera dans un fossé pour nous accorder sa protection. Par sa Parole donnée dans la Bible, par les nombreux avertissements que Dieu donne dans la Bible, par les recommandations qu’on peut trouver dans la Bible concernant l’argent, la sexualité, l’orgueil, la famille, le travail, la société, Dieu nous protège en nous permettant de ne pas tomber dans la plupart des pièges de ce monde. Êtes-vous convaincus que Dieu nous protège réellement ? Êtes-vous convaincus que la Bible est la feuille de route que Dieu nous a donnée pour notre pèlerinage terrestre ? Lisez-vous la Bible ? La prenez-vous au sérieux ? Le Psaume 128.1 nous dit : « Heureux es-tu, toi qui révères l’Eternel et qui suis les chemins qu’il a tracés ! »
Avoir une feuille de route est indispensable pour ne pas se perdre, pour ne pas se tromper et pour arriver à bonne destination. Car avoir un point de départ et une destination ne suffit pas pour tout un trajet ou pour tout un pèlerinage. Cet été, je faisais une randonnée de deux jours dans les Alpes, nous devions aller au Rocher Blanc. Le sommet était devant nous, nous le voyions au loin. Mais impossible de trouver le chemin, impossible de trouver les balises. N’osant pas traverser de grands pierriers qui s’avèrent souvent être dangereux, nous avons fait demi-tour sans avoir pu aller au sommet. Nous avions un point de départ et une destination. Pourtant, sans carte et sans feuille de route suffisamment précise, nous avions beau avoir une destination mais nous n’avons pas pu y parvenir. De même, savoir qu’on va rencontrer un jour notre Dieu ne suffit pas. C’est déjà bien, mais entre aujourd’hui et ce jour là, il y a un long pèlerinage à faire et qui va s’avérer être casse-pattes si nous n’avons pas de feuille de route, ou du moins si nous ne prenons pas le temps de nous référer à la Bible, la feuille de route que Dieu nous a donné.
Je vous rassure, Dieu dans sa grâce nous protège souvent même quand nous ne lui demandons pas et sans que l’on s’en rende compte. Heureusement que Dieu n’attend pas notre fidélité pour nous protéger, sa grâce vient bien au-delà. Mais souvenez-vous simplement que la plupart du temps, le meilleur moyen de bénéficier de la protection de Dieu, c’est d’anticiper les pièges en suivant la feuille de route qu’il nous a laissée à travers la Bible.
• IV - Une motivation : Psaumes 126-130
Je souhaiterai faire une dernière partie, toujours sur le parallèle entre les pèlerinages annuels du peuple juif et notre vie, notre pèlerinage terrestre. Partir à l’étranger, avec une destination connue et une feuille de route précise ne suffit pas pour un pèlerinage. En effet, imaginez que je vous fournisse maintenant un billet d’avion pour le Tibet, une feuille de route détaillée pour aller à votre destination, le temple de sa Sainteté le Dalaï-lama. Youpi ! Partirez-vous sur le champ ? Serez-vous emballés par l’idée d’un tel pèlerinage ? Non, je pense que la plupart d’entre vous ne semblent pas très motivés par l’idée de participer à un tel cortège, même s’il est vrai que cela serait bien dépaysant ! En effet, il vous manquerait l’essentiel pour un tel pèlerinage, au delà du billet d’avion et de la carte du Tibet, il vous manquerait l’essentiel : la motivation. Il vous manquerait tout simplement une raison d’y aller.
Pourquoi le peuple juif trouvait-il tant de motivation à venir trois fois par an à Jérusalem ? Était-ce par plaisir de la randonnée ? Était-ce par amour du tourisme citadin? Non, le peuple juif était reconnaissant envers Dieu et voulait le célébrer soit pour la sortie d'Égypte, soit pour la bonté de Dieu dans le désert, soit pour le don de la Loi au Mont Sinaï. Tout au long de leur pèlerinage, je suppose qu’à travers des psaumes des degrés, les juifs devaient méditer et prier Dieu. Un pèlerinage s’associe toujours à un cheminement spirituel, n’est-ce pas ?
Je voudrais lire avec vous le Psaume 130, psaume au cœur de la réflexion et de la méditation des pèlerins juifs vers Jérusalem : « Cantique des degrés. Du fond de la détresse je t'appelle, Éternel. Seigneur, écoute-moi! Sois attentif à mes supplications! O Éternel, si tu retiens nos fautes, Seigneur, qui donc subsistera? Mais le pardon se trouve auprès de toi afin qu'on te révère. Moi, je m'attends à l'Eternel, oui, je m'attends à lui, de tout mon être, j'ai foi en sa parole. Je guette le Seigneur bien plus que les guetteurs n'attendent le matin, oui, plus que les guetteurs n'attendent le matin. O Israël, place ta foi en l'Eternel, car c'est auprès de lui que l'on trouve l'amour: on trouve auprès de lui une parfaite délivrance, et c'est lui qui délivrera Israël de tous ses péchés. » Psaume 126.1&3 nous dit : « Quand l’Eternel a ramené les captifs de Sion, nous avons cru rêver. Alors nous ne cessions de rire et de pousser des cris de joie. […] Oui, l’Eternel a fait pour nous de grandes choses, nous sommes dans la joie. »
La lecture de ces deux psaumes nous montre que le pardon et l’amour de Dieu étaient au cœur de ces pèlerinages. Ce qui portaient les pèlerins juifs, ce qui les faisaient avancer sur leur chemin et oublier leurs ampoules aux pieds, c’était la joie de connaître Dieu, d’avoir expérimenté sa bonté, d’avoir vécu son pardon, d’avoir trouvé son amour, d’avoir reçu la parfaite délivrance. Et vous, qu’est ce qui vous fait avancer ? Guettez-vous le Seigneur plus que les veilleurs ne guettent le matin ? Quand vous pensez à ce que Dieu a fait pour vous, êtes-vous dans la joie ? Oui car, en Christ, Dieu nous a aussi donné de le connaître, d’expérimenter sa bonté, de vivre son pardon, de trouver son amour et de recevoir la parfaite délivrance. Les juifs s’émerveillaient devant le pardon de Dieu, nous faisons de même. En effet, Le pardon de Dieu va au-delà de l’intelligence humaine. « Si tu retenais nos fautes, qui subsisterait ? » Personne, n’est ce pas ? Alors oui, le pardon de Dieu est un acte anormal, un acte illogique, un mystère. Si vous n’êtes pas convaincu que le pardon est anormal d’un point de vue humain, je vous conseille la lecture de « Touché par la grâce ! » de Philip Yancey. Derrière le pardon et l'amour que nous vivons se cachent la miséricorde et la grâce de Dieu. La miséricorde, c'est de ne pas avoir ce que l'on mérite: la séparation éternelle. La grâce, c'est d'avoir ce que l'on ne mérite pas: le fait d'être appelés enfants de Dieu. Oui, le pardon de Dieu n'est pas un demi-pardon, il ne se contente pas de dire « c'est pas grave », non il nous relève, nous restaure et nous ressource en Christ. Alors nous aussi, devant et l'amour et le pardon que Dieu nous offre en Christ, nous en sommes émerveillés et c’est cela qui nous donne d’avancer et de marcher pour notre vie, ne l’oublions pas.
• Conclusion
Voilà ce que je voulais partager avec vous à partir de ces quinze psaumes des degrés, nous n’avons pas lu chacun des 101 versets, nous n’avons pas cherché à les regarder dans l’ordre chronologique, nous n’avons pas essayé de les regrouper par séries poétiques, mais nous avons privilégié une approche thématique autour du voyage.
En faisant un parallèle entre les pèlerinages juifs annuels et notre vie terrestre, nous avons ainsi réfléchi au sentiment de se sentir à l’étranger ici bas, c’est normal : nous ne sommes pas de cette terre, notre richesse est ailleurs. Nous avons souligné la nécessité d’être conscient de notre destination éternelle et de lever les yeux vers Dieu. Puis, nous avons compris toute l’importance pour être sous la protection de Dieu, d’avoir une feuille de route, la Bible nous concernant. Enfin, tout comme pour les juifs, nous avons vu que le pardon et l’amour de Dieu sont notre motivation pour notre pèlerinage sur terre.
· Maintenant, avant de finir, laissez-moi reformuler cela de manière plus concrète et personnelle pour chacun d’entre vous :
Si c’est la première fois que tu entends parler de Dieu et que tu ne le connais pas, que comptes-tu faire après les études ? Et après ? Et après ? Ne ferme pas les yeux sur la vie. Sans Dieu, je suis d’accord avec toi, nous n’avons effectivement aucune motivation et aucun but pour ce pèlerinage terrestre et les kilomètres nous sembleraient bien longs. Je suis d’accord avec toi. Et si tu ne connais pas le pardon et l’amour de Dieu, je t’invite avant tout à le demander et à le recevoir en Christ. Cela donnera alors tout son sens à ton pèlerinage sur cette terre. Il y a quelqu’un là haut qui te regarde, qui t’aime et qui attend que tu te mettes en marche vers lui, ne le fais pas attendre. Je souhaiterai te laisser un mot avec le psaume 130 : « Place ta foi en l’Eternel, car c’est auprès de lui que l’on trouve l’amour et la parfaite délivrance, car c’est lui qui te délivrera de tous tes péchés. »
Si tu connais Dieu, si tu as déjà expérimenté le pardon et l’amour de Dieu, mais qu'actuellement tu passes à travers une épreuve ou bien que tu es fatigué au plus profond de toi-même, ou alors que tout est fade autour de toi, les psaumes des degrés sont aussi riches d’enseignement pour toi. Sache que Dieu est à tes côtés et qu’il sait exactement ce que tu vis et où tu es, Dieu n’oublie personne. Je t’invite avant tout à lever les yeux vers l’Eternel et à regarder à lui. Connais-tu le chant qui dit « Vers Jésus lève les yeux et contemple sur son visage merveilleux. Et les choses de la terre pâliront peu à peu si vers Jésus tu lèves les yeux » ? Oui, il y a quelqu’un là-haut qui cherche à capter ton regard et à t’aider à voir au-delà de tes épreuves actuelles, il attend que tu le regardes, ne le fais attendre. Je souhaite donc toi aussi te laisser un mot avec le psaume 123 : « Lèves les yeux vers lui, lui qui règnes dans les cieux. »
Si tu connais Dieu, si tu as déjà expérimenté le pardon et l’amour de Dieu, et qu’actuellement tu es en pleine forme spirituelle, que la vie te sourit mais que tu as des décisions importantes à prendre ces prochains jours, les psaumes de degrés ont aussi quelque chose à t’apporter. En cherchant Dieu à travers la Bible et se laissant sonder par son Esprit, sache que ce sera le meilleur moyen de se mettre sous la protection de Dieu. N’attend pas d’être dans le fossé pour appeler sa protection. Dès aujourd’hui, anticipe les futurs fossés et suis dès aujourd’hui ce que la Bible dit. Je souhaite te laisser ce mot avec le psaume 128 : « Heureux seras-tu, toi qui révères l’Eternel et qui suis les chemins qu’il t’a tracés »
Si tu connais Dieu, si tu as déjà expérimenté le pardon et l’amour de Dieu, et qu’actuellement tu es en pleine forme spirituelle, que la vie te sourit, et que tu n’as pas de grandes décisions à prendre… alors alléluia, je n’ai qu’un mot à te dire - ou plutôt à te lire. C’est le dernier des psaumes des degrés, le 134, je l’ai gardé pour la fin : « Cantique des degrés. Ah! Louez l'Eternel, vous tous qui servez l'Eternel, oui, vous qui vous tenez tout au long de la nuit dans la maison de l'Eternel! Levez vos mains vers le lieu saint pour louer l'Eternel! Oui, que depuis Sion, l'Eternel te bénisse, lui qui a fait les cieux aussi bien que la terre ! »
Amen.
P.L.
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